La vie rêvée d’un État pour les Juifs

La vie rêvée d’un État pour les Juifs

par Sébastien Kulemann

Theodor HERZL, L’État des Juifs, Titre original : Der Judenstaat : Versuch einer modernen Lösung der Judenfrage/L’État des Juifs : Contribution à une solution moderne de la question juive (1896), Traduit de l’allemand par C. Klein, Paris, La Découverte, 2008, « La Découverte/Poche ».

Que retiendrait-on de L’État des Juifs, aujourd’hui, si Israël n’existait pas ? Se soucierait seulement de ce court manifeste ? Y verrait-on l’œuvre d’un doux rêveur, au mieux ? D’un utopiste exalté, au pire ?
Mais l’État d’Israël existe et cette réalité rend tout à la fois nécessaire et complexe la lecture d’un ouvrage d’un auteur qui, juriste avant d’avoir été journaliste, projetait de créer non pas un État fondé sur le judaïsme, mais un État par lequel s’exprimerait la souveraineté des Juifs en tant que peuple et en tant nation. Car quand bien même la formule serait moins plaisante à l’oreille, Der Judenstaat, publié par Theodor Herzl en 1896, désigne précisément – traduit avec exactitude par C. Klein -, L’État des Juifs et non L’État juif comme on l’avait longtemps traduit de manière fautive.

David Ben Gourion lit la déclaration d’indépendance d’Israël. Tel-Aviv, 14 mai 1948 © Magnum Photos / Robert Capa. À la gauche de David Ben Gourion, on reconnaît Yehudah Leib Fishman, ministre des cultes, des dommages de guerre et des réparations.

Lecture nécessaire, car la déclaration d’indépendance d’Israël fut proclamée en 1948 sous le portrait de Theodore Herzl, plaçant ainsi le nouvel État sous sa protection ; voire, pourrait-on dire, sous ses auspices.
Mais lecture complexe aussi, car grande est alors la tentation de vouloir lire le Judenstaat comme l’annonce prophétique de Medinate Ysraël/L’État d’Israël. Or le texte de Herzl, contrairement à d’autres écrits sionistes contemporains – car Herzl « n’invente » pas le sionisme –, n’a aucun caractère messianique. Comprendre le texte de Herzl, en saisir son originalité et sa force, implique d’en bien comprendre sa nature spécifiquement politique issu d’ un contexte historique singulier.

Le contexte

En voici les éléments constitutifs :

  • Né en France en 1848, éclot, partout en Europe, le Printemps des peuples qui revendiquent désormais le droit à se gouverner eux-mêmes et à s’émanciper de la tutelle des Empires.
  • La judéophobie multiséculaire se mue en Europe, et particulièrement en Europe occidentale, en une doctrine aux prétentions objectives et rationnelles : l’antisémitisme.
  • Le libéralisme qui caractérise la pensée de Herzl ne se réduit pas à la simple adhésion à la théorie économique classique, mais désigne plus globalement une philosophie politique ayant pour valeur cardinale l’individu et pour finalité sa protection par l’État de droit. La bourgeoisie libérale éclairée, à laquelle appartient Herzl, soutient les projets coloniaux considérés comme vecteur de civilisation.

De la théorie à la pratique

Le génie du Jundenstaat ne tient pas à l’annonce du rétablissement d’un État pour les Juifs. Encore moins d’un État pour les Juifs en Palestine. Le génie du texte réside dans son système argumentatif. S’adressant à un large public, principalement juif, mais pas exclusivement, l’ouvrage se veut didactique, simple dans son expression, direct dans son style et très structuré dans sa conduite.

Si la table des matières annonce une introduction, quatre parties et une conclusion, deux grands moments façonnent en réalité le texte :

  • un premier temps essentiellement théorique et conceptuel (introduction, partie dite « générale » puis évocation du « plan » ) ;
  • un second temps, plus concret et pratique (exposé détaillé des deux structures nécessaires à la création du futur l’État).

