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Sifriaténou/ספרייתנו

Notre bibliothèque


Juliette ADAMS
La littérature s’est faite passeuse entre la judéité et moi. C’est elle qui me lie à la culture juive. La découverte de l’histoire de la Shoah m’a amenée à elle, et ce sont les textes, essentiellement ceux de Primo Levi, d’Elie Wiesel ou d’Etty Hillesum dans un premier temps, qui m’ont éclairée sur l’Événement, éclairée par l’émotion qui fut la mienne à la lecture de ces récits. Puis, de l’Histoire à l’individu, il n’y a qu’un pas. Ou il n’y en a pas. Je crois que lorsqu’on s’intéresse à un peuple, on s’intéresse à son identité, à sa religion, à ses traditions, à sa langue, à ses langues et à tout ce qui fait que ce peuple est ce qu’il est, dans son essence. Et, dans mon cas, je me suis intéressée à ses livres, à la façon dont les auteurs écrivent la judéité qui est la leur.
Professeur de Lettres dans l’enseignement secondaire, je prépare actuellement dans le cadre d’un Doctorat de Littérature Française (Université de Lille 3) une thèse sur la nouvelle écriture de la Shoah au début des années soixante. Je consacre ma recherche aux romans d’Anna Langfus et de Piotr Rawicz.
Ma participation à Sifriaténou est certes liée à mes recherches et à mon désir de continuer à lire et à comprendre l’écriture de la judéité, quel que soit son contexte, mais aussi, je crois, aux bonnes rencontres faites au bon moment.

Thomas-Yitzhak de ALMEIDA
Je suis étudiant en Master d’histoire contemporaine à l’Université de Cergy-Pontoise. Mes travaux portent sur la pensée sioniste, notamment sur le courant dit « révisionniste » initié par Vladimir Jabotinsky. N’ayant pas grandi au sein d’un milieu juif, j’y suis venu par moi-même et partage désormais, depuis plus de deux ans, mon temps entre les études profanes et l’étude de la Torah alliée à sa pratique. J’ai été professeur au Talmud Torah du Mouvement Juif Libéral de France. Si Dieu veut, je souhaite, après l’acquisition de mon Master, entreprendre des études rabbiniques en même temps qu’un doctorat, toujours en histoire de la pensée sioniste. Lire fut ma première passion, et aujourd’hui les livres juifs, quelque forme qu’ils prennent, restent mon plus grand centre d’intérêt ; je me réjouis à l’avance de  la partager en participant au Projet Sifriaténou.


Ayala ATTIAS
J’ai poursuivi des études de philosophie à l’Université de Strasbourg et viens de soutenir mon Master II dans cette discipline. Ayant été élevé dans un milieu juif et pratiquant, je n’ai eu, finalement, d’autre choix que d’être travaillée par les questions de l’ « être juif », de l’antisémitisme, de la diaspora et de la tradition juive… 
Le Projet Sifriaténou m’a aussitôt enchanté car il me donne l’opportunité de lire et d’écrire sur ces sujets : au-delà des nouvelles réflexions que ces lectures me permettent d’élaborer, je trouve dans la rédaction de recensions approfondies une occasion propice pour développer une rigueur bénéfique à la pensée et à son expression. 


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Annelies AUGUSTYNS
J’avais douze ans quand, en classe, à l’école primaire, mon instituteur a  évoqué le destin inimaginable du peuple juif et parlé aussi de l’Holocauste. J’avais du mal à saisir cet épisode du passé. Et pour mieux comprendre, j’ai lu le célèbre journal intime d’Anne Frank, avec ma mère. Cela a suscité en moi un vif intérêt qui n’a fait que croître et s’est transformé en une véritable passion pour tout ce qui touche au judaïsme et à ses écrits. C’est pourquoi, dans les études que j’ai menées ultérieurement, je me suis attachée à la littérature judéo-allemande, à la littérature de l’Holocauste mais aussi à l’histoire et la culture juives. J’ai même appris le yiddish à l’Université d’Anvers.
Actuellement, je travaille à une thèse sur la littérature autobiographique juive-allemande à Breslau. Mes recherches portent sur les journaux intimes de Willy Cohn et Walter Tausk et sur diverses autobiographies comme celles d’Anita Lasker-Wallfisch, Karla Wolff, Fritz Stern, Walter Laqueur et Klaus Aufrichtig. Je combine ma recherche avec l’enseignement, combinaison que je considère émancipatrice, surtout parce qu’en tant qu’enseignant-chercheur, j’essaie de jouer un rôle tant scientifique que public dans la rencontre d’œuvres qui permettent de mieux comprendre l’existence juive. C’est exactement ce qui m’a menée au magnifique Projet Sifriaténou : la conviction que la littérature et la culture juives méritent une analyse détaillée et accessibles à tous, qu’elles doivent être diffusées et partagées

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Raphaël BENOILID
Quelques quatrains
Ô Captain my Captain, vous me conviez à bord
Bravant, sans hésiter, un océan d’oubli!
S’il faut me présenter, je vous dirais d’abord
Que je suis votre élève, honoré et ravi!

L’écolier que j’étais apprend son métier d’homme
De mari et d’ami, de père de famille.
Consultant SAP, ingénieur Télécom,
Je reste, des Lettres, amoureusement épris.

Et pour longtemps j’espère, l’enfant du Laboureur,
Celui dont La Fontaine nous  conte l’histoire,
À qui il fut promis les plus grandes splendeurs
S’il remuait son champ du matin jusqu’au soir.



Le Maître de Bagdad enseignait que les pierres
Du traité Béra’hot s’assemblent en «Bo Keter !».
« Remuez le Talmud avec un cœur nouveau
Pour que, de vos études, jaillisse le joyau! ».

Si je peux vous transmettre un peu de cette ardeur
Qui rend le jour plus beau et les rêves plus fous,
J’aurai gagné ma place à Sifriaténou
Dont je me réjouis d’être un des contributeurs.

Tal BENOLIEL-SFADJ
Les livres m’ont toujours entourée, grandie, émerveillée, ou même consolée.
Ils m’ont rendue proche des lointains et présente au passé.
Dans ma bibliothèque, les frontières sont abolies. J’ai accueilli avec gourmandise les littératures européennes, notamment anglaises, mais aussi américaines (du Sud et du Nord), israéliennes et orientales.
Ces livres m’ont accompagnée au kibboutz, en Israël où j’ai émigré très jeune ; ils m’ont suivie lors de mes voyages et de mes études aux Beaux-Arts, aussi bien qu’au courant d’une vie militante, associative et familiale.
J’espère réussir à partager, en participant au Projet Sifriaténou, tout ce qui fait, pour moi, de la littérature un humanisme.



Fabienne BERGMANN
J’ai grandi en France et la « culture française » m’a nourrie. Cet acquis précieux s’alliait sans conflit à un attachement au fait juif, entretenu dans ma famille et au sein d’un mouvement de jeunesse, les EI. Pourtant, j’ai toujours su que je voulais vivre en Israël : après avoir vécu avec passion mai 68 et… passé mon bac, j’ ai accompli ma ‘aliyah. Ayant étudié l’hébreu avec enthousiasme, j’ai enseigné à l’École des Étudiants étrangers de l’Université Hébraïque de Jérusalem avec la même ferveur ; j’ai beaucoup appris de mes élèves : nouveaux immigrants, Arabes d’Israël, étudiants du monde entier… 
Passant d’une culture à l’autre avec bonheur,  j’ai, finalement, fait de ce passage mon métier. Mon amour pour la littérature, mes études d’histoire, d’histoire de l’art et de traduction, mon bagage linguistique théorique ou acquis « sur le tas » sont certes une bonne formation pour ma profession, mais c’est surtout la curiosité en général, et pour ce qui est juif en particulier, qui guident mon travail. 
J’ai traduit – de l’hébreu vers le français, du français vers l’hébreu et également de l’anglais vers le français – bon nombre de livres et d’articles, des pièces de théâtre et de la poésie. Parmi mes traductions, Critique du post-sionisme, Les secrets de la création de l’Etat d’Israel, Journal de Ben-Gourion 1947-1948  ou Écrire à l’ombre de Kafka.
Traduire, c’est établir des ponts entre deux cultures. Pour les lecteurs de Sifriaténou, j’espère jouer ce rôle.


Michel BUSSIÈRE
Mon père m’a toujours élevé dans le plus grand respect dû aux Israélites. Pendant la seconde guerre mondiale, il avait été interné au stalag 325 de Ruska-Rawa (Ukraine actuelle) où tous les médecins étaient juifs et devaient soigner les prisonniers de guerre sans médicaments ni instruments. Transféré ensuite à Kobierzyn (Pologne), il avait été très marqué par son passage dans le ghetto de Cracovie.
L’exercice des fonctions de Président de Chambre dans diverses cours d’appel, n’a pas altéré mon intérêt pour les cultures religieuses. Après ma cessation d’activité, j’ai profité du temps retrouvé pour m’initier, à l’Université d’Aix-en-Provence, à langue arabe et approfondir mes connaissances dans le domaine de la culture arabo-musulmane.            
C’est avec la joie que donne le partage que je participe, dans la mesure de mes compétences, au Projet Sifriaténou.


Jean-Yves CARFANTAN
Depuis ma jeunesse protestante, j’ai gardé une forte proximité avec le peuple de la Bible.  Mais c’est au Brésil, à São Paulo notamment, que, Professeur d’économie invité  par des universités, j’ai rencontré le judaïsme.
Au départ, ma rencontre avec ce judaïsme tropical n’a pas été intellectuelle, spirituelle ou livresque. Elle a été affective. Au hasard des rencontres, je me suis lié à deux familles juives qui m’ont, pour ainsi dire, adopté et même instruit : ces descendants d’émigrés venus de Bessarabie après la Première Guerre Mondiale, qui comptent plusieurs  lettrés versés dans la haute culture juive, sont devenus mes familles d’outre-Atlantique. Les Rozenchan et Hubner ne m’ont pas seulement fait entrer dans l’intimité de la culture du pays où j’avais finalement à mon tour émigré et planté mes racines, ils m’ont intégré dans le temps, les rites, les exigences, l’histoire, les cuisines, les fêtes, les œuvres, la diversité, les inquiétudes et les passions du peuple juif. Par eux, mon attachement au Brésil est devenu plus fort au point de faire partie de mon identité.
Pour approfondir encore ces liens, j’ai suivi des cours de culture juive, d’histoire, de commentaire biblique, et bien sûr aussi dévoré d’innombrables livres qui m’ont transformé. De la littérature juive brésilienne et de la littérature juive universelle. J’ai tant reçu de ce judaïsme brésilien que je ressens désormais comme un devoir le besoin de transmettre à mon tour ce que j’ai reçu. Le Projet Sifriaténou est une belle opportunité qui s’offre pour le faire, dans la mesure de mes moyens.


