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Sifriaténou/ספרייתנו

Notre bibliothèque


Juliette ADAMS
La littérature s’est faite passeuse entre la judéité et moi. C’est elle qui me lie à la culture juive. La découverte de l’histoire de la Shoah m’a amenée à elle, et ce sont les textes, essentiellement ceux de Primo Levi, d’Elie Wiesel ou d’Etty Hillesum dans un premier temps, qui m’ont éclairée sur l’Événement, éclairée par l’émotion qui fut la mienne à la lecture de ces récits. Puis, de l’Histoire à l’individu, il n’y a qu’un pas. Ou il n’y en a pas. Je crois que lorsqu’on s’intéresse à un peuple, on s’intéresse à son identité, à sa religion, à ses traditions, à sa langue, à ses langues et à tout ce qui fait que ce peuple est ce qu’il est, dans son essence. Et, dans mon cas, je me suis intéressée à ses livres, à la façon dont les auteurs écrivent la judéité qui est la leur.
Professeur de Lettres dans l’enseignement secondaire, je prépare actuellement dans le cadre d’un Doctorat de Littérature Française (Université de Lille 3) une thèse sur la nouvelle écriture de la Shoah au début des années soixante. Je consacre ma recherche aux romans d’Anna Langfus et de Piotr Rawicz.
Ma participation à Sifriaténou est certes liée à mes recherches et à mon désir de continuer à lire et à comprendre l’écriture de la judéité, quel que soit son contexte, mais aussi, je crois, aux bonnes rencontres faites au bon moment.


Photo/AnneliesAugustyns/Sifriaténou

Annelies AUGUSTYNS
J’avais douze ans quand, en classe, à l’école primaire, mon instituteur a  évoqué le destin inimaginable du peuple juif et parlé aussi de l’Holocauste. J’avais du mal à saisir cet épisode du passé. Et pour mieux comprendre, j’ai lu le célèbre journal intime d’Anne Frank, avec ma mère. Cela a suscité en moi un vif intérêt qui n’a fait que croître et s’est transformé en une véritable passion pour tout ce qui touche au judaïsme et à ses écrits. C’est pourquoi, dans les études que j’ai menées ultérieurement, je me suis attachée à la littérature judéo-allemande, à la littérature de l’Holocauste mais aussi à l’histoire et la culture juives. J’ai même appris le yiddish à l’Université d’Anvers.
Actuellement, je travaille à une thèse sur la littérature autobiographique juive-allemande à Breslau. Mes recherches portent sur les journaux intimes de Willy Cohn et Walter Tausk et sur diverses autobiographies comme celles d’Anita Lasker-Wallfisch, Karla Wolff, Fritz Stern, Walter Laqueur et Klaus Aufrichtig. Je combine ma recherche avec l’enseignement, combinaison que je considère émancipatrice, surtout parce qu’en tant qu’enseignant-chercheur, j’essaie de jouer un rôle tant scientifique que public dans la rencontre d’œuvres qui permettent de mieux comprendre l’existence juive. C’est exactement ce qui m’a menée au magnifique Projet Sifriaténou : la conviction que la littérature et la culture juives méritent une analyse détaillée et accessibles à tous, qu’elles doivent être diffusées et partagées.



Delphine BARRÉ
Lors de mes études d’histoire, j’ai cherché  tout d’abord à  connaître  et étudier l’histoire de la Shoah, particulièrement celle des centres de mise à mort :  Auschwitz, Birkenau et Treblinka. Mes recherches m’ont conduite vers l’histoire sociale et culturelle des femmes juives, mais également à l’histoire des représentations sur le temps long de l’avant-guerre jusqu’à 1945. Je travaille actuellement à la préparation d’une thèse dont l’intitulé est le suivant : « « Mon Dieu, que me fait ce pays? : Trajectoires et engagements des femmes Juives à Paris (1938-1945) ».
Le poste de coordinatrice des activités pédagogiques que j’occupe actuellement au Mémorial de la Shoah me permet de faire connaître ces lieux de mémoire mais aussi de transmettre les parcours individuels de ceux qui y ont péri, auprès des jeunes comme des moins jeunes,  avec  un égal souci de pédagogie et de rigueur scientifique.
Au cours de mes voyages de recherche, j’ai pu rencontrer de nombreux autres étudiants,  des enseignants dans diverses disciplines et découvert des lieux d’enseignement et de transmission variés ; cela m’a permis d’approfondir, par exemple, ma connaissance du yiddish, de l’hébreu et du judéo-espagnol. L’apprentissage et l’étude se construisent pour moi avant tout dans l’échange, c’est pourquoi je suis ravie, aujourd’hui, de pouvoir  rejoindre l’Équipe de Sifriaténou.


Noémie au béret

Noémie BENCHIMOL
Philosophie, études hébraïques, philologie médiévale… Ma formation initiale s’est accomplie avec bonheur au sein de l’Université française (dans le cadre de l’École Normale Supérieure, à Paris IV et à l’École des Hautes Études Pratiques). Mais, c’est en Israël que je découvre d’autres contextes d’enseignement : le domaine des sciences talmudiques et le monde de l’étude traditionnelle, ouverts aux femmes. Je décide alors, émerveillée et conquise par ces modalités d’apprentissage, de ré-orienter mes recherches et mes activités. Ainsi, présentement, je travaille à une thèse de Doctorat, sous une double direction, à la fois française et israélienne (j’étudie la question du serment judiciaire en droit talmudique!) ; parallèlement, j’enseigne dans une maison d’études juives, Ta-Shma qui mêle, précisément, les deux approches. À mes heures, j’aime bien enseigner un peu de Torah sur … mon compte Twitter!  J’aurai plaisir à partager certaines de mes lectures avec les lecteurs de  Sifriaténou.



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Raphaël BENOILID
Quelques quatrains
Ô Captain my Captain, vous me conviez à bord
Bravant, sans hésiter, un océan d’oubli!
S’il faut me présenter, je vous dirais d’abord
Que je suis votre élève, honoré et ravi!

L’écolier que j’étais apprend son métier d’homme
De mari et d’ami, de père de famille.
Consultant SAP, ingénieur Télécom,
Je reste, des Lettres, amoureusement épris.

Et pour longtemps j’espère, l’enfant du Laboureur,
Celui dont La Fontaine nous  conte l’histoire,
À qui il fut promis les plus grandes splendeurs
S’il remuait son champ du matin jusqu’au soir.

Le Maître de Bagdad enseignait que les pierres
Du traité Béra’hot s’assemblent en «Bo Keter !».
« Remuez le Talmud avec un cœur nouveau
Pour que, de vos études, jaillisse le joyau! ».

Si je peux vous transmettre un peu de cette ardeur
Qui rend le jour plus beau et les rêves plus fous,
J’aurai gagné ma place à Sifriaténou
Dont je me réjouis d’être un des contributeurs.


Fabienne BERGMANN
J’ai grandi en France et la « culture française » m’a nourrie. Cet acquis précieux s’alliait sans conflit à un attachement au fait juif, entretenu dans ma famille et au sein d’un mouvement de jeunesse, les EI. Pourtant, j’ai toujours su que je voulais vivre en Israël : après avoir vécu avec passion mai 68 et… passé mon bac, j’ ai accompli ma ‘aliyah. Ayant étudié l’hébreu avec enthousiasme, j’ai enseigné à l’École des Étudiants étrangers de l’Université Hébraïque de Jérusalem avec la même ferveur ; j’ai beaucoup appris de mes élèves : nouveaux immigrants, Arabes d’Israël, étudiants du monde entier… 
Passant d’une culture à l’autre avec bonheur,  j’ai, finalement, fait de ce passage mon métier. Mon amour pour la littérature, mes études d’histoire, d’histoire de l’art et de traduction, mon bagage linguistique théorique ou acquis « sur le tas » sont certes une bonne formation pour ma profession, mais c’est surtout la curiosité en général, et pour ce qui est juif en particulier, qui guident mon travail. 
J’ai traduit – de l’hébreu vers le français, du français vers l’hébreu et également de l’anglais vers le français – bon nombre de livres et d’articles, des pièces de théâtre et de la poésie. Parmi mes traductions, Critique du post-sionisme, Les secrets de la création de l’Etat d’Israel, Journal de Ben-Gourion 1947-1948  ou Écrire à l’ombre de Kafka.
Traduire, c’est établir des ponts entre deux cultures. Pour les lecteurs de Sifriaténou, j’espère jouer ce rôle.



