Une saga familiale d’un nouveau genre

Une saga familiale d’un nouveau genre

par Aurélie BARJONET

Daniel Mendelsohn, Les Disparus, Titre original : The Lost : A Search for Six of Six Million (2006), Traduit de l’anglais par P. Guglielmina, Flammarion, 2007.

Si l’on est sensible au passé et à la mémoire familiale, la couverture des Disparus de Daniel Mendelsohn ne peut qu’éveiller l’attention et susciter la curiosité. Au centre, le titre, simple et tragique, contraste avec la mosaïque de portraits vivants. Il est une promesse puisqu’il semble illuminer les photographies essentiellement anciennes, qui l’entourent : en lisant ce récit, nous saurons tout, sans doute, de cette famille attablée, de ces enfants vêtus de blanc qui posent chez un photographe, de cette mariée avec son gros bouquet, de cette femme dans la force de l’âge qui se tient près d’un étrange marchand ambulant et certainement aussi de cet homme à l’allure si fière dans son manteau chaud, ganté et chapeauté. Cet homme, c’est Shmiel Jäger, le grand-oncle de l’auteur, Daniel Mendelsohn. Et depuis toujours, D. Mendelsohn sait qu’il ressemble à Shmiel et que ce dernier a été « tué par les nazis », p. 19.

***

Les Disparus s’ouvre sur une scène également contrastée : le souvenir de joyeuses réunions à Miami Beach, en Floride, où de nombreuses personnes âgées entourent affectueusement le jeune Daniel tout en versant une larme en le voyant. Le contraste est dans la peine que ressentent ces personnes qui ont connu Shmiel et le plaisir du narrateur, devenu adulte, à se rappeler cette assemblée pittoresque ; il est aussi dans leur proximité, alors que ces anciens parlent yiddish, une langue que le jeune Daniel ne comprend pas. Cette première scène donne le ton de tout le livre : le passé dans le présent, à la fois proche et lointain, un narrateur qui se sent désigné à enquêter et se montre sensible à chaque détail.

Une quête de non-témoin

En 1941, Shmiel Jäger, sa femme Ester et leurs quatre filles (Lorka, Frydka, Ruchele, Bronia) ont disparu dans l’Est de la Pologne. Avant l’enquête de Daniel Mendelsohn, personne ne savait précisément comment ils étaient morts mais, étant donné que différentes bribes d’histoires circulaient et qu’invariablement, le récit s’achevait par « Ils ont tous été tués par les nazis ! », « pendant longtemps, nous avions pensé connaître [l’histoire] », p. 35. En fait d’histoire, le jeune Daniel disposait plutôt d’une légende, une légende familiale, avec un « castel » (p. 33) ou encore un « frère aîné, qui était aussi le plus beau des sept frères et sœurs, le plus adoré et adulé, le prince de la famille », p. 15. Pour le jeune homme, c’était presque un conte puisque la légende avait ses parties sombres : « Ils les ont toutes violées et ils les ont tuées » lui avait dit sa mère, p. 37.
À la différence de ses frères et sœurs, Shmiel Jäger est resté avec sa famille à Bolechow, petite ville de Galicie où Juifs, Polonais et Ukrainiens vivaient en bonne entente depuis trois cents ans, une ville où l’on pouvait naître en Autriche, aller à l’école en Pologne, se marier en Allemagne, avoir des enfants en Union soviétique et mourir en Ukraine… sans jamais quitter son village. Une ville qui – en raison de la Shoah – perdit 99,2% de sa population juive, seuls 48 des 6 000 Juifs de Bolechow ayant survécu à la destruction (p. 507, 191).

Depuis qu’il est enfant, Daniel sait donc qu’il ressemble à Shmiel, le frère aîné de son grand-père bien-aimé Aby ; il enquête sur sa famille, à plusieurs périodes de sa vie et pour différentes raisons. Et puis, en 2001, de petits événements font entrevoir à Daniel que « les morts n’étaient pas tant disparus que dans l’expectative », p. 62.
Il reprend alors plus sérieusement son enquête. Il sent aussi que c’est à la fois encore possible et déjà trop tard, qu’il y a urgence à retrouver le plus grand nombre de survivants du Shtetl des Jäger. Comme une mémoire familiale dure trois générations, tout au plus quatre, qui, sinon lui, pourra retrouver et raconter cette histoire ?