Les Juifs, un peuple-un

Dès l’introduction, Herzl s’attache à démontrer la réalité objective de la « question juive » d’alors ; une question qui ne se réduit nullement au rejet du judaïsme par les peuples les plus retardés – ce qui aurait eu comme avantage de voir disparaître cette hostilité au rythme de l’éveil de ces mêmes peuples à la modernité. La question juive se pose, proclame Herzl, et continuera inévitablement à se poser à l’avenir, parce que les Juifs forment un peuple, un peuple unique et spécifique, un « peuple-un », p.23. Ce peuple ne se caractérise ni par un territoire, ni par des coutumes identiques, ni même une langue commune (l’auteur considère l’hébreu comme une langue archaïque et religieuse, le yiddish comme un simple dialecte…). Les Juifs, en tant que peuple, se caractériseraient-ils alors par leur religion ? Pas davantage, répond Herzl, puisqu’il existe des « israélites assimilés », en tout cas se définissant comme tels.
Si les Juifs forment un peuple, un « peuple-un », ils le doivent à la seule force du sentiment d’appartenance à ce peuple ; et ceci du fait de la dynamique paradoxale de leur rejet par les autres peuples du monde qui, systématiquement, les revoient à cette identité, leur refusant toute possibilité d’assimilation effective. À cela, quels que soient leurs efforts d’intégration, les Juifs ne peuvent rien « car c’est à la majorité de décider qui est étranger dans le pays […] », p.23. Ainsi, l’antisémitisme, en repoussant les Juifs les plus « assimilés » vers leur identité de Juif, renforce le particularisme de ce peuple partout minoritaire : « Nous sommes un peuple et c’est l’ennemi qui nous y contraint malgré nous, ainsi que cela a toujours été le cas dans l’histoire », p.40.
Nous retiendrons donc que l’État espéré par Herz sera un État des Juifs en tant que peuple et non pas comme communauté linguistique, coutumière ou religieuse. Du reste, plus loin dans le texte, l’idée même de théocratie sera fermement rejetée : « Serons-nous une théocratie ? Non ! », p.94.
Le lecteur du Jundenstaat comprendra ainsi que l’introduction de ce manifeste constitue, à l’instar d’une dissertation académique, un élément essentiel procédant à la définition du concept central (la question juive), la nature fondamentalement politique de ce concept, la réponse nécessairement juridique à cette question (la reconnaissance d’une souveraineté nationale pour ce peuple) et les deux moyens concrets, nécessaires et complémentaires d’y parvenir : l’un, très classique dans le cadre d’une entreprise coloniale : la Jewish Company ; l’autre, particulièrement original, celui d’une structure de gestion des intérêts du peuple juif pour le compte de tous les Juifs : la Society of Jews.

Rester ou prendre la porte

On pourrait dès lors s’attendre à lire ensuite un développement consacré à ces deux moyens concrets. Il ne viendra qu’ultérieurement. Ce qui suit l’introduction, la partie dite « générale » puis « le plan » ne sont en réalité que l’approfondissement de l’introduction.
La « partie générale » s’attache ainsi à préciser le fondement contemporain de la question juive (l’antisémitisme) et les réponses proposées jusqu’à présent, erronées selon Herzl, faute d’une analyse correcte du phénomène. Ce dernier parce qu’il résulte d’une hostilité à l’égard des Juifs émancipés et assimilés – ce qui caractérise sa nature, très différente de la traditionnelle judéophobie – ne cessera de croître à mesure que l’assimilation progressera. Plus les Juifs chercheront à se fondre dans la population des nations où ils vivent et plus ils en seront rejetés. La réponse à la question juive n’est donc pas de savoir s’il faut créer un État pour les Juifs, mais quand il faudra le faire : plus tard ou maintenant ? Une alternative résumée brutalement ainsi : « nous faut-il déjà prendre la porte ? », p.34. Pour l’auteur, la réponse ne peut être qu’affirmative, car les Juifs ne peuvent plus attendre.
« Le plan », lui, présente dans leurs principes, sans encore les détailler, les deux outils nécessaires à la création d’un État pour les Juifs (la Society of Jews et la Jewish Company). Ce faisant, Herzl s’attache à écarter les oppositions de ses futurs contradicteurs : le projet de Jundenstaat, affirme-t-il, est un projet pour tous les Juifs, ce qui ne signifie nullement qu’il faille, pour le conduire, l’accord de tous. Du reste, Herzl conteste l’idée que l’État-nation reposerait sur un contrat social ; l’auteur, peu favorable à la démocratie, laisse entendre sa préférence pour un régime aristocratique au sens platonicien. C’est d’ailleurs ainsi que la Society of Jews qu’envisage Herzl, réunion des Juifs les plus éminents, les plus sages et les plus engagés dans la défense du projet national, agira au nom de l’intérêt du peuple juif pris dans son ensemble. Cette conception sera longuement explicitée dans la suite de l’ouvrage. À l’inverse, écrit-il, s’il existe des « Juifs assimilés » ne souhaitant pas adhérer au projet, ils n’ont pas à s’y opposer puisqu’ils refusent pour eux-mêmes cet État pour les Juifs et ne sont donc pas, de ce fait, concernés.
Le « Plan » évoque également, très rapidement, la localisation possible du futur État. Si juridiquement, cette question importe peu (l’Argentine est envisagée), Herzl admet une préférence politique pour la Palestine, son évocation étant susceptible d’entraîner un enthousiasme que ne rencontrerait aucune autre destination.