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Boris CZERNY
Pour  aider à soulager la souffrance humaine, j’ai autrefois rêvé d’être médecin-psychiatre. Je ne le suis pas devenu, mais au moins  ai-je essayé de comprendre la souffrance des miens en plongeant dans leur passé. Dans cette quête qui peut sembler douloureuse, j’ai découvert… la vie, le mouvement et le plaisir d’exister, une  culture d’une rare richesse.
Professeur agrégé de russe, puis Professeur à l’Université de Caen, j’ai fait connaissance avec la littérature juive en étudiant … le russe et l’ukrainien. Récemment, je me suis plongé dans un univers partagé de contes, récits et légendes traversant les espaces voisins, les cultures et les langues (le russe, l’ukrainien, le yiddish et  l’hébreu).
Depuis quelques années, je pratique plus assidûment le yiddish : j’étudie la communauté de Brest-Litovsk d’où est originaire une partie de ma famille (l’autre partie étant de la région de Tarnopol en Ukraine). Privé par l’Histoire de passé familial, je suis habité par  le désir de ramener le passé à la surface de ma vie, par l’écriture, par la recherche. Ainsi, un récent travail mené à Kiev m’a donné la possibilité de vivre ici et là-bas et de percevoir pour ainsi dire, le souffle de la guerre .
Aujourd’hui, j’essaye de recomposer la diversité de la communauté de Brest-Litovsk en retraçant le destin de ses habitants, et m’efforçant de déterminer le plus précisément possible qui ils étaient.
Juif de France comme Salomon Reinach, mais aussi Juif d’Ukraine et de Biélorussie, jamais indifférent à Israël, je ressens cette incertitude féconde de la diversité dans le Projet Sifriaténou que je suis heureux de rejoindre.


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Armand CROISSANT
Agrégé de philosophie, j’enseigne actuellement dans un lycée du sud de l’Alsace. Après des études de philosophie à Paris où j’ai notamment travaillé sur Spinoza et Marcel Proust, je me suis installé en Allemagne, au pied de la Forêt Noire. L’Éducation nationale, malgré tous ses défauts, est une merveilleuse machine à produire du clinamen : en envoyant ses fonctionnaires aux quatre coins du pays, en les faisant dévier de trajectoires qu’ils pensaient toutes tracées, elle leur permet de voir du monde, beaucoup même, et de faire des rencontres, parfois marquantes.  Croiser le chemin de Patrick Sultan, le prince de la salle des professeurs, fut ma chance – et mon malheur. Interlocuteur subtil et profond, à l’humour incomparable, il est aussi un impitoyable prédateur qui fond sur sa proie – moi en l’occurrence – pour ne plus la lâcher. Que veut-il au juste lui extirper ? Des textes, de la matière pensante couchée sur du papier : « oublie les cours, écris ». Je regimbe, je procrastine des années, mais finis par céder lorsqu’il me parle de Projet Sifriaténou. Je suis heureux de rejoindre la joyeuse équipée. Voyons où elle nous emmènera…



Thomas-Yitzhak De ALMEIDA
Je suis étudiant en Master d’histoire contemporaine à l’Université de Cergy-Pontoise. Mes travaux portent sur la pensée sioniste, notamment sur le courant dit « révisionniste » initié par Vladimir Jabotinsky. N’ayant pas grandi au sein d’un milieu juif, j’y suis venu par moi-même et partage désormais, depuis plus de deux ans, mon temps entre les études profanes et l’étude de la Torah alliée à sa pratique. Je suis actuellement professeur au Talmud Torah du Mouvement Juif Libéral de France. Si Dieu veut, je souhaite, après l’acquisition de mon Master, entreprendre des études rabbiniques en même temps qu’un doctorat, toujours en histoire de la pensée sioniste. Lire fut ma première passion, et aujourd’hui les livres juifs, quelque forme qu’ils prennent, restent mon plus grand centre d’intérêt ; je me réjouis à l’avance de  la partager en participant au Projet Sifriaténou!


JeanMarc DATCHARRY
Considéré comme bourgeois dans une école de banlieue rouge, littéraire parmi des Terminales Scientifiques, puis scientifique parmi des  étudiants littéraires, populaire dans un milieu grand-bourgeois, de droite parmi des marxistes, moderniste mais réactionnaire, réactionnaire mais moderniste, populiste parmi des libéraux, Parisien au milieu de Basques, Basque au milieu de Parisiens,  juriste dans une entreprise d’ingénieurs, je peux soutenir que, ayant ainsi vécu plus d’un demi-siècle, je sais me retrouver là où je n’ai pas ma place, et même avec une certaine désinvolture.
C’est donc naturellement que je  participe à l’aventure de Sifriaténou, dont l’objet est le « livre juif » alors que je n’ai jamais écrit le moindre livre, ni, à ce jour, écrit sur quelque livre que ce soit, et que je ne suis pas juif.
Mais je me souviens bien avoir lu quelques livres autrefois, et cette expérience heureuse m’a déterminé dans l’intention de recommencer, et pourquoi pas, d’en rendre compte.
Alors, s’il faut un candide, un regard extérieur, un débutant absolu, un Huron de service, eh bien je pourrais faire l’affaire!
C’est, en tout cas, ce rôle que je m’assigne au sein de l’Équipe  de Sifriaténou !


Lucie Doublet

Lucie DOUBLET
J’ai découvert ce que l’on appelle parfois la « pensée juive » en travaillant à une thèse de philosophie sur Emmanuel Lévinas. Les guillemets s’imposent tant cette optique, cette manière d’aborder le monde depuis une tradition textuelle, ne se réduit pas à l’expression d’un particularisme, ni ne s’adresse à une part exclusive de l’humanité. Au contraire, les écrits lévinassiens m’ont d’abord frappée par leur puissance de signification alors même qu’une partie de sa terminologie, comme les méandres de ses écrits talmudiques, étaient étrangères à ma culture philosophique.
Cette lecture en a suscité d’autres :  Buber, Memmi, Benjamin,… J’ai rencontré des paroles à la fois diverses et portées par une inspiration commune : une autre manière de faire sens peut-être, d’engendrer l’interprétation. A travers la tradition juive m’est apparue la possibilité d’un renouvellement incessant de la pensée.
Participer au Projet Sifriaténou est donc une occasion de poursuivre ce chemin, de partager aussi l’expérience d’enrichissement que représente pour moi la fréquentation des penseurs juifs. 



Manuel DURAND-BARTHEZ
À l’âge de dix-neuf ans, en 1971, je découvre Vienne et Prague, je tombe amoureux de la Mitteleuropa et, peu à peu, mûrit en moi le besoin d’explorer ce monde multiforme, pluriethnique et d’une richesse spirituelle remarquables. Un foisonnement bien connu d’analyses, notamment à partir des années soixante-dix, a mis en valeur la quintessence juive de l’esprit viennois, ferment intellectuel et scientifique des mutations du monde moderne. J’ai tenté de l’étudier et de l’observer en adhésion avec des aspirations et des émotions toutes personnelles. 
Ma thèse, Être autrichien : la problématique de la faute chez les écrivains du début du siècle en est le reflet, comme d’autres réflexions et publications. L’adhésion à la Jura Soyfer Gesellschaft et à l’Internationaler Arbeitskreis Hermann Broch complète ce tableau viennois.
Conservateur Général des bibliothèques, j’ai achevé ma carrière à l’École des Chartes en 2018 dans son antenne scientifique et technique. Je poursuis à présent, en franc-tireur, mon activité littéraire, en explorant l’histoire de la Première Guerre mondiale et en participant désormais au Projet Sifriaténou.