Laurence CHEMLA
Juriste de formation mais éclectique électron libre, je me passionne pour la musique et l’astrophysique, les deux m’emportant « plus haut que le ciel ».
L’un de mes autres passe-temps est l’apprentissage des langues étrangères. L’étude de l’allemand, de l’hébreu et du polonais m’a permis de mieux assimiler mes acquis familiaux en yiddish.
Grâce à une formidable enseignante, Michèle de Beauregart, j’ai découvert la littérature d’Allemagne et de la Mitteleuropa, et c’est ainsi que bon nombre de mes auteurs favoris font partie de cet univers : Stefan Zweig, Thomas et Heinrich Mann, Franz Kafka, Arthur Schnitzler et tant d’autres. Sans oublier bien sûr, le plus spirituel des poètes : Henri Heine.
C’est avec une grande joie que je participe au Projet Sifriaténou qui me permettra de partager mes passions.


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Boris CZERNY
Pour  aider à soulager la souffrance humaine, j’ai autrefois rêvé d’être médecin-psychiatre. Je ne le suis pas devenu, mais au moins  ai-je essayé de comprendre la souffrance des miens en plongeant dans leur passé. Dans cette quête qui peut sembler douloureuse, j’ai découvert… la vie, le mouvement et le plaisir d’exister, une  culture d’une rare richesse.
Professeur agrégé de russe, puis Professeur à l’Université de Caen, j’ai fait connaissance avec la littérature juive en étudiant … le russe et l’ukrainien. Récemment, je me suis plongé dans un univers partagé de contes, récits et légendes traversant les espaces voisins, les cultures et les langues (le russe, l’ukrainien, le yiddish et  l’hébreu).
Depuis quelques années, je pratique plus assidûment le yiddish : j’étudie la communauté de Brest-Litovsk d’où est originaire une partie de ma famille (l’autre partie étant de la région de Tarnopol en Ukraine). Privé par l’Histoire de passé familial, je suis habité par  le désir de ramener le passé à la surface de ma vie, par l’écriture, par la recherche. Ainsi, un récent travail mené à Kiev m’a donné la possibilité de vivre ici et là-bas et de percevoir pour ainsi dire, le souffle de la guerre .
Aujourd’hui, j’essaye de recomposer la diversité de la communauté de Brest-Litovsk en retraçant le destin de ses habitants, et m’efforçant de déterminer le plus précisément possible qui ils étaient.
Juif de France comme Salomon Reinach, mais aussi Juif d’Ukraine et de Biélorussie, jamais indifférent à Israël, je ressens cette incertitude féconde de la diversité dans le Projet Sifriaténou que je suis heureux de rejoindre.


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Armand CROISSANT
Agrégé de philosophie, j’enseigne actuellement dans un lycée du sud de l’Alsace. Après des études de philosophie à Paris où j’ai notamment travaillé sur Spinoza et Marcel Proust, je me suis installé en Allemagne, au pied de la Forêt Noire. L’Éducation nationale, malgré tous ses défauts, est une merveilleuse machine à produire du clinamen : en envoyant ses fonctionnaires aux quatre coins du pays, en les faisant dévier de trajectoires qu’ils pensaient toutes tracées, elle leur permet de voir du monde, beaucoup même, et de faire des rencontres, parfois marquantes.  Croiser le chemin de Patrick Sultan, le prince de la salle des professeurs, fut ma chance – et mon malheur. Interlocuteur subtil et profond, à l’humour incomparable, il est aussi un impitoyable prédateur qui fond sur sa proie – moi en l’occurrence – pour ne plus la lâcher. Que veut-il au juste lui extirper ? Des textes, de la matière pensante couchée sur du papier : « oublie les cours, écris ». Je regimbe, je procrastine des années, mais finis par céder lorsqu’il me parle de Projet Sifriaténou. Je suis heureux de rejoindre la joyeuse équipée. Voyons où elle nous emmènera…



JeanMarc DATCHARRY
Considéré comme bourgeois dans une école de banlieue rouge, littéraire parmi des Terminales Scientifiques, puis scientifique parmi des  étudiants littéraires, populaire dans un milieu grand-bourgeois, de droite parmi des marxistes, moderniste mais réactionnaire, réactionnaire mais moderniste, populiste parmi des libéraux, Parisien au milieu de Basques, Basque au milieu de Parisiens,  juriste dans une entreprise d’ingénieurs, je peux soutenir que, ayant ainsi vécu plus d’un demi-siècle, je sais me retrouver là où je n’ai pas ma place, et même avec une certaine désinvolture.
C’est donc naturellement que je  participe à l’aventure de Sifriaténou, dont l’objet est le « livre juif » alors que je n’ai jamais écrit le moindre livre, ni, à ce jour, écrit sur quelque livre que ce soit, et que je ne suis pas juif.
Mais je me souviens bien avoir lu quelques livres autrefois, et cette expérience heureuse m’a déterminé dans l’intention de recommencer, et pourquoi pas, d’en rendre compte.
Alors, s’il faut un Candide, un regard extérieur, un débutant absolu, un Huron de service, eh bien je pourrais faire l’affaire!
C’est, en tout cas, ce rôle que je m’assigne au sein de l’Équipe  de Sifriaténou !


Anny DAYAN ROSENMAN
J’ai circulé avec beaucoup de bonheur : entre les pays (Maroc, France et Israël), entre les disciplines (les Lettres Modernes, la littérature espagnole, les études cinématographiques) et entre les établissements d’enseignement (CET, collège, lycée puis l’Université Paris-Diderot où j’ai été Maitre de Conférence en Littérature et en Cinéma).
En 1995, j’ai soutenu une thèse intitulée Deuil, identité, écriture :. Les traces de la Shoah dans la mémoire juive en France, une des premières thèses consacrées aux générations d’écriture liées à la Shoah. Puis, à partir de 1998, j’ai animé avec deux historiens, Lucette Valensi et Michel Abitbol, un séminaire  interdisciplinaire à l’EHESS, intitulé : Juifs du Maghreb et de Méditerranée qui portait sur la mémoire de l’exil. 
C’est ainsi que, dans mes travaux, j’ai interrogé l’écriture de l’Histoire au XXème siècle dans ses modalités littéraires, le rôle des mémoires traumatiques dans la transmission des identités collectives et le travail de la judéité dans les textes des écrivains juifs de langue française.
J’ai le sentiment d’avoir, par le passé, participé à de belles aventures culturelles : en étant membre de la Commission Histoire de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah ou du Jury Lettres de la Fondation du Judaïsme Français ; en conseillant la revue des Livres des mondes juifs et Diasporas en dialogue ; en créant l’émission littéraire L’histoire à la lettre ; en animant la revue Plurielles.
C’est pourquoi je suis très heureuse, désormais, de participer au Projet Sifriaténou.


Lucie Doublet

Lucie DOUBLET
J’ai découvert ce que l’on appelle parfois la « pensée juive » en travaillant à une thèse de philosophie sur Emmanuel Lévinas. Les guillemets s’imposent tant cette optique, cette manière d’aborder le monde depuis une tradition textuelle, ne se réduit pas à l’expression d’un particularisme, ni ne s’adresse à une part exclusive de l’humanité. Au contraire, les écrits lévinassiens m’ont d’abord frappée par leur puissance de signification alors même qu’une partie de sa terminologie, comme les méandres de ses écrits talmudiques, étaient étrangères à ma culture philosophique.
Cette lecture en a suscité d’autres :  Buber, Memmi, Benjamin,… J’ai rencontré des paroles à la fois diverses et portées par une inspiration commune : une autre manière de faire sens peut-être, d’engendrer l’interprétation. A travers la tradition juive m’est apparue la possibilité d’un renouvellement incessant de la pensée.
Participer au Projet Sifriaténou est donc une occasion de poursuivre ce chemin, de partager aussi l’expérience d’enrichissement que représente pour moi la fréquentation des penseurs juifs. 


Manuel DURAND-BARTHEZ
À l’âge de dix-neuf ans, en 1971, je découvre Vienne et Prague, je tombe amoureux de la Mitteleuropa et, peu à peu, mûrit en moi le besoin d’explorer ce monde multiforme, pluriethnique et d’une richesse spirituelle remarquables. Un foisonnement bien connu d’analyses, notamment à partir des années soixante-dix, a mis en valeur la quintessence juive de l’esprit viennois, ferment intellectuel et scientifique des mutations du monde moderne. J’ai tenté de l’étudier et de l’observer en adhésion avec des aspirations et des émotions toutes personnelles. 
Ma thèse, Être autrichien : la problématique de la faute chez les écrivains du début du siècle en est le reflet, comme d’autres réflexions et publications. L’adhésion à la Jura Soyfer Gesellschaft et à l’Internationaler Arbeitskreis Hermann Broch complète ce tableau viennois.
Conservateur Général des bibliothèques, j’ai achevé ma carrière à l’École des Chartes en 2018 dans son antenne scientifique et technique. Je poursuis à présent, en franc-tireur, mon activité littéraire, en explorant l’histoire de la Première Guerre mondiale et en participant désormais au Projet Sifriaténou.