La souveraineté nationale, condition de l’émigration

Retenons aussi, – et retenons surtout, car là réside l’apport le plus original d’Herzl au sionisme, que l’attribution d’une souveraineté territoriale doit impérieusement précéder l’immigration juive ; et ceci, afin de pouvoir l’inscrire dans ce vaste plan d’ensemble de constitution de la nation. Aussi condamne-t-il, avec une virulence polémique surprenante et absente du reste du texte, tous les mouvements contemporains soutenant l’installation de villages ou d’exploitations collectives juives en Argentine ou en Palestine, autrement dit sur des territoires relevant d’une autorité souveraine autre que celle du peuple juif. Non seulement Herzl juge cette émigration condamnée à l’échec du fait de la modestie de ces installations et du manque de compétences et de volonté des populations juives concernées, mais il accuse les « riches Juifs » qui financent ces projets d’agir par pur égoïsme, se débarrassant ainsi d’une population juive pauvre qu’ils rendent responsable de l’antisémitisme ; argument faisant écrire à l’auteur, dès l’introduction, que « plus d’un de ces soi-disant amis des Juifs n’est en réalité qu’un antisémite d’origine juive, qui aurait pris l’apparence d’un philanthrope », p.28. Le lecteur devinera sans peine une attaque personnelle à peine déguisée contre Edmond de Rothschild

Baron Edmond James de Rothschild (1845-1934)

Du superficiel à l’essentiel

Le cœur de l’ouvrage est là : son introduction, sa « partie générale » puis son « plan ». Les cinquante-quatre pages suivantes développent alors longuement les deux outils présentés dans le « plan » : la Jewish Company et la Society of Jews. Dans l’idée de proposer un plan d’action opérationnel, ce développement est naturellement important. Mais il peut apparaître bien étrange au lecteur d’aujourd’hui tant se côtoient des considérations de tous ordres laissant parfois penser que l’auteur se laissait entraîner par son imagination, voire son exaltation ; ce dont effectivement l’accuseront ses adversaires.
Ainsi, aux côtés de questions fondamentales relatives à l’achat des terres, à la protection des travailleurs, à l’articulation entre gestion collective et entreprenariat individuel, à la réunion du capital initial, aux modalités et au financement de l’émigration, lit-on des considérations nettement plus secondaires, voire superficielles, telles que la nécessité de connaître le jour d’arrivée et la composition des groupes d’émigrés afin de répondre à leurs besoins, la nécessité pour chaque groupe d’émigrés de disposer des services de son propre rabbin, les modalités de construction des logements ou encore la couleur du futur drapeau national. Là n’est pas l’essentiel.