David Encaoua

David ENCAOUA
Professeur d’économie à l’Université, j’ai consacré une bonne partie de ma vie à l’ enseignement et à la recherche. À l’âge de la retraite que j’ai prise en 2009, j’ai eu le plaisir de retrouver, comme après une longue absence, la culture religieuse qui a alimenté mon enfance. Issu d’une lignée de dayanim (juges rabbiniques) et rabbins en Espagne, en Algérie et au Maroc, j’ai reçu une éducation juive, mais non exclusivement juive. Vers  l’âge de treize ans, après ma bar-mitsvah (majorité religieuse), j’ai voulu tenter une expérience : voir si le ciel allait me tomber sur la tête si je commettais une transgression. La suite se passe de commentaires. Mais ce qui est moins prévisible, c’est la réaction qu’a eue mon père. Voyant que ma foi devenait chancelante, il n’essaya pas de la redresser à coups de récriminations. Il me dit simplement : « Je vois que tu deviens un apikoïrosse (mécréant). Mais au moins, garde le plaisir de l’étude ! ». Je ne le remercierai jamais assez de ce conseil qu’il ne me semble ne pas trop avoir trahi.
Ce qui me vaut l’honneur d’être parmi vous. Adolescent, lorsqu’on me demandait quel métier je souhaitais exercer, je répondais : comprendre le monde ! Pour cela, j’ai fait  des études de mathématique et d’économie. J’ai passé la première partie de ma vie à faire des recherches, sur des thèmes qui me tenaient à cœur : la théorie des jeux, la concurrence et les manières de la réguler, l’économie de l’innovation… Mon désir de comprendre le monde devenait cependant plus évanescent au fur et à mesure que mon CV s’enrichissait de nouvelles publications.
Mais la deuxième partie de ma vie me laisse percevoir quelque espoir que mon désir initial ne soit pas totalement vain. Elle se nourrit de pensée juive, en essayant de comprendre comment et pourquoi le judaïsme ne se laisse jamais cerner par une approche unique. Le questionnement et le ‘hidouch (le renouvellement du sens) font partie intégrante de sa substance et les sources de sa vitalité. Je tente de m’en approcher avec mes amis, notamment ceux de la communauté Massorti à laquelle j’appartiens. Pourrai-je en faire bénéficier les lecteurs de Sifriaténou ? Je le souhaite ; vous en serez les seuls juges.  


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Yaël ESCOJIDO
Je suis née à Paris en plein Mai 1968. Mais dès l’enfance, alors que j’étudiais à l’école Yabné (Paris), je me suis rendue compte que le peuple juif n’avait qu’une seule maison ; et cette maison se nomme Jérusalem. Cela fait donc maintenant trente-trois ans que j’y vis. Je suis une amoureuse inconditionnelle de cette ville et une passionnée de l’époque du Second Temple.
J’ai d’abord étudié à l’université Hébraïque de Jérusalem dans le département des « Religions Comparatives », consacrant la plupart de mes recherches au christianisme primitif. Puis des études de grec ancien m’ont fait découvrir une  littérature un  peu différente : les apocryphes et les pseudo-épigraphes qui nous permettent d’étudier la société juive d’il y a 2000 ans. A travers ces textes, je tente d’aborder un sujet bien délicat : «  L’esclavage et le Judaïsme »…
Parallèlement à ces travaux de recherches, j’ai l’immense privilège de travailler dans les tunnels du mur Occidental (dits «Tunnels du Kotel »). J’y assure, en trois langues (francais, hébreu et anglais), la fonction de guide : cette visite est incontournable pour tous ceux qui viennent visiter la Ville Sainte.



Gad FREUDENTHAL
Après des études des sciences et de l’histoire des sciences à l’Université hébraïque de Jérusalem, j’ai soutenu une thèse de doctorat, puis une habilitation, à Paris. J’ai eu la grande chance d’entrer au CNRS (en 1982), dont je suis maintenant Directeur de recherche émérite. Mes sujets de recherche se situent notamment autour de l’histoire de la philosophie et des sciences dans les cultures juives médiévales. Parmi mes publications: Aristotle’s Theory of Material Substance. Form and Soul, Heat and Pneuma (Oxford, 1995) et Science in the Medieval Hebrew and Arabic Traditions (Aldershot, 2005). J’ai en outre dirigé Studies on Gersonides—A Fourteenth-Century Jewish Philosopher-Scientist (Leyde, 1992) ainsi que (avec S. Kottek), Mélanges d’histoire de la médecine hébraïque. Études choisies de la Revue de l’histoire de la médecine hébraïque (Leyde, 2003). Jusqu’à 2019 j’ai dirigé la revue Aleph : Historical Studies in Science and Judaism.

René Gutman

René GUTMAN
Après quelques années d’apprentissage en Yéchivah à Jérusalem et de formation au Séminaire Rabbinique et à l’Université, j’ai exercé le métier de rabbin dans diverses villes françaises puis à Bruxelles.
J’ai eu ensuite le bonheur d’être le Grand Rabbin de Strasbourg durant trente ans (de 1987 à 2017). J’ai aimé travailler au sein de cette communauté alsacienne forte d’anciennes traditions et qui, tout en accueillant diverses composantes du judaïsme francophone, a su rester hospitalière et ouverte au dialogue avec les autres religions. Croire à la puissance de la parole vraie, sans rhétorique et sans diplomatie, n’empêche nullement d’entretenir et de nourrir, par des échanges sincères et approfondis, les relations inter-religieuses. À présent, résidant à Jérusalem, je me livre, autant que faire se peut, à l’étude que, tout au long de mon existence, je n’ai jamais délaissée, même quand mes missions pastorales me requéraient souvent avec urgence. Traduire, commenter, publier, partager, et bien sûr lire. Ainsi, c’est tout naturellement et bien volontiers que je me joins au Projet Sifriaténou que caractérisent l’amour des livres et la joie du partage dans un esprit de dialogue et d’échange.


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Jean-David HAMOU
Traducteur (littérature rabbinique, littérature hébraïque). Mes centres d’intérêt sont multiples : la musique, la littérature, et bien sûr, l’étude de la Torah.
Après avoir achevé une maîtrise de droit en 1991, j’ai fréquenté la maison d’étude du rabbin Mordekhaï Rottenberg, puis celle du rabbin Elie Lellouche. En 1999, afin de promouvoir l’étude juive auprès d’un public de jeunes adultes, j’ai fondé avec quelques amis l’association Autour du livre, dans le cadre de laquelle de nombreux cours et conférences furent organisés, avec la participation d’enseignants tels que Georges Hansel, des rabbins Shaoul-David Botschko, Jacky Milewski et Avraham Weingort. J’ai dispensé, dans ce cadre, des cours hebdomadaire de Bible et de Hagada talmudique.
Entre 1993 et 2007, j’ai produit, sous le nom de David Herschel, des émissions radiophoniques à l’antenne de France Musique (Musique Pluriel, Alla Breve…), de France Culture (Histoire du rock) et de RCJ (Ma tasse d’été). J’ai collaboré avec Le Monde de la musique, Valeurs Actuelles, Musique Nouvelle en Liberté et le Jerusalem Post, édition française. Dans le domaine littéraire, j’ai créé en 2017 la revue numérique Onuphrius, consacrée à la nouvelle. Je publie mes propres nouvelles dans différentes revues, Rue Saint-Ambroise, Brèves, L’Ampoule.
En 2002, je me suis installé en Israël, où j’ai continué d’étudier et d’enseigner auprès d’un public francophone (Bible, halakha et pensée juive). En 2008, le Rabbin Eliézer Melamed me proposa de traduire un de ses livres : La Prière d’Israël. Ce premier ouvrage fut suivi d’autres dans la même série (Pniné halakha, huit volumes parus en français), puis des Réflexions sur le sens profond de la Torah (Héguioné Moché) du Rav Moché Botschko.