Retour à Bolechow

L’écrivain commence par se rendre en Ukraine, à Bolechow, accompagné de ses frères et de sa sœur. Il s’agit moins de tourisme des racines que d’un signe fort, de la part de ces descendants, envers leurs ancêtres, comme une reconnaissance de leur importance. D’ailleurs, le récit de l’enquête ménage une certaine place à la description des relations familiales après (mais aussi avant) la Shoah. Pour le narrateur, en particulier, ce premier voyage à Bolechow signifie un passage de l’abstrait au concret : « abandonner mon ordinateur, […] quitter la sécurité des livres et des documents, avec leurs descriptions si nettes des événements qu’il était impossible d’imaginer qu’ils avaient affecté la vie réelle des gens […] renoncer au confort du bureau des archives et à la commodité de l’Internet, et […] partir dans le monde, […] faire l’effort dont je serais capable, peu importait la modicité des résultats, pour aller voir qui et ce qui restait, et […] d’aller leur parler à tous, comme j’avais parlé autrefois à mon grand-père. », p. 101.
L’enquête va durer quatre ans, mener Daniel Mendelsohn dans neuf pays, et lui permettre de retrouver douze survivants juifs du Shtetl qui se souviennent des Jäger. À la fin, alors que Daniel a poussé son enquête de terrain aussi loin que possible et dispose désormais d’une série d’informations en partie contradictoires ou incohérentes, il décide de retourner où la recherche a commencé, cette fois avec Froma Zeitlin ‒ une de ses mentors quand il rédigeait sa thèse ‒ pour mettre symboliquement un terme à sa quête. Par hasard, et grâce à l’instinct de Froma, ils tombent sur un Ukrainien qui leur raconte comment sont morts Shmiel et Frydka (p. 607), récit qui – de surcroît ! – fait converger plusieurs fragments d’histoire récoltés ici et là.
Cette découverte est un choc à plus d’un titre. Daniel comprend par exemple qu’il a confondu castel et kestl, un château avec une cave… « J’avais entendu ce que je voulais entendre, un conte de fées, un drame tragique avec un noble et un château. », p. 605. Comme si l’adulte avait conservé son regard d’enfant malgré lui, comme s’il était difficile de renoncer à une dimension légendaire, noble, en dépit de la cruauté de cette histoire. D’ailleurs, jusqu’au bout, le narrateur ne peut s’empêcher de trouver une dimension féérique aux lieux ou aux personnes qu’il rencontre. Ainsi quand il parvient sur les lieux de l’exécution de Ruchele, sa petite-cousine assassinée à seize ans, le champ qu’il découvre lui fait l’impression d’« une forêt de fleurs sauvages qui montaient jusqu’à la poitrine, si dense qu’on avait l’impression d’être dans un conte de fées », p. 584. Il y a aussi cette dame russe qui infirme l’histoire de la cave, qu’il voit comme « une grand-mère ou […] une bonne sorcière dans un conte folklorique » (p. 621) ou encore cet homme, toujours dans les dernières pages, dont la maison semble tirée « des contes des frères Grimm », p. 622.

L’entrée de la cave / Photo de Matt Mendelsohn, Les Disparus, p. 606

Ce recours au féérique tranche avec les émotions que Daniel ressent sur les lieux de la catastrophe vécue par ses ancêtres, des émotions qui en fait n’en sont pas (dans le champ, p. 585 ; dans la cave, p. 606, et devant l’arbre, p. 631) : le recueillement de Daniel Mendelsohn, ses gestes commémoratifs, sont un devoir, davantage qu’une émotion, et ils sont toujours donnés comme manquant un peu de naturel.
Ses descriptions s’achèvent par trois fois sur la formule « et nous sommes partis » qui sonne comme un abandon. Il n’y a « rien d’autre à faire ». Même sur les lieux, même quand l’histoire est enfin connue, subsiste l’écart du temps, et de l’expérience vécue.

Le frémissement des ombres

Mendelsohn a beau citer Proust, s’intéresser comme lui à chaque détail, nous sensibiliser au fait que la réalité n’a de sens qu’à travers la perception qu’en a le sujet, il est l’écrivain de la mémoire, mais pas du souvenir. Dans l’œuvre de Proust, les petites miettes de madeleine mêlées aux gorgées de thé déclenchent la mémoire involontaire et font s’élever « l’édifice immense du souvenir ». Il est fort probable que Mendelsohn rêve d’un tel surgissement pourtant impossible pour sa génération. Cela ne l’empêche pas d’être obsédé des détails au motif que c’est « ce qui fait la vie » (p. 519) et ce qui permet « dans une toute petite mesure, de concevoir la scène », p. 163.
Les premiers détails qu’il apprend à Bolechow le font pleurer, non parce qu’il se souvient, mais parce qu’un mince « contact » avec le passé est établi (p. 172), qu’il sent la présence de ses morts à travers le récit de personnes qui les ont connues et que leurs mots sont comme « l’émissaire d’un moment perdu de l’histoire », tel le « Hallo, Bronia ! » par lequel Jack avait l’habitude de saluer la « gamine » et qu’il lance devant son descendant (p. 298). Comme d’autres auteurs de sa génération, à l’instar de Marianne Rubinstein dans son récit, C’est maintenant du passé (p. 150), D. Mendelsohn pourrait dire que « plus que les circonstances de leur mort, c’est la vie que l’on cherche. Que leurs ombres frémissent et qu’ils s’incarnent, même pour un instant. ».