Les deux instruments

Ainsi, pour Herzl, les Juifs forment un peuple particulier, et l’idée même qu’ils puissent collectivement s’assimiler aux autres nations est un leurre, d’autant que l’idée même d’assimilation crée et nourrit l’antisémitisme. La réside la question juive qui ne peut recevoir qu’une réponse : l’accès rapide à la souveraineté nationale sur un territoire quelconque, de préférence la Palestine, préalable indispensable au processus d’émigration. En attendant l’accès à cette souveraineté et afin de la préparer, le peuple juif sera représenté par une organisation internationale : la Society of Jews. Celle-ci s’appuiera sur une entreprise privée de colonisation et de valorisation du territoire : la Jewish Company.
L’énoncé du principe mis en œuvre pour élaborer le dispositif imaginé par Theodor Herzl constitue l’essentiel de cette seconde partie. La distinction s’opère entre les deux instruments de réalisation du Judenstaat : la Jewish Company et la Society of Jews.
Si la première s’apparente, en dernier ressort, aux différentes compagnies coloniales telles que l’Occident les a imaginées depuis le XVIème siècle, à savoir des entreprises de commerce, d’achat de terre et d’installations d’émigrés (auxquels s’ajoute ici une singularité : l’industrialisation rapide du territoire) – la Society of Jews, elle, illustre la puissance de l’imagination politique de Theodore Herzl conjuguée à sa science du droit.
En cette fin du XIXème siècle où se fixent les grands principes du droit international, Herzl propose un statut d’organisation qui ne sera réellement admis par l’ONU qu’au cours des années 1950 : celui des mouvements de libération nationale. La Society of Jews qu’il imagine est en effet sujet de droit international, « […] reconnu comme un État en formation » (p.43), rassemblant les Juifs les plus sages et les plus engagés dans le projet ; sages qui prendront en charge, au nom de tous les Juifs, l’ensemble des intérêts moraux du peuple juif et décideront en leur nom jusqu’à l’obtention de la pleine souveraineté.

Negotium gestio

Concept de droit romain, le negotium gestio sur lequel Herzl fonde la légitimité de la Society a alors été adopté, sous une forme ou une autre, par tous les systèmes juridiques des grandes nations occidentales. Il signifie que sont valides en droit les actes juridiques passés par un tiers au nom d’une personne empêchée de donner son accord dès lors qu’il s’agit de sauvegarder les intérêts de cette dernière. S’appuyant sur ce principe, la Society of Jews prendra en charge les intérêts des Juifs du monde entier en tant que peuple alors même qu’une majorité d’entre eux ne peuvent s’exprimer dans les États où ils demeurent.

Contradictions et approximations

Le lecteur constatera que l’œuvre de Herzl ne correspond en réalité pas au processus historique qui conduisit à la constitution d’Israël. À ce constat doivent être ajoutés quelques aspects du texte prêtant à critique : si la réfutation de la philosophie contractualiste de l’État apporte un argument supplémentaire au bien-fondé du negotium gestio, il n’est pas indispensable à la défense du concept et sert en réalité principalement à refuser l’idée d’un régime démocratique au profit d’une république aristocratique dont on peut se demander quelle serait sa légitimité. Ce qu’exprime ici Hertz n’est ni plus ni moins qu’une défiance, voire une hostilité, à l’égard des classes populaires, sans doute en phase avec les idées de son milieu social, mais dépourvu de cet esprit visionnaire qui le caractérise pourtant par ailleurs. Du reste, si le texte propose quelques mesures sociales, d’essence paternaliste, la condamnation du socialisme est sans appel.
D’autre part, en proie – faisons-en l’hypothèse – à son ressentiment envers un Edmond de Rothschild peu intéressé par le projet de Herzl (qu’il méprise par ailleurs), l’auteur se montre non seulement d’une grande violence à son égard, mais lui oppose un argument que l’on peut qualifier de spécieux : « Si tous les Juifs français, ou seulement quelques-uns d’entre eux, protestent contre ce projet en faisant valoir qu’ils sont déjà “ assimilés ”, ma réponse est simple : tout cela ne les concerne pas », p.27. Reconnaissons que le raisonnement est difficile à soutenir, l’idée même que certains Juifs proclament vouloir créer leur État allant inévitablement servir l’accusation antisémite selon laquelle tous tous les Juifs seraient des « apatrides » ; ce que, malheureusement, l’histoire confirmera.
Soulignons enfin quelques autres contradictions induites, soit par méconnaissance des mécanismes économiques (confusion entre une logique de l’offre en droite ligne des écrits de Jean-Baptiste Say et une impulsion de la demande par l’action de la puissance publique), soit par embarras politiques, notamment s’agissant de la question religieuse : la première partie du texte, nous l’avons vu, rejette toute idée de théocratie et ne considère pas le judaïsme comme une caractéristique des Juifs en tant que peuple. Pourtant, Herzl affirme dans la seconde partie que le soutien de la religion et des rabbins est essentiel au projet, écrivant même que « nous ne reconnaissons notre communauté d’appartenance historique qu’à travers la foi de nos pères, puisque nous avons adopté depuis longtemps, et de manière indélébile, les langues des différentes nations qui nous ont accueillis », p.74.    
Évoquons un dernier point, et non des moindres, qu’Herzl ignore : qu’adviendra-t-il des populations déjà présentes sur le territoire convoité ? Certes, lui-même affirme que la désignation précise de ce territoire n’est pas tranchée et que le peuple juif « prendra ce qu’on lui donne », p.44. Mais dès lors que lui-même affirme sa préférence pour la Palestine, abordant très concrètement la possibilité d’un accord financier avec la Sublime Porte, il ne pouvait ignorer l’existence des populations arabes qui y résidaient ; il l’a en tout cas méconnue.