Alexandre Journo

Alexandre JOURNO
Né en 1989, je suis ingénieur en mathématiques appliquées. Malgré une éducation reçue en école juive (Lucien de Hirsch puis Yabné à Paris), je me suis rendu compte, assez tardivement, de ma méconnaissance dans les domaines de la littérature et de la pensée juives. Après m’être intéressé avidement à la littérature catholique du début du XXème siècle et à la littérature russe au sortir du lycée, je me suis plongé, depuis quelques années, dans la lecture (sans ordre particulier), de Memmi, Zangwill, Buber, Lévinas, Néher, Agnon, Oz, Philip Roth…. En lisant, pour Sifriaténou, ceux qui ont éprouvé les mêmes tiraillements que ceux que je puis éprouver et qui, comme rituellement, les ont écrits, je trouve sans doute, d’une certaine façon, le moyen de compenser l’attrition de ma pratique du judaïsme.


Portrait D. LABADIE

Damien LABADIE
Diplômé de l’institut catholique de Paris et de l’université de Louvain-la-Neuve en philologie orientale, j’ai achevé en 2017,  à l’École pratique des hautes études, une thèse de doctorat en histoire du christianisme antique, laquelle est intitulée « L’invention du protomartyr Étienne : sainteté, pouvoir et controverse dans l’Antiquité (Ier-VIe siècle) ». Je suis actuellement chargé de recherche au CNRS (laboratoire CIHAM à Lyon).
Passionné par les langues et littératures anciennes, je me suis immergé avec ravissement dans la littérature juive lors de mes études parisiennes, où j’ai découvert, dans la langue du texte, le Tanakhe, le Talmud, les textes de Qumrân et Flavius Josèphe. Ayant beaucoup reçu de mes maîtres, c’est avec gratitude que je dispense aujourd’hui ma modeste science en enseignant l’hébreu biblique (Institut al Mowafaqa de Rabat) et en publiant des articles et ouvrages sur le sujet, notamment sur les manuscrits de Qumrân.
Passé chez les catholiques pour mes études, converti entre-temps au protestantisme, je reste, en toute saison, amoureux de la culture et de la spiritualité juives. C’est pourquoi, à l’appel de Patrick Sultan, tel Matthieu devant Jésus dans la scène magistralement saisie par le Caravage, il n’était guère possible de résister : je me suis levé et je l’ai suivi. J’entrevois ainsi, enthousiaste et imperceptiblement craintif, cette nouvelle vocation de contributeur au Projet Sifriaténou, pour lequel j’espère partager quelques-unes des réflexions glanées au cours de mes lectures sur l’histoire du judaïsme antique et médiéval, la littérature hébraïque ancienne, ou encore les relations entre judaïsme et christianisme naissant. Surtout, je me réjouis à l’idée d’en apprendre autant, sinon davantage, sur les « livres juifs » grâce à l’inlassable et savoureuse lecture des essais que signent les membres de l’Équipe.


JLL 2019

Jean-Luc LANDIER
Peut-on rechercher à la fois l’Unique et l’Universel? Peut-on se revendiquer d’ une culture et d’une histoire singulières tout en prônant les valeurs universalistes des Lumières? J’ai, au cours de mon itinéraire intellectuel et spirituel, cherché à concilier ces deux aspirations. Malgré mon vif intérêt, dés l’adolescence, pour l’histoire, j’ai toutefois, au terme de mes études supérieures (IEP Paris, Droit, IAE), privilégié les contraintes de l’existence, en menant à bien une carrière dans les métiers financiers d’institutions bancaires. L’expérience que j’y ai acquise m’a permis d’analyser, de l’intérieur, les mécanismes économiques et financiers qui régissent nos sociétés. Toutefois, je n’ai pas trouvé, dans cette pratique, la compréhension en profondeur que seule une perspective historique pouvait apporter. L’identité juive, essentielle à mes yeux, a été longtemps réservée au domaine privé, conformément au modèle français de la laïcité auquel je demeure fidèle.
Ce n’est qu’en 2001 que j’ai pu concilier judéité et engagement dans la cité en participant à la création de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, institution que j’ai co-dirigée pendant plus de dix ans. Bien que, avant tout, responsable du pilotage financier de cette puissante institution, j’ai été associé à des projets majeurs pour le développement de la culture, de l’histoire, de la mémoire juives. Je renouais ainsi avec mes engagements premiers.
Je me consacre, à présent que ma carrière est parvenue à son terme, à mon domaine de prédilection : l’histoire juive moderne. J’ai ainsi proposé à plusieurs institutions et associations de présenter mes travaux sous la forme de conférences-débats et j’y ai trouvé l’occasion d’échanges toujours fructueux, qui me conduisent à aller toujours plus loin sur un chemin de perfectionnement. Partageant pleinement les valeurs qui inspirent le Projet Sifriaténou, j’y contribue volontiers.


Alena LAPATNIOVA
Traductrice du biélorussien quand mon travail principal et mes enfants me le permettent, je creuse l’histoire de mon pays d’origine, la Biélorussie et m’efforce de la faire découvrir aux autres, tant par mes traductions que par l’organisation d’événements culturels. 
Le passé juif d’une Biélorussie, qui faisait jadis partie du Yiddishland, est largement oublié ou ignoré à l’intérieur du pays comme à l’extérieur. Aborder le sujet de la Shoah était interdit pendant toute l’existence de l’URSS ; les autorités n’acceptaient de parler que des « victimes soviétiques ». Ce passé fait, aujourd’hui, de discrètes apparitions dans la presse indépendante biélorussienne, sans jamais entrer dans l’histoire officielle du pays. Dans mes recherches, j’essaie de reconstituer ce passé qui concerne tant les Juifs que les Biélorussiens, témoins, ou parfois acteurs, de la tragédie.


Iris Lévy

Iris LÉVY
Diplômée d’HEC Paris, je suis titulaire d’un Master de l’Université Paris I en Histoire contemporaine, discipline qui constitue pour moi une porte d’entrée privilégiée vers les études juives.
En travaillant successivement sur l’histoire des Volontaires Juifs de France et d’Afrique du Nord engagés dans les conflits israélo-arabes depuis 1948, puis sur l’histoire du Fonds national juif – plus connu sous son acronyme hébreu KKL, Kérene Kayémeth LeIsraël –, j’ai interrogé des sujets qui me sont chers : l’histoire du sionisme mais aussi celle des relations entre Israël et la diaspora, dans leur richesse et leur complexité. Complexité car en dehors de la ‘aliya, l’attachement des Juifs de l’exil à la Terre d’Israël se manifeste depuis la fin du XIXème siècle sous de jours multiples, allant du soutien philanthropique, moral ou spirituel à l’appui politique. Ni recrue ni rivale, la diaspora se situe souvent dans cet « entre-deux », partenaire du projet sioniste sans toutefois souscrire à l’idéal du rassemblement des exilés (« Kibboutz Galouyote »). Comment construire, dans ces conditions, son identité juive ?
Cette interrogation, qui m’invite à mêler réflexions existentielles et recherches académiques, me passionne. Aux côtés des archives historiques, les ouvrages d’auteurs comme Stefan Zweig, Albert Cohen, Albert Memmi ou Philip Roth se révèlent une source de plaisir et de réflexion inépuisable. Après plusieurs séjours en Israël, j’envisage désormais de m’installer à Jérusalem, dont je suis tombée amoureuse, et de poursuivre mes études en thèse, à l’Université Hébraïque.