David Encaoua

David ENCAOUA
Professeur d’économie à l’Université, j’ai consacré une bonne partie de ma vie à l’ enseignement et à la recherche. À l’âge de la retraite que j’ai prise en 2009, j’ai eu le plaisir de retrouver, comme après une longue absence, la culture religieuse qui a alimenté mon enfance. Issu d’une lignée de dayanime (juges rabbiniques) et rabbins en Espagne, en Algérie et au Maroc, j’ai reçu une éducation juive, mais non exclusivement juive. Vers  l’âge de treize ans, après ma bar-mitsvah (majorité religieuse), j’ai voulu tenter une expérience : voir si le ciel allait me tomber sur la tête si je commettais une transgression. La suite se passe de commentaires. Mais ce qui est moins prévisible, c’est la réaction qu’a eue mon père. Voyant que ma foi devenait chancelante, il n’essaya pas de la redresser à coups de récriminations. Il me dit simplement : « Je vois que tu deviens un apikoïrosse (mécréant). Mais au moins, garde le plaisir de l’étude ! ». Je ne le remercierai jamais assez de ce conseil qu’il me semble ne pas trop avoir trahi.
Ce qui me vaut l’honneur d’être parmi vous. Adolescent, lorsqu’on me demandait quel métier je souhaitais exercer, je répondais : comprendre le monde ! Pour cela, j’ai fait  des études de mathématique et d’économie. J’ai passé la première partie de ma vie à faire des recherches, sur des thèmes qui me tenaient à cœur : la théorie des jeux, la concurrence et les manières de la réguler, l’économie de l’innovation… Mon désir de comprendre le monde devenait cependant plus évanescent au fur et à mesure que mon CV s’enrichissait de nouvelles publications.
Mais la deuxième partie de ma vie me laisse percevoir quelque espoir que mon désir initial ne soit pas totalement vain. Elle se nourrit de pensée juive, en essayant de comprendre comment et pourquoi le judaïsme ne se laisse jamais cerner par une approche unique. Le questionnement et le ‘hidouch (le renouvellement du sens) font partie intégrante de sa substance et les sources de sa vitalité. Je tente de m’en approcher avec mes amis, notamment ceux de la communauté Massorti à laquelle j’appartiens. Pourrai-je en faire bénéficier les lecteurs de Sifriaténou ? Je le souhaite ; vous en serez les seuls juges.  


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Yaël ESCOJIDO
Je suis née à Paris en plein Mai 1968. Mais dès l’enfance, alors que j’étudiais à l’école Yabné (Paris), je me suis rendue compte que le peuple juif n’avait qu’une seule maison ; et cette maison se nomme Jérusalem. Cela fait donc maintenant trente-trois ans que j’y vis. Je suis une amoureuse inconditionnelle de cette ville et une passionnée de l’époque du Second Temple.
J’ai d’abord étudié à l’université Hébraïque de Jérusalem dans le département des « Religions Comparatives », consacrant la plupart de mes recherches au christianisme primitif. Puis des études de grec ancien m’ont fait découvrir une  littérature un  peu différente : les apocryphes et les pseudo-épigraphes qui nous permettent d’étudier la société juive d’il y a 2000 ans. A travers ces textes, je tente d’aborder un sujet bien délicat : «  L’esclavage et le Judaïsme »…
Parallèlement à ces travaux de recherches, j’ai l’immense privilège de travailler dans les tunnels du mur Occidental (dits «Tunnels du Kotel »). J’y assure, en trois langues (francais, hébreu et anglais), la fonction de guide : cette visite est incontournable pour tous ceux qui viennent visiter la Ville Sainte.

Gad FREUDENTHAL
Après des études des sciences et de l’histoire des sciences à l’Université hébraïque de Jérusalem, j’ai soutenu une thèse de doctorat, puis une habilitation, à Paris. J’ai eu la grande chance d’entrer au CNRS (en 1982), dont je suis maintenant Directeur de recherche émérite. Mes sujets de recherche se situent notamment autour de l’histoire de la philosophie et des sciences dans les cultures juives médiévales. Parmi mes publications: Aristotle’s Theory of Material Substance. Form and Soul, Heat and Pneuma (Oxford, 1995) et Science in the Medieval Hebrew and Arabic Traditions (Aldershot, 2005). J’ai en outre dirigé Studies on Gersonides—A Fourteenth-Century Jewish Philosopher-Scientist (Leyde, 1992) ainsi que (avec S. Kottek), Mélanges d’histoire de la médecine hébraïque. Études choisies de la Revue de l’histoire de la médecine hébraïque (Leyde, 2003). Jusqu’à 2019 j’ai dirigé la revue Aleph : Historical Studies in Science and Judaism.


Bernard FRUMER
Le numéro tatoué sur l’avant-bras de mon père, les visites au couvent où ma mère était cachée pendant la guerre, une tristesse au fond du regard de mes parents, l’absence de grands-parents, d’oncles, de tantes, de cousins, de cousines, des rires que je n’ai jamais entendus, et tant de non-dits m’ont fait comprendre dès l’enfance que quelque chose était différent dans notre famille. Petit à petit, par des bribes de conversations en yiddish, saisies à la dérobée, j’ai découvert l’horreur sur laquelle il m’était impossible de mettre des mots. Plus tard, le choix de mes études fut déterminé par l’histoire de ma famille : j’ai poursuivi des études de sciences politiques puis de philosophie à Bruxelles et à Paris jusqu’à l’obtention d’un diplôme de troisième cycle. Je me suis consacré pleinement à mon travail d’enseignant en sociologie et à mes recherches sur la Shoah. 
Cependant, je me suis formé ensuite à la traduction pour visiter, par la littérature, d’autres contrées.  Mais très vite, ce que j’avais, voulu faire sortir par la porte est revenu par la fenêtre. Lorsque, certifié traducteur littéraire, je proposai mes services à divers éditeurs, ceux-ci, voyant mon curriculum vitae, me donnèrent à traduire des ouvrages sur… la Shoah, le nazisme, l’antisémitisme… On n’échappe pas si facilement à ce qui semble être une destinée. J’aime la compagnie des livres, et ceux qui font (re)vivre l’histoire, la tradition, la culture juives particulièrement. C’est donc avec enthousiasme que je participe à cette belle entreprise qu’est le Projet Sifriaténou.

Stéphane GÖDICKE
De manière un peu provocante, quoique parfaitement exacte, je me présente parfois comme le petit-fils improbable d’un Juif et d’un nazi. Juif de Bessarabie du côté maternel, Allemand de Hambourg du côté paternel, l’histoire familiale est riche et complexe.
Par ma formation, j’ai creusé le côté allemand, et cette double culture n’est pas seulement un héritage mais aussi le fruit d’une appropriation patiente par le travail. J’ai donc effectué des études d’allemand en passant par l’ENS, une agrégation puis une thèse consacrée à l’écrivain autrichien Robert Musil (Désordres et transgressions chez Robert Musil). Aujourd’hui j’enseigne en Classes Préparatoires au Lycée Louis-le-Grand.
Mais le côté juif ne m’a jamais lâché. Par intérêt personnel tout d’abord, mais aussi parce que l’histoire familiale est intrinsèquement liée à l’histoire des Juifs et plus particulièrement de leur persécution, un aspect que je développe dans mon récit Mémoires fantômes.
C’est un véritable plaisir pour moi de rejoindre aujourd’hui le magnifique et ambitieux Projet Sifriaténou auquel j’espère apporter, au moins, mes compétences de germaniste.

Zoé GRUMBERG
Agrégée d’histoire (2015) et docteure en histoire (Sciences Po Paris 2020), j’ai toujours nourri une vive passion pour la connaissance du passé, pour le monde des livres et la transmission du savoir. La Shoah et sa mémoire, particulièrement, ont été au cœur de mes lectures. Ce n’est toutefois qu’en khâgne que j’ai pris conscience que je voulais faire de l’Histoire mon métier… Après un mémoire de master sur la Résistance en France pendant la Seconde Guerre mondiale, j’ai décidé que je ne pouvais pas continuer à fuir le sujet de recherche qui m’intéressait plus que tous les autres. La découverte d’un fonds d’archives sur les conseils de Simon Perego, alors lui aussi doctorant sous la direction de Claire Andrieu, a donné naissance à mon sujet de thèse : « Militer en minorité ? Le secteur juif” du Parti Communiste Français, de la Libération à la fin des années cinquante ». Ce sujet a d’ailleurs réuni – consciemment ou pas ? – deux de mes héritages familiaux.
Actuellement ATER à Sciences Po Toulouse, je fais ce que j’avais toujours rêvé de faire : conjuguer enseignement et recherche. Je me réjouis, à présent, de pouvoir partager mes lectures, en m’associant à la belle aventure de Sifriaténou.


Didier JOUAULT
Mon attachement pour la culture juive date de longtemps. Il a commencé dès ma jeunesse.
Comme bien des « élèves instituteurs » boursiers de Paris, j’ai accompli une partie de ma scolarité au Lycée Turgot, quartier TEMPLE, où se trouvait une communauté juive très diversifiée. Avec mes condisciples, ashkénazes ou séfarades, s’est établie, dans le feu des échanges et des rencontres, une riche  communauté d’émotions et d’idées. Puis cette relation se poursuivit et se consolida par une éducation privée liée à mes activités associatives. Il y a environ trente-cinq ans, je suis entré dans une Fédération d’associations de recherche du nom de « Liberté Égalité Fraternité ». Avec les nombreux amis juifs, en général laïques, qui en étaient membres, les échanges allaient bon train…, notamment lors de joyeux dîners succédant au travail.
Enfin, ce fut au cours de mes activités professionnelles que mon lien avec le questionnement juif s’est affermi : d’abord enseignant agrégé de Lettres Modernes, puis Docteur, j’ai achevé mon parcours à l’Inspection Générale : dans ce cadre, j’ai supervisé des actions mémorielles de collèges en lycées, organisé des projections-débats de Shoah, le film de Lanzmann, animé de nombreux discussions ou conférences. J’ai enfin participé à de fréquentes réunions de travail avec les représentants du réseau des établissements juifs d’enseignement, dense à Paris. On imagine les émotions, le partage d’idées et de réflexions… 
Rejoindre le Projet Sifriaténou, vous rejoindre, est pour moi, une nouvelle étape dans un cheminement que j’ai accompli dans ma vie, en proximité fraternelle, cette fois, avec « les livres juifs ».


Alexandre Journo

Alexandre JOURNO
Né en 1989, je suis ingénieur en mathématiques appliquées. Malgré une éducation reçue en école juive (Lucien de Hirsch puis Yabné à Paris), je me suis rendu compte, assez tardivement, de ma méconnaissance dans les domaines de la littérature et de la pensée juives. Après m’être intéressé avidement à la littérature catholique du début du XXème siècle et à la littérature russe au sortir du lycée, je me suis plongé, depuis quelques années, dans la lecture (sans ordre particulier), de Memmi, Zangwill, Buber, Lévinas, Néher, Agnon, Oz, Philip Roth…. En lisant, pour Sifriaténouceux qui ont éprouvé les mêmes tiraillements que ceux que je puis éprouver et qui, comme rituellement, les ont écrits, je trouve sans doute, d’une certaine façon, le moyen de compenser l’attrition de ma pratique du judaïsme.