***

Que reste-t-il alors aujourd’hui du Judenstaat ?
L’essentiel, dirons-nous : d’abord la force d’un manifeste, direct, puissant, concret, optimiste, qui indique la direction à suivre et les moyens qui le rendent possibilité. Servie par l’engagement, le militantisme et le dévouement de son auteur, l’œuvre aura un fort retentissement dans les populations juives, particulièrement les plus persécutées, celles d’Europe de l’Est et d’Europe centrale : la formule consolatrice, « L’an prochain à Jérusalem » devient un slogan fédérateur. On est passé du vœu pieux au mot d’ordre politique. Le texte d’Herzl acquiert ainsi une formidable force mobilisatrice qui, elle, conduira à la création d’Israël.
Demeurent également d’incroyables fulgurances intellectuelles qui nous permettent aujourd’hui encore de saisir (ou pour le moins de discuter) la nature spécifique de l’antisémitisme, sa dynamique propre et la nécessité – donc la légitimité – de lui opposer une réponse politique : la nécessité d’un État pour les Juifs.

Références bibliographiques

Alain Boyer, Théodore Herzl, Paris, Éditions Albin Michel, 2013.
Présentation de l’éditeur : « Qu’est-ce qui a pu pousser un jeune bourgeois juif assimilé de l’empire austro-hongrois, auteur de pièces à succès et collaborateur du plus grand journal de Vienne, à redécouvrir l’aspiration millénaire du retour à Sion et à y consacrer toutes ses énergies jusqu’à mourir d’épuisement ? En se fondant sur le Journal et la correspondance de Théodore Herzl (1860-1904), l’inventeur du sionisme politique, auteur de L’État juif (1896), Alain Boyer retrace son évolution intime, sa quête d’une solution de dignité pour défier l’antisémitisme ambiant et sa lutte pour un rêve utopique qu’il n’eut pas le temps de voir se réaliser…»

Michel Abitbol, Histoire d’Israël, Paris, Éditions Perrin, 2018.
Présentation de l’éditeur : « Dans cette vaste synthèse, Michel Abitbol retrace l’histoire d’Israël, de sa naissance, en 1948, à nos jours. Après avoir analysé les origines du nationalisme juif et du sionisme, il décrypte l’arrière-plan historique de la déclaration Balfour de 1917 et la résolution de l’ONU du 29 novembre 1947 préconisant le partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe. L’auteur évoque ensuite les sources du conflit entre Juifs et Arabes, puis suit, pas à pas, l’évolution du mandat britannique dans ses atermoiements et ses contradictions, l’édification d’un État juif démocratique en même temps que l’émergence d’une  » nation  » israélienne et d’une culture hébraïque moderne nées du brassage des vagues successives d’immigrants. Le  » retour des exilés « , marqué par des réussites exceptionnelles, aboutit à des clivages économiques, sociaux, religieux et culturels mettant à mal la cohésion de la jeune société israélienne dans un contexte de guerres meurtrières auquel ni la victoire de juin 1967 ni les accords d’Oslo avec les Palestiniens en 1993 ne mirent un terme. La montée des extrémismes rend plus incertaine que jamais l’établissement d’une paix durable dans la région. S’appuyant sur des sources variées et solides, Michel Abitbol apporte les éléments indispensables permettant d’appréhender dans toute sa complexité l’histoire sans pareille de l’État juif »

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