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Solange LIVANIS
Tombée dans la marmite du grec quand j’avais douze ans, je m’y suis trouvée bien. La potion contenait aussi des morceaux de latin et de littérature française, c’était bon aussi. Un jour, j’ai découvert un morceau inhabituel dans ce bouillon de culture : le grec dit moderne. « Ce fut comme une apparition ». Je m’y suis accrochée, je m’y suis plu. Voilà pourquoi, du grec ancien, je suis passée au grec moderne et de l’agrégation de Lettres Classiques à un Doctorat de Littérature néo-hellénique.
Quel rapport avec les « livres juifs » ? Le fait que j’ai traduit, de Iakovos Kambanellis : Mauthausen, récit des deux années qu’il a passées dans ce camp ; non-juif, ce dramaturge et poète a été particulièrement sensible au sort fait aux Juifs. En travaillant sur cette oeuvre, je me suis interrogée plus largement sur le rapport que les écrivains néo-helléniques entretiennent avec le judaïsme. J’aimerais approfondir cette question dans les années à venir. En participant à l’aventure de Sifriaténou, je me réjouis de m’instruire dans ce domaine tout autant que de partager mes lectures.


Dominique MACABIES
Élevé dans une famille catholique très pratiquante, je suis devenu protestant. Et voilà qu’à la vénérable soixantaine, je découvre dans notre maison familiale un certificat gravé sur cuir, nous révélant en latin que, par mère interposée, j’appartiens à une lignée « conversos », émigrés d’Espagne ! D’où mon intérêt renouvelé pour ceux qui nous ont précédés dans la foi … et pour le Projet Sifriaténou.
Je suis depuis 2018 à la retraite de l’Université de Grenoble, où j’avais obtenu mes diplômes et où j’ai enseigné pendant trente ans l’anglais de l’économie, des sciences humaines et des sciences de la vie. En parallèle, je dirige une entreprise de traduction que j’espère perpétuer à… perpète – « Dieu voulant », comme disent les Vaudois. Cependant, mes quatre enfants et quatre petits-enfants attendent tous que je réussisse à me désincarcérer de ma chaise de bureau ! Malgré l’absence de mes étudiants, mon intérêt pour la vie économique et sociale ne faiblit pas et mes « idoles » – actuelles (je suis un peu volage) – sont : l’économiste Gaël Giraud, l’écologiste Jean-Marc Jancovici, l’essayiste Michel Onfray en passant par le blogueur Étienne Chouard et (je l’avoue à ma grande honte) l’humoriste Guillaume Meurice pour les calembredaines….


Nicolas MASUEZ
Durant huit ans, j’ai enseigné l’histoire et la géographie dans le secondaire tout en dispensant une formation scientifique aux enseignants des Lettres Classiques de l’Académie de Dijon. En 2019, j’ai fait le choix d’une nouvelle carrière dans le consulting autour des questions de fait religieux et de laïcité dans l’espace professionnel et associatif.
Docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse de l’Université Paris IV Sorbonne, je poursuis à l’IRER mes recherches sur le monde Juif aux époques hellénistique et romaine. Je suis également membre de la Société des Études Juives. Mes travaux portent sur la société juive contemporaine du Second Temple, notamment  à travers l’oeuvre de l’historien Flavius Josèphe dont Théodore Reinach a souhaité que son oeuvre constitue « sinon un livre de chevet, du moins un ouvrage de fond, ayant sa place dans toutes les bibliothèques sérieuses ». C’est donc avec joie que j’ai rejoint l‘Équipe de Sifriaténou et que je m’efforcerai, dans ce même esprit, de contribuer à ce Projet qui me paraît très important pour la connaissance et la diffusion de la culture et des études juives.


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Serge NIÉMETZ
Né en 1946. ENS Saint-Cloud. Agrégation des Lettres.
En bref : Enseignement et recherche en France et en Allemagne (Université de Kiel).
Puis durant seize ans chargé de mission à l’Académie française.
Biographe de Stefan Zweig  : Le Voyageur et ses mondes, Paris, Belfond, 1996, réédité en 2011.
Mais je me définis essentiellement comme traducteur ; c’est un métier et une passion depuis… plus de cinquante ans. Ma langue de prédilection est l’allemand, (où j’ai baigné de bonne heure, dans une culture prussienne, berlinoise, plutôt que bavaroise ou viennoise). J’ai traduit entre autres Ludwig Harig, Georg Hermann, Stefan Zweig.
Obtenu le Prix Gérard de Nerval en 2000 « à l’occasion de la publication de 〈ma〉 traduction du Juif Süss de Lion Feuchtwanger et pour l’ensemble de 〈mon〉œuvre ». J’ai été ensuite  membre de ce jury jusqu’à l’an dernier.
Voici quelques lignes où je parle de ma conception de la traduction, extraites d’une interview «autobiographique»  de 2011 : «Je crois que ce qui fait un bon traducteur […], c’est (outre une certaine maîtrise de la langue de départ et surtout peut-être de la langue d’arrivée) une curiosité insatiable et polymorphe. Grosso modo : que rien d’humain (et d’animal, et même d’inorganique) ne soit (tout à fait) étranger. [… La traduction, qui me paraît  la meilleure métaphore de toute activité intellectuelle, a été une inépuisable source de jouissance. Ensuite, les hasards, les rencontres jouent un grand rôle.»
Parmi les rencontres décisives, il y a celles qui m’ont conduit précocement à la rencontre du monde juif. D’origines essentiellement lorraines et morvandiautes, je ne suis juif que par mes descendants, non par mes ascendants.
Par ailleurs adepte d’un spinozisme mêlé de taoïsme, amoureux de la Grèce, de l’Italie et des chats, cumulant les centres d’intérêt aussi éclectiques que mes amitiés, et plus intéressé par les conversations avec les gens de métier que par les débats dits intellectuels.


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Jérôme PAILLETTE
J’ai toujours été entouré de livres et je dois reconnaître que j’aurais bien du mal à m’en passer. Mes goûts sont éclectiques : du thriller aux ouvrages historiques ou religieux en passant par les biographies et les romans contemporains…  Mes auteurs préférés : Philip Roth, Bernard Malamud, David Grossman et Cynthia Ozick mais aussi John Steinbeck, Jack London et Toni Morrison. 

De formation littéraire (angliciste et titulaire d’un Master de recherche en traduction), je suis particulièrement intéressé par l’histoire et les théories de la traduction. Mes récentes recherches ont porté sur la traduction du jeu de mots. Parallèlement à mes recherches et à mon travail d’enseignant dans le secondaire, j’essaie de développer mon activité de traducteur à titre professionnel. Quand Patrick Sultan m’a proposé de contribuer au Projet Sifriaténou, je n’ai pas hésité! Curieux et toujours prêt à me lancer des défis, je me réjouis de participer à cette aventure.


Edith PARMENTIER
Professeur à l’Université de Caen, j’ai consacré mes premières recherches en histoire grecque à Nicolas de Damas, un philosophe et mémorialiste du I er siècle av.-J.-C dont on ne connaît l’oeuvre considérable que par… fragments. Ce personnage fut un proche du Roi Hérode, son professeur, son secrétaire, voire son ami.  Cela m’a conduit à étudier de plus près la figure, ou plutôt les multiples facettes, de ce roi  de Judée, controversé, tant à travers la littérature grecque que par les sources archéologiques qui témoignent de son règne. Tenter de distinguer les légendes et les vérités à établir.
Je me réjouis toujours de  partager, quand j’en ai l’occasion, au -delà du cercle des spécialistes, le fruit de ces travaux savants. C’est pourquoi je participe volontiers au Projet Sifriaténou qui ambitionne de faire connaître l’existence juive à un large public.



Otto

Otto PFERSMANN
Professeur de philosophie du droit et de droit constitutionnel comparé, à Paris I puis à l’École des Hautes Études, j’ai, dans tout mon parcours, si souvent rencontré les textes de la tradition juive, dans les domaines les plus divers : de la philosophie médiévale au rationalisme critique de Spinoza – auquel était en partie consacré ma thèse, de la pensée politico-juridique de Theodor Herzl au débat contemporain sur la nature du système juridique israélien, que l’occasion de contribuer modestement au magnifique Projet Sifriaténou m’a aussitôt enchanté. 