Janka KAEMPFER LOUIS
S’il y a quelques années on m’avait demandé de définir mon identité, mentionner mes origines juives ne m’aurait probablement pas traversé l’esprit. Je ne me suis pas construite autour d’elles, du moins pas consciemment. Mes articles de presse, mes sujets de reportages à la Télévision suisse, mes activités de traductrice ne concernaient en rien la thématique juive. Je me suis beaucoup intéressée aux minorités mais jamais à celle des Juifs.
Récemment, j’ai pris le temps d’effectuer des recherches sur l’histoire de ma famille avant, pendant et après la guerre en la situant dans le contexte des relations polono-juives. Lorsque j’ai fini l’écriture de mon livre, Adieu Varsovie,  quelque chose avait changé. Je n’étais plus à l’extérieur. J’ai fini par réaliser qu’être Juive avait inconsciemment conditionné tout mon parcours d’adulte.
J’ai été et je suis encore, à mes yeux du moins, une mauvaise Juive. Encore que, en lisant Delphine Horvilleur, je commence à en douter. Elle dit avoir « renoncé à expliquer que rien ne fait davantage de vous un juif que de dire que vous n’en êtes pas un bon, et qu’il est très juif de croire qu’on n’est pas celui qu’on devrait être. C’est plutôt la certitude d’en être un « tout à fait comme il faut qui est généralement suspecte. »
Aujourd’hui, je me réjouis de participer au Projet Sifriaténou dont l’intérêt m’a tout de suite paru évident. C’est une entreprise ambitieuse, exigeante et plus que jamais nécessaire.Faire partie de cette belle aventure est à la fois un plaisir et un honneur.


Portrait D. LABADIE

Damien LABADIE
Diplômé de l’institut catholique de Paris et de l’université de Louvain-la-Neuve en philologie orientale, j’ai achevé en 2017,  à l’École pratique des hautes études, une thèse de doctorat en histoire du christianisme antique, laquelle est intitulée « L’invention du protomartyr Étienne : sainteté, pouvoir et controverse dans l’Antiquité (Ier-VIe siècle) ». Je suis actuellement chargé de recherche au CNRS (laboratoire CIHAM à Lyon).
Passionné par les langues et littératures anciennes, je me suis immergé avec ravissement dans la littérature juive lors de mes études parisiennes, où j’ai découvert, dans la langue du texte, le Tanakhe, le Talmud, les textes de Qumrân et Flavius Josèphe. Ayant beaucoup reçu de mes maîtres, c’est avec gratitude que je dispense aujourd’hui ma modeste science en enseignant l’hébreu biblique (Institut al Mowafaqa de Rabat) et en publiant des articles et ouvrages sur le sujet, notamment sur les manuscrits de Qumrân.
Passé chez les catholiques pour mes études, converti entre-temps au protestantisme, je reste, en toute saison, amoureux de la culture et de la spiritualité juives. C’est pourquoi, à l’appel de Patrick Sultan, tel Matthieu devant Jésus dans la scène magistralement saisie par le Caravage, il n’était guère possible de résister : je me suis levé et je l’ai suivi. J’entrevois ainsi, enthousiaste et imperceptiblement craintif, cette nouvelle vocation de contributeur au Projet Sifriaténou, pour lequel j’espère partager quelques-unes des réflexions glanées au cours de mes lectures sur l’histoire du judaïsme antique et médiéval, la littérature hébraïque ancienne, ou encore les relations entre judaïsme et christianisme naissant. Surtout, je me réjouis à l’idée d’en apprendre autant, sinon davantage, sur les « livres juifs » grâce à l’inlassable et savoureuse lecture des essais que signent les membres de l’Équipe.


JLL 2019

Jean-Luc LANDIER
Peut-on rechercher à la fois l’Unique et l’Universel? Peut-on se revendiquer d’ une culture et d’une histoire singulières tout en prônant les valeurs universalistes des Lumières? J’ai, au cours de mon itinéraire intellectuel et spirituel, cherché à concilier ces deux aspirations. Malgré mon vif intérêt, dés l’adolescence, pour l’histoire, j’ai toutefois, au terme de mes études supérieures (IEP Paris, Droit, IAE), privilégié les contraintes de l’existence, en menant à bien une carrière dans les métiers financiers d’institutions bancaires. L’expérience que j’y ai acquise m’a permis d’analyser, de l’intérieur, les mécanismes économiques et financiers qui régissent nos sociétés. Toutefois, je n’ai pas trouvé, dans cette pratique, la compréhension en profondeur que seule une perspective historique pouvait apporter. L’identité juive, essentielle à mes yeux, a été longtemps réservée au domaine privé, conformément au modèle français de la laïcité auquel je demeure fidèle.
Ce n’est qu’en 2001 que j’ai pu concilier judéité et engagement dans la cité en participant à la création de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, institution que j’ai co-dirigée pendant plus de dix ans. Bien que, avant tout, responsable du pilotage financier de cette puissante institution, j’ai été associé à des projets majeurs pour le développement de la culture, de l’histoire, de la mémoire juives. Je renouais ainsi avec mes engagements premiers.
Je me consacre, à présent que ma carrière est parvenue à son terme, à mon domaine de prédilection : l’histoire juive moderne. J’ai ainsi proposé à plusieurs institutions et associations de présenter mes travaux sous la forme de conférences-débats et j’y ai trouvé l’occasion d’échanges toujours fructueux, qui me conduisent à aller toujours plus loin sur un chemin de perfectionnement. Partageant pleinement les valeurs qui inspirent le Projet Sifriaténou, j’y contribue volontiers.


Alena LAPATNIOVA
Traductrice du biélorussien quand mon travail principal et mes enfants me le permettent, je creuse l’histoire de mon pays d’origine, la Biélorussie et m’efforce de la faire découvrir aux autres, tant par mes traductions que par l’organisation d’événements culturels. 
Le passé juif d’une Biélorussie, qui faisait jadis partie du Yiddishland, est largement oublié ou ignoré à l’intérieur du pays comme à l’extérieur. Aborder le sujet de la Shoah était interdit pendant toute l’existence de l’URSS ; les autorités n’acceptaient de parler que des « victimes soviétiques ». Ce passé fait, aujourd’hui, de discrètes apparitions dans la presse indépendante biélorussienne, sans jamais entrer dans l’histoire officielle du pays. Dans mes recherches, j’essaie de reconstituer ce passé qui concerne tant les Juifs que les Biélorussiens, témoins, ou parfois acteurs, de la tragédie.


Clément de LA VAISSIÈRE
Après être passé à l’ENS de Paris et y avoir étudié la littérature et la linguistique, j’ai obtenu l’Agrégation de Grammaire en 2018. J’enseigne actuellement les Lettres Classiques dans un lycée près de Paris.
Je me suis souvent demandé d’où me venait mon intérêt, ma curiosité brûlante pour le monde juif, et notamment pour le judaïsme ashkénaze d’Europe de l’Est. Issu d’une famille catholique pratiquante, sans racine en Europe orientale, rien a priori ne m’y destinait, si ce n’est de la curiosité et une grande avidité à découvrir les langues et les cultures. Des rencontres anciennes aussi et des amitiés avec des Juifs. Un amour pour la musique klezmer, dont les mélodies me séduisent profondément. Un attrait puissant pour la langue yiddish que j’arrive en grande partie à décoder grâce à l’allemand. Un goût pour l’humour juif, auquel Rabbi Jacob m’a sans doute initié…
Une attirance pour une culture et une spiritualité qui m’arrachent à mes déterminations immédiates, mais qui éclairent d’un jour nouveau ma tradition chrétienne. Mais aussi un sentiment de deuil par rapport au Yiddishland, qui a disparu au cours de la seconde guerre mondiale, allié au désir d’en savoir plus sur la vie que menaient des millions de victimes de la Shoah, sur leur langue, leur spiritualité.     
C’est donc assez naturellement que j’ai lu de la littérature yiddish – en traduction : Y.L. Peretz, les deux frères Singer, Sholem Aleykhem, de la poésie… Aussi, le Projet Sifriaténou m’a-t-il paru une belle occasion d’échanger et partager mon intérêt pour certains ouvrages, pour certains « sforime » qui m’ont marqué et touché. Ce projet a d’autant plus de sens qu’à mes yeux, le monde juif est cimenté par un rapport singulier et extrêmement fécond aux livres.

Claire LEIBOVICH
Après des études de lettres à l’Université d’Oxford et au King’s College London, je prépare actuellement un doctorat en littérature francophone postcoloniale, consacré à l’œuvre d’Albert Memmi.
En lisant des auteurs aussi différents que Kafka, Isaac Bashevis Singer, Primo Levi, Ruth Klüger, Albert Memmi et Paul Auster, je me pose à mon tour la question que tant se sont posés : être juif, finalement, qu’est-ce que cela veut dire ? Je suis convaincue que la littérature, qui est « à la recherche de la vérité », est une manière privilégiée de comprendre l’expérience juive. 
En prenant part au Projet Sifriaténou, je me propose de lire et découvrir davantage la littérature juive, mais aussi et surtout de rencontrer et d’échanger avec des personnes qui partagent mes intérêts. 

Iris Lévy

Iris LÉVY
Diplômée d’HEC Paris, je suis titulaire d’un Master de l’Université Paris I en Histoire contemporaine, discipline qui constitue pour moi une porte d’entrée privilégiée vers les études juives.
En travaillant successivement sur l’histoire des Volontaires Juifs de France et d’Afrique du Nord engagés dans les conflits israélo-arabes depuis 1948, puis sur l’histoire du Fonds national juif – plus connu sous son acronyme hébreu KKL, Kérene Kayémeth LeIsraël –, j’ai interrogé des sujets qui me sont chers : l’histoire du sionisme mais aussi celle des relations entre Israël et la diaspora, dans leur richesse et leur complexité. Complexité car en dehors de la ‘aliya, l’attachement des Juifs de l’exil à la Terre d’Israël se manifeste depuis la fin du XIXème siècle sous de jours multiples, allant du soutien philanthropique, moral ou spirituel à l’appui politique. Ni recrue ni rivale, la diaspora se situe souvent dans cet « entre-deux », partenaire du projet sioniste sans toutefois souscrire à l’idéal du rassemblement des exilés (« Kibboutz Galouyote »). Comment construire, dans ces conditions, son identité juive ?
Cette interrogation, qui m’invite à mêler réflexions existentielles et recherches académiques, me passionne. Aux côtés des archives historiques, les ouvrages d’auteurs comme Stefan Zweig, Albert Cohen, Albert Memmi ou Philip Roth se révèlent une source de plaisir et de réflexion inépuisable. Actuellement consultante en innovation sociale à Paris, j’envisage, un jour, de poursuivre mes recherches en thèse, à l’Université Hébraïque de Jérusalem. 


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Solange LIVANIS
Tombée dans la marmite du grec quand j’avais douze ans, je m’y suis trouvée bien. La potion contenait aussi des morceaux de latin et de littérature française, c’était bon aussi. Un jour, j’ai découvert un morceau inhabituel dans ce bouillon de culture : le grec dit moderne. « Ce fut comme une apparition ». Je m’y suis accrochée, je m’y suis plu. Voilà pourquoi, du grec ancien, je suis passée au grec moderne et de l’agrégation de Lettres Classiques à un Doctorat de Littérature néo-hellénique.
Quel rapport avec les « livres juifs » ? Le fait que j’ai traduit, de Iakovos Kambanellis : Mauthausen, récit des deux années qu’il a passées dans ce camp ; non-juif, ce dramaturge et poète a été particulièrement sensible au sort fait aux Juifs. En travaillant sur cette oeuvre, je me suis interrogée plus largement sur le rapport que les écrivains néo-helléniques entretiennent avec le judaïsme. J’aimerais approfondir cette question dans les années à venir. En participant à l’aventure de Sifriaténou, je me réjouis de m’instruire dans ce domaine tout autant que de partager mes lectures.


Ismaël LOUBATIÈRES
Mon vif intérêt pour les religions, pour le peuple juif, son histoire, sa religion et sa culture, s’est éveillé tôt. Je le dois tout d’abord à mon père, catholique et très philosémite puis aussi à une de mes enseignantes, professeur d’histoire au collège, Madame Bourgoin.
Au cours de mes études universitaires, j’ai été conduit en préparant mon master d’histoire à Paris IV, à approfondir certains thèmes des relations religieuses entre Juifs et Chrétiens au XVIème siècle. J’ai parallèlement tenu à élargir mon champ de connaissances sur tous les aspects de la vie juive en obtenant le Diplôme Universitaire d’Études sur le Judaïsme (DUEJ) à Paris I.  
Passionné également par l’univers du livre, j’ai travaillé en archives et dans le monde de l’édition. J’enseigne l’Histoire-Géographie dans le secondaire.
Je suis donc très heureux de rejoindre le Projet Sifriaténou qui satisfait à la fois mon goût pour la culture religieuse, pour l’histoire  et pour les livres.


Dominique MACABIES
Élevé dans une famille catholique très pratiquante, je suis devenu protestant. Et voilà qu’à la vénérable soixantaine, je découvre dans notre maison familiale un certificat gravé sur cuir, nous révélant en latin que, par mère interposée, j’appartiens à une lignée « conversos », émigrés d’Espagne ! D’où mon intérêt renouvelé pour ceux qui nous ont précédés dans la foi … et pour le Projet Sifriaténou.
Je suis depuis 2018 à la retraite de l’Université de Grenoble, où j’avais obtenu mes diplômes et où j’ai enseigné pendant trente ans l’anglais de l’économie, des sciences humaines et des sciences de la vie. En parallèle, je dirige une entreprise de traduction que j’espère perpétuer à… perpète – « Dieu voulant », comme disent les Vaudois. Cependant, mes quatre enfants et quatre petits-enfants attendent tous que je réussisse à me désincarcérer de ma chaise de bureau ! Malgré l’absence de mes étudiants, mon intérêt pour la vie économique et sociale ne faiblit pas et mes « idoles » – actuelles (je suis un peu volage) – sont : l’économiste Gaël Giraud, l’écologiste Jean-Marc Jancovici, l’essayiste Michel Onfray en passant par le blogueur Étienne Chouard et (je l’avoue à ma grande honte) l’humoriste Guillaume Meurice pour les calembredaines….


Nicolas MASUEZ
Durant huit ans, j’ai enseigné l’histoire et la géographie dans le secondaire tout en dispensant une formation scientifique aux enseignants des Lettres Classiques de l’Académie de Dijon. En 2019, j’ai fait le choix d’une nouvelle carrière dans le consulting autour des questions de fait religieux et de laïcité dans l’espace professionnel et associatif.
Docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse de l’Université Paris IV Sorbonne, je poursuis à l’IRER mes recherches sur le monde Juif aux époques hellénistique et romaine. Je suis également membre de la Société des Études Juives. Mes travaux portent sur la société juive contemporaine du Second Temple, notamment  à travers l’oeuvre de l’historien Flavius Josèphe dont Théodore Reinach a souhaité que son oeuvre constitue « sinon un livre de chevet, du moins un ouvrage de fond, ayant sa place dans toutes les bibliothèques sérieuses ». C’est donc avec joie que j’ai rejoint l‘Équipe de Sifriaténou et que je m’efforcerai, dans ce même esprit, de contribuer à ce Projet qui me paraît très important pour la connaissance et la diffusion de la culture et des études juives.


Graziella de MATTEIS
Mon intérêt pour la culture juive s’est très vite greffé à ma passion pour la littérature. Transmission, filiation, judéité… Toutes ces thématiques ont fait naître en moi un grand intérêt, notamment pour les écritures de l’identité juive, pour les littératures de la Shoah.
Actuellement doctorante en Littérature Française à l’Université d’Aix-Marseille, j’étudie, dans le cadre de mes recherches, les récits d’enquête liés à la Shoah, à travers les œuvres de Marcel Cohen, d’Hélène Cixous et de Marianne Rubinstein.
Une anecdote : c’est précisément après la découverte de W ou le souvenir d’enfance de Georges Perec que j’ai décidé de me spécialiser dans ce domaine de recherche.
C’est avec joie, donc, que je rejoins l’Équipe de Sifriaténou, afin de partager, humblement, mes lectures.


Nicolas MERLET
Après mes études d’ingénieur à l’École des Mines de Paris, je me suis, en 1988, installé en Israël ; à l’Université de Jérusalem, j’ai obtenu un Master puis un doctorat d’informatique en analyse d’image. Actuellement, je travaille dans une grande compagnie de matériel médical à Tel Aviv. Je profite des longs trajets que j’effectue quotidiennement  dans les transports en commun pour … lire et – une autre de mes passions! – apprendre des langues en autodidacte. Dans le domaine des études juives, je suis curieux de multiples domaines : l’exégèse biblique, les liens du judaïsme avec l’hellénisme et, dans la mesure de mes moyens, j’aime à m’installer dans une page du Talmud que j’explore grâce à  l’édition Steinsaltz-Vilna.
Aussi ai-je été naturellement enthousiasmé lorsque j’ai découvert l’existence du Projet Sifriaténou  ; je suis heureux de m’y associer.

Béatrice MUNARO
Accompagnée depuis le plus jeune âge par les livres, et passionnée dès mon adolescence par l’Histoire des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est naturellement que mon travail de recherche s’est porté sur des auteurs marqués par la Shoah : survivants et témoins, mais aussi écrivains de la deuxième génération. Les œuvres de Primo Levi, Georges Perec, Samuel Beckett, mais encore celles de Leïb Rochman, Charlotte Delbo, Robert Antelme ou David Rousset ont été autant de terrains d’exploration et de de réflexion. Je les ai étudiés notamment dans mon travail de doctorat de Littérature générale et comparée (soutenue en 2019 sous la direction des Professeurs Carole Ksiazenicer-Matheron et Érik Leborgne) .
Ce travail universitaire a pris la forme d’un essai : Destruction et métamorphoses du corps dans l’enfermement, Primo Levi, Georges Perec, Samuel Beckett (Éditions Otrante, 2021). Je me suis efforcée d’interroger, à travers la littérature, les représentations de l’humain et de l’inhumain. Parallèlement à mes travaux de recherche, j’assure la fonction de médiatrice pédagogique au Mémorial de la Shoah ; les visites et les ateliers proposés aux élèves, de l’école primaire au lycée, assurent une transmission, créent un lien entre les générations, et permettent de les faire entrer dans l’Histoire à travers des archives, mais aussi des œuvres ou encore des créations artistiques.
J’ai aujourd’hui la joie de participer au Projet Sifriaténou, qui fait écho à ce désir de transmission, pour partager mais aussi découvrir des lectures qui nous portent tous. 


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Serge NIÉMETZ
Né en 1946. ENS Saint-Cloud. Agrégation des Lettres.
En bref : Enseignement et recherche en France et en Allemagne (Université de Kiel).
Puis durant seize ans chargé de mission à l’Académie française.
Biographe de Stefan Zweig  : Le Voyageur et ses mondes, Paris, Belfond, 1996, réédité en 2011.
Mais je me définis essentiellement comme traducteur ; c’est un métier et une passion depuis… plus de cinquante ans. Ma langue de prédilection est l’allemand, (où j’ai baigné de bonne heure, dans une culture prussienne, berlinoise, plutôt que bavaroise ou viennoise). J’ai traduit entre autres Ludwig Harig, Georg Hermann, Stefan Zweig.
Obtenu le Prix Gérard de Nerval en 2000 « à l’occasion de la publication de 〈ma〉 traduction du Juif Süss de Lion Feuchtwanger et pour l’ensemble de 〈mon〉 œuvre ». J’ai été ensuite  membre de ce jury jusqu’à l’an dernier.
Voici quelques lignes où je parle de ma conception de la traduction, extraites d’une interview «autobiographique»  de 2011 : «Je crois que ce qui fait un bon traducteur […], c’est (outre une certaine maîtrise de la langue de départ et surtout peut-être de la langue d’arrivée) une curiosité insatiable et polymorphe. Grosso modo : que rien d’humain (et d’animal, et même d’inorganique) ne soit (tout à fait) étranger. [… La traduction, qui me paraît  la meilleure métaphore de toute activité intellectuelle, a été une inépuisable source de jouissance. Ensuite, les hasards, les rencontres jouent un grand rôle.»
Parmi les rencontres décisives, il y a celles qui m’ont conduit précocement à la rencontre du monde juif. D’origines essentiellement lorraines et morvandiautes, je ne suis juif que par mes descendants, non par mes ascendants.
Par ailleurs adepte d’un spinozisme mêlé de taoïsme, amoureux de la Grèce, de l’Italie et des chats, cumulant les centres d’intérêt aussi éclectiques que mes amitiés, et plus intéressé par les conversations avec les gens de métier que par les débats dits intellectuels.