Nadine

Nadine PICARD
Après des études d’anglais, suivies d’un séjour de trois ans aux Etats-Unis où j’ai enseigné le français, j’ai fait une carrière classique de professeur certifié puis agrégé d’anglais, d’abord en collège, puis en lycée à Strasbourg.
Le hasard a voulu que parallèlement à mon enseignement, je traduise, en collaboration, trois ouvrages américains ayant trait aux études de genre (Gender Studies) :
David M. Halperin, John J. Winkler, Froma I. Zeitlin (ed), Bien avant la sexualité : L’expérience érotique en Grèce ancienne ; Gleason Maud W., Mascarades masculines : Genre, corps et voix dans l’Antiquité gréco-romaine  ; Winkler John J., Désir et contraintes en Grèce ancienne
Parvenue à l’heure de la retraite, j’ai pu me consacrer à une cause qui me tenait à cœur : depuis dix ans, j’accompagne les migrants sans papiers dans leurs démarches administratives et juridiques, au sein d’une association dans laquelle je coordonne également des ateliers socio-linguistiques.


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Didier POURQUIÉ
Né dans une famille où le libéralisme ambiant considérait l’enseignement comme le terreau le plus sûr de la paresse et du mauvais esprit, j’ai passé une Agrégation de Lettres avec la conviction de trouver un métier idéal pour réaliser mon rêve : écrire des romans. De mes trente années d’exercice en tant que professeur de Lettres, outre que j’ai appris la méfiance à l’égard des préjugés familiaux, j’ai tiré bénéfice de cette carrière qui nous promène, au gré des programmes, sur des chemins toujours nouveaux. Je n’ai aucune spécialisation dans la culture juive mais, ayant le privilège d’exercer en CPGE au lycée Montaigne de Bordeaux, j’ai été amené avec mes classes de scientifiques à travailler sur le roman de Philip Roth, Le complot contre l’Amérique. Il est possible que ma petite expérience de romancier ait influé sur mon approche assez peu universitaire de l’ouvrage. Je suis ravi à l’idée que ce travail puisse contribuer, de quelque façon que ce soit, au Projet Sifriaténou.


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Marie-Laure REBORA
Elève à l’Ecole Normale Supérieure, au département des Sciences de l’Antiquité où j’étudie l’histoire et la littérature des mondes romain et grec, je travaille, dans le cadre de mon Master 1, sur les inscriptions des catacombes juives de Vigna Randanini, situées sur la via Appia, à Rome, ce qui me permet de concilier deux champs de recherche qui me passionnent : d’une part, l’histoire de la Rome antique, et notamment de la société romaine et de ses usages, et, d’autre part, les études juives, à travers une perspective épigraphique, les inscriptions constituant la principale source permettant d’appréhender de nos jours la présence, dès cette période, d’une communauté juive fortement développée dans la péninsule italienne. Je m’intéresse donc à la place des Juifs à Rome et à leurs rapports avec la société romaine, entre insertion et affirmation d’une spécificité propre, problématique qui parcourt à peu près l’ensemble de l’histoire du peuple juif, et plus particulièrement celle de sa diaspora.
Je suis par ailleurs depuis longtemps fascinée par la culture juive (j’apprends l’hébreu et l’hébreu biblique, deux autres de mes passions), et notamment son rapport très fort au Livre et aux livres, qui a beaucoup nourri ma réflexion, principalement à travers la lecture d’auteurs tels que Kafka, Schnitzler, Zweig, Celan, Babel, Bashevis Singer, Ilse Aichinger, Etty Hillesum, Anne Frank ou Elie Wiesel, et plus récemment la poétesse Rachel. Je participe également, avec des camarades de l’ENS et de l’EHESS, à l’organisation d’un séminaire consacré aux études juives à l’ENS (AREJ)
Je suis donc tout naturellement ravie de contribuer à Sifriaténou, un beau projet d’échange et de convivialité ! Au plaisir donc de pouvoir partager avec vous mon intérêt pour l’histoire du judaïsme antique ainsi que mon amour pour la culture juive, sous toutes ses formes


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Fabrice ROMANET
Je dirai simplement que l’Histoire est au coeur de mon existence. Au cœur de ma profession (enseignant d’Histoire-Géographie pour l’Education Nationale), au cœur de mon engagement (correspondant du Mémorial de la Shoah dans l’Académie de Lyon), au cœur de mon attachement à la transmission (enseignant certes, mais aussi formateur et auteur) et à la recherche (réflexion sur les rapports entre le régime de Vichy et l’enseignement secondaire). D’abord nourri d’anthropologie médiévale, je me suis progressivement tourné vers l’histoire contemporaine au prisme des violences de masse et des génocides ; pour me confronter à la construction des identités et à la crispation des univers mentaux.
Lorsque Patrick Sultan m’a contacté pour contribuer au Projet Sifriaténou, les mots de Aharon Appelfeld dans Adam et Thomas me sont alors revenus : « Quand on rencontre quelqu’un, c’est signe que l’on devait croiser son chemin, c’est signe que l’on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d’elle est contenue la promesse d’une découverte ». Sifriaténou est de celle-ci.



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Cécile ROUSSELET
J’achève actuellement mon doctorat en Littérature Comparée (Paris 3 Sorbonne-Nouvelle et Sorbonne-Université) tout en enseignant les Lettres Classiques, au Lycée Saint-Louis de Gonzague à Paris.
Ma découverte de la littérature yiddish est le fruit de hasards et de rencontres.  Celle de Mme le Professeur Carole Ksiazenicer-Matheron a joué un rôle décisif : elle me mit entre les mains Ennemies : A Love Story d’Isaac Bashevis Singer, roman qui ne m’a plus quittée. Cette enseignante dirige ma thèse qui porte sur les personnages féminins dans les romans russe et yiddish au XXème siècle. Des nouvelles de Fradl Shtok aux fresques historiques d’Israël Joshua Singer, je trouve dans ces romans des questionnements qui me passionnent depuis de nombreuses années désormais.
J’ai eu la chance de les approfondir aussi à l’Université d’Oxford et lors de séjours d’étude à New York University ; je me suis intéressée à de très nombreux domaines qui nourrissent aujourd’hui mon travail : littérature française et étrangère, psychologie, psychanalyse, criminologie, musicologie… Et c’est au croisement de toutes ces disciplines que je construis ma réflexion. J’adhère profondément à l’idée du comparatisme, « herméneutique de la défamiliarisation » selon la formule de Françoise Lavocat, décentrement du regard. Et c’est dans cette perspective que je me réjouis de participer  au Projet Sifriaténou.


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Annelies NORDHOLT SCHULTE
J’ai fait des études de philosophie et de littérature française à Paris et à Amsterdam.
J’enseigne actuellement la Littérature Française à l’Université de Leiden, Pays-Bas. Spécialiste de Blanchot et de Proust, sur qui j’ai publié des monographies, je suis l’auteur de bon nombre d’articles sur la littérature moderne et contemporaine et de l’essai : Perec, Modiano, Raczymow. La génération d’après et la mémoire de la Shoah (Amsterdam, Rodopi, 2008). Je travaille actuellement sur la représentation de l’espace urbain dans la littérature d’après-guerre et prépare une monographie sur le thème des lieux chez Georges Perec.


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Aliza SMILEVITCH
Je suis étudiante en licence de Lettres Modernes à Paris-Sorbonne. La littérature comparée est mon domaine favori. Bien que j’aie grandi dans une famille où l’étude et la pratique de la Torah font partie de la vie quotidienne, c’est seulement à l’Université que j’ai découvert plusieurs écrivains marqués par leur judéité. Cette littérature a su me happer par sa pluralité et sa complexité. Elle me semble exprimer en profondeur les préoccupations d’un peuple en diaspora.
Je dirais que la littérature (profane) fait partie de ma vie au même titre que la Torah Ce sont deux aspects complémentaires de mon existence : quand l’une est trop obscure, l’autre sait ramener la clarté. C’est donc avec joie que je participe au Projet Sifriaténou et avec un vif intérêt que je compte en suivre l’actualité !


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Patrick SULTAN
Agrégé de Lettres Classiques et Docteur en Littérature Comparée (Littératures postcoloniales), j’ai enseigné dans diverses écoles juives et dans le public, au collège, au lycée puis en Classes Préparatoires, ainsi qu’à l’Université de Polynésie Française et de Martinique. Depuis la fin de mes études de philosophie et de Lettres, je n’ai cessé de m’intéresser, à divers titres, aux diverses formes de la civilisation juive.
J’ai eu la chance d’écrire dans la Quinzaine Littéraire, de 1998 à 2012, sous la direction bienveillante de Maurice Nadeau et d’Anne Sarraute : je recensais des ouvrages consacrés au judaïsme ainsi que des romans de littérature post-coloniale.
Grâce aux relectures minutieuses de ce grand humaniste qu’est le Professeur Pierre Campion (À la littérature), j’ai également beaucoup appris en corrigeant mes… solécismes, mes maladresses d’expression, mes obscurités.  
À Tahiti, de 1999 à 2001, la mise en place de l’antenne polynésienne pour site new-yorkais (CUNY) consacré aux littératures insulaires, m’a amené à travailler autrement avec mes étudiants et mes collègues de l’UPF.
À présent, je passe le plus clair de mon temps dans Sifriaténou/Notre bibliothèque,  à … lire et à relire, bien sûr!


Menahem:Maximilien

Menahem TEMIN
Pleinement engagé dans l’étude de la Torah sous ses formes variées, j’essaye de mettre à profit , du mieux que je le peux, les compétences que ma formation universitaire (Sciences Po Paris, University College of London) et mon métier (conseiller en relations publiques) m’ont permis d’acquérir : saisir rapidement l’esprit d’un texte juridique pour pouvoir le synthétiser (Halakha/Loi) ; conceptualiser facilement pour cerner les questions philosophiques (Moussar/Éthique, Ma’hachava/Pensée) ; être rigoureux dans l’analyse pour interpréter un texte talmudique. C’est donc avec joie que je participe régulièrement au Projet Sifriaténou.
Je n’ai pas grandi dans une famille religieuse, mais j’ai acquis très jeune la certitude qu’on ne pouvait pas connaître l’autre et se dire ouvert sur les cultures étrangères sans être chez soi dans la sienne propre. C’est ainsi que, par l’étude, je m’efforce de détruire, en moi tout d’abord, les préjugés et les erreurs dont une éducation traditionnelle ne nous préserve pas toujours.


Aurélie Touraine

Aurélie TOURAINE
C’est à l’Université de Polynésie Française que j’ai eu la chance de rencontrer Patrick Sultan. Ses cours et conseils m’ont guidée dans ma découverte des littératures « francophones » et insulaires, de Léopold Sédar Senghor à Ananda Devi, de conférences en rencontres, de (rêves de) voyages en expositions, autant d’occupations que j’affectionne … mais pour lesquelles le temps se fait plus rare depuis la naissance de ma petite !
Pourtant, tellement de lectures, de découvertes restent à faire, et tant de liens à nouer ! Je saisis, en contribuant au Projet Sifriaténou, l’occasion de revenir à une certaine écriture du partage des œuvres.
Partage au cœur de mon choix du métier de professeur : certifiée de Lettres Modernes, j’enseigne en collège et répète à mes élèves ébahis que, oui, j’ai lu les livres que je leur fais étudier et, oui, j’en lis même d’autres par plaisir sans y être obligée !


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Alexis TYTELMAN
Ayant suivi un double cursus, entre Sciences Po Paris et Paris IV, en philosophie et en sciences politiques, je travaille actuellement comme journaliste indépendant auprès de plusieurs médias, tout en assumant le rôle de label manager du collectif Curuba Records.
J’ai été élevé en banlieue parisienne dans une famille juive se définissant elle-même comme « traditionaliste ». Après mon baccalauréat et dix ans de scoutisme assidu au sein du mouvement des Éclaireurs Israélites de France, j’ai suivi un programme aux contours aussi vagues qu’il était passionnant : « Philosophie et Sciences Sociales ». Échange universitaire à Toronto (où je découvre en même temps l’existence des Jewish Studies, l’École de Francfort et la poutine) : double-vie étudiante et multiples engagements associatifs… Ces années ont été intenses sur tous les plans.
Aspirant alors à la recherche, j’emprunte la voie du Master « théorie politique » de Sciences Po et, en parallèle, intègre le master de philosophie contemporaine de l’ENS de la rue d’Ulm. Je réalise notamment sous la direction d’excellents professeurs deux mémoires qui me conduisent à naviguer entre anthropologie, French Theory, méta-éthique à la sauce Emmanuel Levinas, Postcolonial Studies et, esprit tordu oblige, éthique appliquée « minimale » tendance Ruwen Ogien. À ma grande surprise, après six ans de déconstruction universitaire obsessionnelle, je me découvre finalement une sorte « d’humanisme critique » inspiré par celui qui fut, pour moi, un des enseignants les plus marquants de l’ENS : Francis Wolff.
Cependant, à l’issue de ce parcours, je ne me sens, pour le moment, ni prêt, ni sûr de bien vouloir assumer la solitude de la vie du chercheur. Pour l’instant, je consacre une grande partie de mon temps à d’autres passions. Très actif en région parisienne, sillonnant l’Europe en compagnie de mes acolytes, je gère la partie « label » d’un collectif que j’ai co-fondé, ; Curuba. En parallèle, je travaille, en tant que journaliste indépendant, dans deux médias spécialisés : Trax Magazine et Zicplace. Écrire, lire, composer, découvrir : voilà mon quotidien !
Très attaché aux cultures juives et, en particulier, à la philosophie juive moderne et contemporaine, je suis enchanté de rejoindre le Projet Sifriaténou afin de partager mes lectures et réflexions !


Marisa Verna

Marisa VERNA
Je suis née dans une petite ville du Piémont, au sein une famille ouvrière très gourmande de livres et de tous les produits de l’esprit humain. Le bonheur de lire a marqué ma première enfance et donné une forme à toute ma vie. À l’âge de quinze ans j’ai « débarqué »  en France, pour rendre visite à une cousine, et j’y ai découvert… une  pluralité d’univers. La ville de Paris a été, et continue d’être, le plus grand amour de ma vie, et les grands amours sont féconds : ma passion pour la littérature française est certainement née de cette première rencontre, ainsi que la forme de cette passion, qui reste plurielle, quelque peu nomade, essentiellement « étrangère », toujours bancale entre deux mondes.
C’est cette forme ouverte et déliée, ce refus d’une identité trop affermie et sûre d’elle même qui m’a rapprochée de la culture juive, via ma rencontre avec Marcel Proust, que j’étudie depuis une vingtaine d’années sans courir le risque de m’en lasser. Dans son oeuvre, j’ai découvert ce qui m’attirait déjà dans ce que je savais de l’histoire et de la culture juives : le mouvement perpétuel d’une terra incognita qui, cela est certain, bouge. J’ai étudié ce thème et les formes qu’il prend dans la Recherche du temps perdu, mais je me suis aussi perdue dans Max Jacob, Albert Cohen, Franz Kafka, Moni Ovadia, dans tant d’autres. Tout en n’étant pas juive, je me sens donc très proche d’une civilisation que je ne prétends pas connaître mais qui agit comme un aimant dans mon histoire culturelle et personnelle.
J’enseigne le littérature et la culture françaises à de jeunes Italiens, dans le cadre de l’Université catholique de Milan. Je me considère ainsi comme une « passeuse », comme l’ont été tant de Juifs pour tant de cultures, et partout dans le monde.