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Jérôme PAILLETTE
J’ai toujours été entouré de livres et je dois reconnaître que j’aurais bien du mal à m’en passer. Mes goûts sont éclectiques : du thriller aux ouvrages historiques ou religieux en passant par les biographies et les romans contemporains…  Mes auteurs préférés : Philip Roth, Bernard Malamud, David Grossman et Cynthia Ozick mais aussi John Steinbeck, Jack London et Toni Morrison. 

De formation littéraire (angliciste et titulaire d’un Master de recherche en traduction), je suis particulièrement intéressé par l’histoire et les théories de la traduction. Mes récentes recherches ont porté sur la traduction du jeu de mots. Parallèlement à mes recherches et à mon travail d’enseignant dans le secondaire, j’essaie de développer mon activité de traducteur à titre professionnel. Quand Patrick Sultan m’a proposé de contribuer au Projet Sifriaténou, je n’ai pas hésité! Curieux et toujours prêt à me lancer des défis, je me réjouis de participer à cette aventure.


Edith PARMENTIER
Professeur à l’Université de Caen, j’ai consacré mes premières recherches en histoire grecque à Nicolas de Damas, un philosophe et mémorialiste du I er siècle av.-J.-C dont on ne connaît l’oeuvre considérable que par… fragments. Ce personnage fut un proche du Roi Hérode, son professeur, son secrétaire, voire son ami.  Cela m’a conduit à étudier de plus près la figure, ou plutôt les multiples facettes, de ce roi  de Judée, controversé, tant à travers la littérature grecque que par les sources archéologiques qui témoignent de son règne. Tenter de distinguer les légendes et les vérités à établir.
Je me réjouis toujours de  partager, quand j’en ai l’occasion, au -delà du cercle des spécialistes, le fruit de ces travaux savants. C’est pourquoi je participe volontiers au Projet Sifriaténou qui ambitionne de faire connaître l’existence juive à un large public.

Otto

Otto PFERSMANN
Professeur de philosophie du droit et de droit constitutionnel comparé, à Paris I puis à l’École des Hautes Études, j’ai, dans tout mon parcours, si souvent rencontré les textes de la tradition juive, dans les domaines les plus divers : de la philosophie médiévale au rationalisme critique de Spinoza – auquel était en partie consacré ma thèse, de la pensée politico-juridique de Theodor Herzl au débat contemporain sur la nature du système juridique israélien, que l’occasion de contribuer modestement au magnifique Projet Sifriaténou m’a aussitôt enchanté. 



Nadine

Nadine PICARD
Après des études d’anglais, suivies d’un séjour de trois ans aux États-Unis où j’ai enseigné le français, j’ai fait une carrière classique de professeur certifié puis agrégé d’anglais, d’abord en collège, puis en lycée à Strasbourg.
Le hasard a voulu que parallèlement à mon enseignement, je traduise, en collaboration, trois ouvrages américains ayant trait aux études de genre (Gender Studies) :
David M. Halperin, John J. Winkler, Froma I. Zeitlin (ed), Bien avant la sexualité : L’expérience érotique en Grèce ancienne ; Gleason Maud W., Mascarades masculines : Genre, corps et voix dans l’Antiquité gréco-romaine  ; Winkler John J., Désir et contraintes en Grèce ancienne
Parvenue à l’heure de la retraite, j’ai pu me consacrer à une cause qui me tenait à cœur : depuis dix ans, j’accompagne les migrants sans papiers dans leurs démarches administratives et juridiques, au sein d’une association dans laquelle je coordonne également des ateliers socio-linguistiques.



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Didier POURQUIÉ
Né dans une famille où le libéralisme ambiant considérait l’enseignement comme le terreau le plus sûr de la paresse et du mauvais esprit, j’ai passé une Agrégation de Lettres avec la conviction de trouver un métier idéal pour réaliser mon rêve : écrire des romans. De mes trente années d’exercice en tant que professeur de Lettres, outre que j’ai appris la méfiance à l’égard des préjugés familiaux, j’ai tiré bénéfice de cette carrière qui nous promène, au gré des programmes, sur des chemins toujours nouveaux. Je n’ai aucune spécialisation dans la culture juive mais, ayant le privilège d’exercer en CPGE au lycée Montaigne de Bordeaux, j’ai été amené avec mes classes de scientifiques à travailler sur le roman de Philip Roth, Le complot contre l’Amérique. Il est possible que ma petite expérience de romancier ait influé sur mon approche assez peu universitaire de l’ouvrage. Je suis ravi à l’idée que ce travail puisse contribuer, de quelque façon que ce soit, au Projet Sifriaténou.


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Marie-Laure REBORA
Élève à l’École Normale Supérieure, au département des Sciences de l’Antiquité où j’étudie l’histoire et la littérature des mondes romain et grec, je viens d’obtenir l’Agrégation de Lettres Classiques (Promotion 2021) et suis désormais lectrice de Français au Pembroke College à Cambridge.
J’ai travaillé, dans le cadre de mon Master 1, sur les inscriptions des catacombes juives de Vigna Randanini, situées sur la via Appia, à Rome, ce qui me permet de concilier deux champs de recherche qui me passionnent : d’une part, l’histoire de la Rome antique, et notamment de la société romaine et de ses usages, et, d’autre part, les études juives, à travers une perspective épigraphique, les inscriptions constituant la principale source permettant d’appréhender de nos jours la présence, dès cette période, d’une communauté juive fortement développée dans la péninsule italienne. Je m’intéresse donc à la place des Juifs à Rome et à leurs rapports avec la société romaine, entre insertion et affirmation d’une spécificité propre, problématique qui parcourt à peu près l’ensemble de l’histoire du peuple juif, et plus particulièrement celle de sa diaspora.
Je suis par ailleurs depuis longtemps fascinée par la culture juive (j’apprends l’hébreu et l’hébreu biblique, deux autres de mes passions), et notamment son rapport très fort au Livre et aux livres, qui a beaucoup nourri ma réflexion, principalement à travers la lecture d’auteurs tels que Kafka, Schnitzler, Zweig, Celan, Babel, Bashevis Singer, Ilse Aichinger, Etty Hillesum, Anne Frank ou Elie Wiesel, et plus récemment la poétesse Rachel. Je participe également, avec des camarades de l’ENS et de l’EHESS, à l’organisation d’un séminaire consacré aux études juives à l’ENS (AREJ)
Je suis donc tout naturellement ravie de contribuer à Sifriaténou, un beau projet d’échange et de convivialité ! Au plaisir donc de pouvoir partager avec vous mon intérêt pour l’histoire du judaïsme antique ainsi que mon amour pour la culture juive, sous toutes ses formes.

VÉRONIQUE RIFFARD
« Admirer et transmettre » : aurais-je besoin d’en dire davantage pour me présenter ? Je m’appelle Véronique Riffard, de Clermont, la noble cité des Arvernes. J’ai été professeur de Lettres Classiques dans le secondaire ; je suis à présent Principale de collège. Avec en toile de fond, une thèse en préparation sur un de mes « dieux littéraires » : Chateaubriand. 
Le monde juif est, pour moi, coloré, vivant symbole de courage et d’espoir. Il entre aussi dans mes racines, pour une partie.
Une citation de Chateaubriand (encore!) définit bien ce qui me rattache à Israël et à ses livres  : « La Judée est le seul pays de la terre qui retrace au voyageurs le souvenir des affaires humaines et des choses du ciel, et qui fasse naître au fond de l’âme, par ce mélange, un sentiment et des pensées qu’aucun autre lieu ne peut inspirer. ». C’est donc tout naturellement que je rejoins le Projet Sifriaténou.

Fabrice Romanet_2020

Fabrice ROMANET
Je dirai simplement que l’Histoire est au coeur de mon existence. Au cœur de ma profession (enseignant d’Histoire-Géographie pour l’Education Nationale), au cœur de mon engagement (correspondant du Mémorial de la Shoah dans l’Académie de Lyon), au cœur de mon attachement à la transmission (enseignant certes, mais aussi formateur et auteur) et à la recherche (réflexion sur les rapports entre le régime de Vichy et l’enseignement secondaire). D’abord nourri d’anthropologie médiévale, je me suis progressivement tourné vers l’histoire contemporaine au prisme des violences de masse et des génocides ; pour me confronter à la construction des identités et à la crispation des univers mentaux.
Lorsque Patrick Sultan m’a contacté pour contribuer au Projet Sifriaténou, les mots de Aharon Appelfeld dans Adam et Thomas me sont alors revenus : « Quand on rencontre quelqu’un, c’est signe que l’on devait croiser son chemin, c’est signe que l’on va recevoir de lui quelque chose qui nous manquait. Il ne faut pas ignorer ces rencontres. Dans chacune d’elle est contenue la promesse d’une découverte ». Sifriaténou est de celle-ci.

Julie SAADA
Professeure de philosophie du droit à Sciences Po, où j’enseigne aussi la théorie politique, j’ai longtemps voulu me consacrer à la littérature, surtout aux littératures allemande, autrichienne et russe, fascinée que j’étais par l’Europe centrale et orientale. Mais j’ai finalement choisi d’étudier la philosophie : d’abord l’histoire de la philosophie moderne, les questions de liberté religieuse chez des auteurs comme Spinoza ou Bayle, puis, après l’agrégation de philosophie et dans le cadre d’un doctorat à l’ENS, l’histoire du droit des gens et le rôle du scepticisme dans les théories du droit naturel au XVIIème siècle.
Me tournant ensuite vers des débats contemporains ainsi que vers le droit international, j’ai consacré des travaux au droit et à l’éthique de la guerre, à la justice d’après-guerre, à la justice face aux crimes de masse ou plus largement aux questions que rencontrent les sociétés lorsqu’elles doivent faire face à leur propre passé violent. Depuis plusieurs années, je m’intéresse aussi aux courants juridiques critiques et au mouvement « droit et littérature ».
L’occasion de contribuer au Projet Sifriaténou me ravit tant il est ouvert et donne l’occasion de nouvelles lectures.


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Annelies NORDHOLT SCHULTE
J’ai fait des études de philosophie et de littérature française à Paris et à Amsterdam.
J’enseigne actuellement la Littérature Française à l’Université de Leiden, Pays-Bas. Spécialiste de Blanchot et de Proust, sur qui j’ai publié des monographies, je suis l’auteur de bon nombre d’articles sur la littérature moderne et contemporaine et de l’essai : Perec, Modiano, Raczymow : La génération d’après et la mémoire de la Shoah (Amsterdam, Rodopi, 2008). Je travaille actuellement sur la représentation de l’espace urbain dans la littérature d’après-guerre et prépare une monographie sur le thème des lieux chez Georges Perec.