Laurence WALBROU
C’est un visage émacié aux yeux hantés, sur la couverture d’un magazine L’ Histoire, qui m’a agrippé l’âme, alors que j’avais neuf ans. Jamais je n’ai pu l’oublier. Ma soif de comprendre comment le drame de la Shoah avait pu être possible a commencé là. Avec ce questionnement d’enfant, une attirance irrésistible et jamais démentie envers le peuple juif et sa culture a fait son chemin en moi, la chrétienne, comme si l’écho lointain de racines communes vibrait et devait s’exprimer.
La lecture du Journal d’Anne Frank, puis la découverte de Primo Levi et à sa suite la lecture de bien d’autres écrivains ont approfondi, au fil des ans, ce lien aussi fort qu’inexplicable. Une vie bouleversée d’Etty Hillesum est devenu mon livre de chevet, allié essentiel des tempêtes de la vie. Des voyages éblouis en Israël et de profondes amitiés ont forgé sur plusieurs décennies un lien fort entre le peuple juif et moi.
Il me restait à apporter une contribution tangible pour le célébrer. Aussi, grande avait été ma joie de découvrir l’existence et le parcours des Justes, honorés à Yad Vashem, ces êtres de toutes conditions, horizons ou confessions qui s’étaient opposés aux forces obscures.
 Après deux années de rencontres et recherches passionnées, j’ai publié un livre qui, je l’espère, leur rend hommage :  Quelques Justes parmi les Hommes : des juifs et des chrétiens face à la barbarie .
C’est un travail que de garder la mémoire. Orthophoniste depuis plus de trente cinq ans, mon métier me donne aussi l’opportunité, par choix, de me consacrer, sur un autre plan, à cette faculté, puisque les patients que j’accompagne, atteints de la maladie d’Alzheimer, sont à la poursuite de leurs souvenirs dans une épuisante course contre la montre.
Contribuer au Projet Sifriaténou est, dès lors, pour moi à la fois un honneur et une grande joie : les belles rencontres ne doivent rien au hasard, telle est ma conviction !



Philipe Zard:Photo

Philippe ZARD  
Maître de conférences (HDR) à l’Université de Paris-Nanterre.
Si « le lyrisme est le développement d’une exclamation », selon le mot célèbre de Paul Valéry, la recherche universitaire n’est souvent que le développement d’une interrogation, dont il serait vain de nier les soubassements existentiels.
Il y a une grandeur dans la fidélité et une grandeur dans l’infidélité, une grandeur des traditions et une autre dans le geste qui s’en affranchit. La littérature n’aide sans doute pas à surmonter ces antinomies, mais parfois à en explorer les paradoxes. Mon premier livre, La Fiction de l’Occident. Thomas Mann, Franz Kafka, Albert Cohen (PUF, 1999, Collection Littératures européennes), explorait les tensions qui nourrissaient la culture européenne et la modernité occidentale, entre appartenance et désaffiliation, disponibilité à l’héritage et tentation de la table rase. Mon dernier ouvrage, De Shylock à Cinoc. Essai sur les judaïsmes apocryphes (Garnier, 2018, Collection Perspectives comparatistes), prolonge ce questionnement à travers l’examen de quelques métamorphoses de la « question juive » dans la littérature européenne, des variations dramatiques ou romanesques sur le « Juif charnel » (Shakespeare, Lessing, Joyce) à l’invention moderne de judéités de contrebande (de Kafka à Modiano).
Si, par là, ma réflexion se place partiellement sous les auspices du renouveau actuel des «études juives», je reste de ceux que gêne l’invocation intempérante de la notion d’«identité», dont il importe de réguler et de clarifier l’usage. La détermination de quelque « point J » m’intéresse moins que la manière dont se noue et se négocie, dans l’écriture, la rencontre entre européanité et judéité, les altérations et les secousses spécifiques qu’elle suscite… À tout prendre plutôt que par le point J, je serais intéressé par le « petit juif », ce nerf très sensible, situé au niveau du coude, qui provoque des décharges électriques quand on vient à le heurter. Et tout laisse à penser que l’Europe a périodiquement mal à son petit juif…


37 commentaires

    1. Merci, au nom de de toute l’Équipe, de vos encouragements! Bientôt, en janvier 2020, vous pourrez lire les articles (recensions ou traductions) qu’ils sont, actuellement, soit en train de rédiger, soit en train de corriger… Amicalement, P.S.

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    2. C est une veritable decouverte de rencontrer tous ces auteurs,leur parcours et leurs ouvrages.Au plaisir de vous rencontrer lors d une reunion ou d un colloque. Felicitations.
      Francoise Bloch
      Psychanalyste

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  1. Je vous remercie beaucoup Patrick Sultan de m’avoir invitée et de m’ouvrir la porte à ce prochain site qui sera passionnant, je n’en ai aucun doute. Cela tombe tellement bien pour moi qui suis de plus en plus en recherche de ce que vous nommez « livres juifs » et d’ouvrages sur la philosophie juive. Merci. J’attends avec impatience. Et si vous êtes Orléanais, nous pouvons peut-être échanger autour d’un café. A bientôt donc. Joelle Lewi

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  2. Cher Patrick,
    Votre site est admirablement ambitieux et intéressant. Votre équipe nous promet des moments magnifiques de découvertes et de qualité.
    Bravo de toute ma sincérité!!!
    Amicalement,
    YAËL König

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    1. Merci Aline! Nous sommes très honorés. Merci de faire connaître ce Projet Sifriatenou dans votre entourage ou parmi vos relations aux personnes susceptibles de s’y intéresser. Abonnez-vous (c’est gratuit et le restera): vous recevrez ainsi directement les nouveaux articles au moment de leur mise en ligne. P.S. Pour l’ÉQUIPE

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  3. Je suis reconnaissante à mon amie Paule Farhi de m’avoir fait connaître Sifriatenou. Quel projet magnifique ! Quelle équipe super ! Je suis en appétence et me réjouis d’avance de ces bonnes lectures : je passe beaucoup de temps à lire des « livres juifs » et apporte une modeste contribution à la traduction de midrashim dans le cadre de la collection « objectif transmission ». Bravo pour cette belle initiative !

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    1. Merci Huguette pour ces encouragements chaleureux! « Objectif transmission » … c’est une formule martiale et énergique. Bravo à vous pour cette activité de traduction qui converge avec le Projet Sifriatenou!

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  4. Merci au miracle numérique qui m’a fait rejoindre votre groupe. Mais surtout merci à vous pour cette initiative passionnante. bien cordialement Yankel

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  5. Monsieur ,je vous remercie de me permettre d’avoir acces aux publications des membres de Sifriatenou. je suis convaincu d’y dècouvrir une source nouvelle de connaissances ,et la promesse d’un bonheur illimitè. sincerement Charles sultan

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  6. Admirer les cursus de chacun des membres de cette équipe ne suffit pas, ce qui est encore plus admirable c’est leur volonté de mettre en commun leur intérêt, leur analyse, leurs connaissances au service d’une culture qui est sans cesse en question et en devenir : le judaïsme. Et en disant judaïsme j’ai le sentiment d’ouvrir l’océan.

    Aimé par 1 personne

    1. Oui, Irène! vous avez raison. Le Projet Sifriaténou est résolument collectif ; on n’est pas trop de tous, ensemble, pour le réaliser! Rien à vendre, tout à partager! Merci d’y participer, déjà , en tant que lectrice.

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  7. Bonjour, je découvre Sifriatenou cet après-midi et j’y entre avec la phrase qui chaque jour m’encourage : « On ne peut prendre prétexte de l’immensité de la tâche pour prétendre au droit de s’y soustraire ». (Léon Askenazy dans « La parole et l’écrit »)
    Merci à vous et plus encore.
    Pierre Abgrall

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