André SIMHA
J’ai eu la chance d’avoir pour père Moshé ben Ovadia Simha (de mémoire bénie), un instituteur qui devint directeur d’une école de l’Alliance Israëlite Universelle au Maroc. Il venait de Grèce et il admirait la culture française tout en étant féru de culture hébraïque. Je devais poursuivre des études scientifiques, mais j’ai été attiré par la Sorbonne où professaient de véritables penseurs, comme Jankélévitch, Alquié, Aron, Derrida, Ricoeur.
Aussi, ai-je trouvé à l’Éducation Nationale le moyen de ne jamais quitter l’école. Même mon service militaire en Algérie fut transformé en service d’enseignement, et par la suite j’ai enseigné la philosophie, en CPGE, puis à l’Université d’Aix-Marseille, et dans différentes villes (je suis porté au nomadisme). Puis j’ai été nommé inspecteur de philosophie une dizaine d’années avant ma retraite.  Agrégé de l’Université et docteur en philosophie-épistémologie, j’ai commencé mes travaux par une thèse sur Nietzsche puis j’ai publié, notamment en collaboration avec mon épouse, Suzanne, divers travaux et des ouvrages pédagogiques. L’histoire de la philosophie et son enseignement ont été au coeur de mes activités.
Parallèlement, je n’ai jamais cessé de me ressourcer dans la littérature et la philosophie juives (Babel, Canetti, Benjamin, Celan, Poliakof, Singer, Roth, Lévinas, Jankélévitch. Yéhoshua, Grossman, Keret, Appelfeld, Schama…). Je suis heureux de rejoindre le Projet Sifriaténou afin d’apporter, au sein de l’Équipe, ma contribution à cette bibliothèque nouvelle et déjà riche.


Aliza SMILEVITCH
Je suis étudiante en licence de Lettres Modernes à Paris-Sorbonne. La littérature comparée est mon domaine favori. Bien que j’aie grandi dans une famille où l’étude et la pratique de la Torah font partie de la vie quotidienne, c’est seulement à l’Université que j’ai découvert plusieurs écrivains marqués par leur judéité. Cette littérature a su me happer par sa pluralité et sa complexité. Elle me semble exprimer en profondeur les préoccupations d’un peuple en diaspora.
Je dirais que la littérature (profane) fait partie de ma vie au même titre que la Torah Ce sont deux aspects complémentaires de mon existence : quand l’une est trop obscure, l’autre sait ramener la clarté. C’est donc avec joie que je participe au Projet Sifriaténou et avec un vif intérêt que je compte en suivre l’actualité !


Pat en casquette:2018

Patrick SULTAN
Agrégé de Lettres Classiques et Docteur en Littérature Comparée (Littératures postcoloniales), j’ai enseigné dans diverses écoles juives et dans le public, au collège, au lycée puis en Classes Préparatoires, ainsi qu’à l’Université de Polynésie Française et de Martinique. Depuis la fin de mes études de philosophie et de Lettres, je n’ai cessé de m’intéresser, à divers titres, aux multiples formes de la civilisation juive.
J’ai eu la chance d’écrire dans la Quinzaine Littéraire, de 1998 à 2012, sous la direction bienveillante de Maurice Nadeau et d’Anne Sarraute : je recensais des ouvrages consacrés au judaïsme ainsi que des romans de littérature post-coloniale.
Grâce aux relectures minutieuses de ce grand humaniste qu’est le Professeur Pierre Campion (À la littérature), j’ai également beaucoup appris en corrigeant mes… solécismes, mes maladresses d’expression, mes obscurités.  
À Tahiti, de 1999 à 2001, la mise en place de l’antenne polynésienne pour site new-yorkais (CUNY) consacré aux littératures insulaires, m’a amené à travailler autrement avec mes étudiants et mes collègues de l’UPF.
À présent, je passe le plus clair de mon temps dans Sifriaténou/Notre bibliothèque,  à … lire et à… relire, bien sûr!

Menahem:Maximilien

Menahem TEMIN
Pleinement engagé dans l’étude de la Torah sous ses formes variées, j’essaye de mettre à profit , du mieux que je le peux, les compétences que ma formation universitaire (Sciences Po Paris, University College of London) et mon métier (conseiller en relations publiques) m’ont permis d’acquérir : saisir rapidement l’esprit d’un texte juridique pour pouvoir le synthétiser (Halakha/Loi) ; conceptualiser facilement pour cerner les questions philosophiques (Moussar/Éthique, Ma’hachava/Pensée) ; être rigoureux dans l’analyse pour interpréter un texte talmudique. C’est donc avec joie que je participe régulièrement au Projet Sifriaténou.
Je n’ai pas grandi dans une famille religieuse, mais j’ai acquis très jeune la certitude qu’on ne pouvait pas connaître l’autre et se dire ouvert sur les cultures étrangères sans être chez soi dans la sienne propre. C’est ainsi que, par l’étude, je m’efforce de détruire, en moi tout d’abord, les préjugés et les erreurs dont une éducation traditionnelle ne nous préserve pas toujours.

Françoise TORAILLE
Au cours de mon enfance passée en Alsace Bossue alors que je venais de « l’intérieur », j’ai été confrontée dans la vie quotidienne, et surtout dans la cour de récréation, au rythme des comptines et des jeux, au dialecte local, le « platt ». Néanmoins, quand s’engageait une conversation en alsacien, je restais en dehors. Dès lors, apprendre la langue allemande, dont était proche l’alsacien qui m’entourait, je l’ai vécu en classe de sixième comme un véritable cadeau : le monde m’était offert. Aussi, quand il a été question d’un choix d’études, les langues m’ont accompagnée, et particulièrement l’allemand, dont je dis maintenant que j’y suis « chez moi ».
Traduire, j’y suis venue plus tard, à côté de mon métier d’enseignante-chercheure à l’Université (Paris 12 Val de Marne). En commençant, je me suis demandé : vais-je en être capable ? Vais-je y prendre plaisir ?
Trente ans plus tard, c’est l’activité à laquelle je tiens au plus haut point : pour ce qu’elle exige d’attention au texte mais aussi pour ce qu’elle apporte aux lecteurs qui n’accèdent pas à la « version originale ».
Rejoindre le Projet Sifriaténou et son équipe me permettra d’illustrer cette passion en partageant mes réflexions autour de textes auxquels je me suis attachée en les traduisant ou en les lisant.


Aurélie Touraine

Aurélie TOURAINE
C’est à l’Université de Polynésie Française que j’ai eu la chance de rencontrer Patrick Sultan. Ses cours et conseils m’ont guidée dans ma découverte des littératures « francophones » et insulaires, de Léopold Sédar Senghor à Ananda Devi, de conférences en rencontres, de (rêves de) voyages en expositions, autant d’occupations que j’affectionne … mais pour lesquelles le temps se fait plus rare depuis la naissance de ma petite !
Pourtant, tellement de lectures, de découvertes restent à faire, et tant de liens à nouer ! Je saisis, en contribuant au Projet Sifriaténou, l’occasion de revenir à une certaine écriture du partage des œuvres.
Partage au cœur de mon choix du métier de professeur : certifiée de Lettres Modernes, j’enseigne en collège et répète à mes élèves ébahis que, oui, j’ai lu les livres que je leur fais étudier et, oui, j’en lis même d’autres par plaisir sans y être obligée !

LYVANN VATÉ
Originaire du pays basque, j’étudie à Paris la philosophie politique à l’EHESS et à l’ENS. J’ai découvert la pensée juive lors d’un cours consacré à ce thème au sein du Département d’études hébraïques de l’Inalco. À la suite de quoi, je me suis engagé dans une étude de Hannah Arendt et de son rapport à la condition juive, m’intéressant tout particulièrement à son approche du sionisme, de l’antisémitisme et de l’assimilation, notamment dans sa correspondance avec Kurt Blumenfeld et Gershom Scholem. La lecture de ses Écrits juifs ou encore de La tradition cachée m’a permis de mieux comprendre la condition juive comme phénomène politique. En rejoignant le Projet Sifriaténou, j’espère découvrir et peut -être faire découvrir des livres essentiels pour comprendre notre temps.



Laurence WALBROU
C’est un visage émacié aux yeux hantés, sur la couverture d’un magazine L’ Histoire, qui m’a agrippé l’âme, alors que j’avais neuf ans. Jamais je n’ai pu l’oublier. Ma soif de comprendre comment le drame de la Shoah avait pu être possible a commencé là. Avec ce questionnement d’enfant, une attirance irrésistible et jamais démentie envers le peuple juif et sa culture a fait son chemin en moi, la chrétienne, comme si l’écho lointain de racines communes vibrait et devait s’exprimer.
La lecture du Journal d’Anne Frank, puis la découverte de Primo Levi et à sa suite la lecture de bien d’autres écrivains ont approfondi, au fil des ans, ce lien aussi fort qu’inexplicable. Une vie bouleversée d’Etty Hillesum est devenu mon livre de chevet, allié essentiel des tempêtes de la vie. Des voyages éblouis en Israël et de profondes amitiés ont forgé sur plusieurs décennies un lien fort entre le peuple juif et moi.
Il me restait à apporter une contribution tangible pour le célébrer. Aussi, grande avait été ma joie de découvrir l’existence et le parcours des Justes, honorés à Yad Vashem, ces êtres de toutes conditions, horizons ou confessions qui s’étaient opposés aux forces obscures.
 Après deux années de rencontres et recherches passionnées, j’ai publié un livre qui, je l’espère, leur rend hommage :  Quelques Justes parmi les Hommes : des juifs et des chrétiens face à la barbarie .
C’est un travail que de garder la mémoire. Orthophoniste depuis plus de trente cinq ans, mon métier me donne aussi l’opportunité, par choix, de me consacrer, sur un autre plan, à cette faculté, puisque les patients que j’accompagne, atteints de la maladie d’Alzheimer, sont à la poursuite de leurs souvenirs dans une épuisante course contre la montre.
Contribuer au Projet Sifriaténou est, dès lors, pour moi à la fois un honneur et une grande joie : les belles rencontres ne doivent rien au hasard, telle est ma conviction !



Philipe Zard:Photo

Philippe ZARD  
Professeur de Littérature Comparée à l’Université de Paris-Nanterre.
Si « le lyrisme est le développement d’une exclamation », selon le mot célèbre de Paul Valéry, la recherche universitaire n’est souvent que le développement d’une interrogation, dont il serait vain de nier les soubassements existentiels.
Il y a une grandeur dans la fidélité et une grandeur dans l’infidélité, une grandeur des traditions et une autre dans le geste qui s’en affranchit. La littérature n’aide sans doute pas à surmonter ces antinomies, mais parfois à en explorer les paradoxes. Mon premier livre, La Fiction de l’Occident. Thomas Mann, Franz Kafka, Albert Cohen (PUF, 1999, Collection Littératures européennes), explorait les tensions qui nourrissaient la culture européenne et la modernité occidentale, entre appartenance et désaffiliation, disponibilité à l’héritage et tentation de la table rase. Mon dernier ouvrage, De Shylock à Cinoc. Essai sur les judaïsmes apocryphes (Garnier, 2018, Collection Perspectives comparatistes), prolonge ce questionnement à travers l’examen de quelques métamorphoses de la « question juive » dans la littérature européenne, des variations dramatiques ou romanesques sur le « Juif charnel » (Shakespeare, Lessing, Joyce) à l’invention moderne de judéités de contrebande (de Kafka à Modiano).
Si, par là, ma réflexion se place partiellement sous les auspices du renouveau actuel des «études juives», je reste de ceux que gêne l’invocation intempérante de la notion d’«identité», dont il importe de réguler et de clarifier l’usage. La détermination de quelque « point J » m’intéresse moins que la manière dont se noue et se négocie, dans l’écriture, la rencontre entre européanité et judéité, les altérations et les secousses spécifiques qu’elle suscite… À tout prendre plutôt que par le point J, je serais intéressé par le « petit juif », ce nerf très sensible, situé au niveau du coude, qui provoque des décharges électriques quand on vient à le heurter. Et tout laisse à penser que l’Europe a périodiquement mal à son petit juif…


56 commentaires

    1. Merci, au nom de de toute l’Équipe, de vos encouragements! Bientôt, en janvier 2020, vous pourrez lire les articles (recensions ou traductions) qu’ils sont, actuellement, soit en train de rédiger, soit en train de corriger… Amicalement, P.S.

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    2. C est une veritable decouverte de rencontrer tous ces auteurs,leur parcours et leurs ouvrages.Au plaisir de vous rencontrer lors d une reunion ou d un colloque. Felicitations.
      Francoise Bloch
      Psychanalyste

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  1. Je vous remercie beaucoup Patrick Sultan de m’avoir invitée et de m’ouvrir la porte à ce prochain site qui sera passionnant, je n’en ai aucun doute. Cela tombe tellement bien pour moi qui suis de plus en plus en recherche de ce que vous nommez « livres juifs » et d’ouvrages sur la philosophie juive. Merci. J’attends avec impatience. Et si vous êtes Orléanais, nous pouvons peut-être échanger autour d’un café. A bientôt donc. Joelle Lewi

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      1. Merci, Christiane, de l’intérêt que vous portez à ce Projet Sifriaténou qui bénéficie de contributeurs bénévoles dont les âges, les formations, les motivations et convictions sont extrêmement variés mais qui se réunissent autour d’un commun intérêt pour la civilisation et l’existence juive, pour les « livres juifs »…

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  2. Cher Patrick,
    Votre site est admirablement ambitieux et intéressant. Votre équipe nous promet des moments magnifiques de découvertes et de qualité.
    Bravo de toute ma sincérité!!!
    Amicalement,
    YAËL König

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    1. Merci Aline! Nous sommes très honorés. Merci de faire connaître ce Projet Sifriatenou dans votre entourage ou parmi vos relations aux personnes susceptibles de s’y intéresser. Abonnez-vous (c’est gratuit et le restera): vous recevrez ainsi directement les nouveaux articles au moment de leur mise en ligne. P.S. Pour l’ÉQUIPE

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  3. Je suis reconnaissante à mon amie Paule Farhi de m’avoir fait connaître Sifriatenou. Quel projet magnifique ! Quelle équipe super ! Je suis en appétence et me réjouis d’avance de ces bonnes lectures : je passe beaucoup de temps à lire des « livres juifs » et apporte une modeste contribution à la traduction de midrashim dans le cadre de la collection « objectif transmission ». Bravo pour cette belle initiative !

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    1. Merci Huguette pour ces encouragements chaleureux! « Objectif transmission » … c’est une formule martiale et énergique. Bravo à vous pour cette activité de traduction qui converge avec le Projet Sifriatenou!

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  4. Merci au miracle numérique qui m’a fait rejoindre votre groupe. Mais surtout merci à vous pour cette initiative passionnante. bien cordialement Yankel

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  5. Monsieur ,je vous remercie de me permettre d’avoir acces aux publications des membres de Sifriatenou. je suis convaincu d’y dècouvrir une source nouvelle de connaissances ,et la promesse d’un bonheur illimitè. sincerement Charles sultan

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  6. Admirer les cursus de chacun des membres de cette équipe ne suffit pas, ce qui est encore plus admirable c’est leur volonté de mettre en commun leur intérêt, leur analyse, leurs connaissances au service d’une culture qui est sans cesse en question et en devenir : le judaïsme. Et en disant judaïsme j’ai le sentiment d’ouvrir l’océan.

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    1. Oui, Irène! vous avez raison. Le Projet Sifriaténou est résolument collectif ; on n’est pas trop de tous, ensemble, pour le réaliser! Rien à vendre, tout à partager! Merci d’y participer, déjà , en tant que lectrice.

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  7. Bonjour, je découvre Sifriatenou cet après-midi et j’y entre avec la phrase qui chaque jour m’encourage : « On ne peut prendre prétexte de l’immensité de la tâche pour prétendre au droit de s’y soustraire ». (Léon Askenazy dans « La parole et l’écrit »)
    Merci à vous et plus encore.
    Pierre Abgrall

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  8. Sur le plan familial et personnel, j’ai des parents juifs bien que je ne le sois pas et surtout d’excellents amis avec lesquels j’apprécie le rire ensemble à la fin des repas et la fine intelligence du coeur. Sur le plan intellectuel je m’interroge sur la nécessité devant laquelle la culture humaine semble se trouver aujourd’hui où la totalité devenue mondiale de notre humanité fonde l’universel sur sa propre contingence et non plus sur la simple Raison d’établir une discontinuité à la fois pratique et théorique, entre le divin et la réalité politique universelle et plurielle. Ceci pour autant que l’agnosticisme est lui même une croyance distincte de la Foi en Dieu s’il existe. Pour le chrétiens que je demeure, ceci est pensable dans l’esprit du christianisme, et je m’interroge sur ce qu’il en est du judaïsme. Est-il ou pas condamné à l’alternative de l’incroyance et de l’adhésion à une religion d’état ? Cette question je l’expose dans mon ouvrage : La pensée du pluriel mais après comme avant elle reste pour moi une question. Ceci dit je serais heureux d’être accueilli avec toute ma liberté mais aussi avec mon amitié, dans votre groupe. Bernard Puel

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    1. Merci Bernard de l’intérêt que vous portez au Projet Sifriaténou. Nous espérons que les articles écrits par l’Équipe de rédacteurs bénévoles vous intéresseront également. N’hésitez pas à les commenter et à les discuter librement, du point de vue qui est le vôtre soit au bas de chaque article sur le site, soit sur la page FB où ils sont présentés chaque semaine (https://www.facebook.com/groups/SIFRIATENOU/?multi_permalinks=3614819405249396&notif_id=1606677214985242&notif_t=feedback_reaction_generic&ref=notif).
      Bien amicalement, P. Sultan pour Sifriaténou

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  9. Bonsoir à Toutes et Tous, je n’ai pas fait d’études supérieures, je n’ai aucune de formation littéraire ni en théologie ni autre science humaine, je ne suis qu’une simple personne ayant suivi un cursus scolaire jusqu’au bac (bac professionnel en secrétariat) ; j’ai exercé pendant 20 ans la profession de secrétaire pour diverses entreprises ; puis par un concours circonstanciel de ma vie, je me suis formée dans les métiers à la personne en tant qu’assistante de vie aux familles (aide à domicile) où par mes expériences j’essaie d’apporter un peu de réconfort auprès les personnes en plus de mon travail d’aide à domicile sans aucune distinction de religion, de politique (étant tenue au secret professionnel) et ce, dans la plus grande discrétion et respect de tout un chacun. Je m’intéresse beaucoup à l’Histoire (j’en suis férue) particulièrement l’Histoire du 20ème siècle, la littérature, les sciences. Ayant des origines juives, reçue une éducation religieuse judéo-chrétienne au fil du temps, je suis devenue agnostique. Cependant, je m’interroge encore sur l’existence de Dieu et les conséquences sur l’incroyance d’une religion. Sommes-nous voués à être des mécréants alors que nous réagissons sur la raison avec finesse et l’intelligence du cœur. Merci à vous de m’avoir acceptée dans le groupe. Bien amicalement. Ismérie Gwladys (Marylise Labyt)

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    1. Vous êtes, Marylise, la bienvenue dans le Projet Sifriaténou ; les publications de ce site, non académique ou universitaire, s’adressent à tout lecteur curieux. Nous nous réjouissions que vous y trouviez de quoi nourrir votre réflexion et satisfaire votre curiosité. Bonnes lectures!

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  10. Que de visages ! Que de lectures différentes de la vie, du passé, de l’avenir. ! Que d’ancrages dans le présent ! תודה רבה Il n’y a pas de pont, il faut traverser la rivière, écrivait à peu près René Char… Traverser la rivière, c’est l’expérience de Jacob au Yabboq…, c’est la révélation suite à un combat… Le combat de la lecture, et de la lecture de la lecture, de l’interprétation.

    Aimé par 1 personne

  11. Votre projet est des plus enthousiasmants.
    Pensionnaire de maisons d’enfants sauvés de la guerre, où j’étais bibliothécaire de mes camarades, je n’aurais jamais pu imaginer qu’un jour il y aurait une Bibliothèque en ligne de la culture juive. Myriades de lignes d’Innombrables livres. Un bonheur infini.

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  12. Bonjour
    Je suis ravie de cette initiative qui réunitles hommes et les livres …
    Nos livres
    Nos pensées à partager
    Nos idées à semer …

    Un livre ,soit on l ecrit, soit on le lit …
    Pour le moment je lis…
    Et mon livre est en cours….
    A bientot donc …de vous lire…avec joie …ou de vous ecouter….

    Aimé par 1 personne

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