Le choix de l’enquête

À l’issue de l’enquête, la vie des Jäger reste largement méconnue, et pourtant Daniel Mendelsohn parvient à raconter une « saga ». Cela ne vient pas d’une mise en fiction des fragments récoltés : ni avant, ni après son investigation, l’auteur ne veut écrire un grand roman familial du type des Buddenbrook de Thomas Mann (1901) ou de La Famille Karnovski d’Israël Joshua Singer (1943). Son choix est autre : l’enquête est mise au centre du récit, ce qui permet à l’auteur d’instaurer un suspense (au lieu de narrer de manière haletante les aléas du destin) ; et de raconter l’enquête d’une certaine manière, notamment a posteriori. L’enquête n’est pas contemporaine de l’écriture, elle relève d’un montage après coup, d’une réflexion extrêmement complexe. Daniel Mendelsohn a « scénarisé » ses années d’investigation, créé des épisodes, comme dans les séries. Comme toutes les sagas, ce livre contient de nombreux personnages qui en réalité sont des personnes que l’auteur a rencontrées dans un présent récent, des rescapés de Bolechow pour la plupart. Leur vie nous est racontée sans omniscience, et en lien avec l’enquête : ils ont vécu en parallèle et surtout plus longtemps que les Jäger. Toutes ces histoires singulières viennent en quelque sorte compenser l’histoire lacunaire des Jäger. Daniel Mendelsohn retrouve “la famille de Bolechowˮ, à défaut de la sienne, bel et bien assassinée par les nazis. C’est aussi à ce titre que Les Disparus est « le livre de sa vie », comme il l’a confié à Pierre Assouline. Il a consacré plusieurs années de sa vie à cette enquête, et l’a restituée à sa manière, la faisant particulièrement rayonner dans le présent et dans sa propre vie.

Le commentaire

Le livre adopte aussi la chronologie de grands épisodes du Pentateuque, de la Genèse particulièrement. Les cinq chapitres s’intitulent : « Bereishit ou les Commencements », « Caïn et Abel ou Frères et sœurs », « Noach ou Annihilation totale », « Lech Lecha ou En avant ! », « Vayeira ou L’Arbre dans le jardin ». Daniel Mendelsohn interrompt souvent le récit de son enquête par des commentaires, suivant une technique qu’il définit comme typiquement juive. À Myriam Anissimov, il a expliqué en effet : « les commentaires sont pour les Juifs la manière traditionnelle d’expliquer leur histoire, qui commence avec la Torah. J’ai donc suivi une tradition millénaire. ».
De fait, il met souvent son histoire familiale en regard avec un épisode de la Torah et fait se confronter deux interprétations : une ancienne, de Rachi, le fameux exégète français du XIème siècle qu’il désigne comme « le plus grand de tous les commentateurs bibliques », attentif à chaque mot mais toujours laconique dans son explication ; ainsi qu’une moderne, de Richard Elliott Friedman, un bibliste contemporain qui tente de « connecter le texte ancien à la vie contemporaine » ; le premier est « dense et abstrus », le second « ouvert et sympathique », p. 29-30. La Torah est utilisée au titre de recueil de mythes qui peuvent nous aider à comprendre le comportement humain dans ses grandes forces (angoisse, jalousie, vengeance, etc.). Ces récits viennent humaniser les fragments d’une “mémoire froideˮ. Ils contrastent aussi avec la fragilité des informations sur les Jäger : ce sont des contenus de savoir connus, riches, stabilisés. Même si, comme la petite histoire, la grande n’est pas à l’abri de diverses interprétations, ce que le double commentaire permet de montrer.

                                                                                  

La boucle

Enfin, outre l’enquête et le commentaire, deux autres procédés plus abstraits structurent le récit : la boucle et la séparation. Il y a « boucle » dans le fait que des éléments du début ne s’éclairent qu’à la fin, ainsi certains reviennent, devenant importants, comme cet arbre de la connaissance mentionné au début qui réapparaît à la fin sous la forme d’un arbre véritable apportant une connaissance attendue et douloureuse.
Certaines boucles sont plus élaborées, ainsi du premier et du dernier mot du livre (dans sa traduction française) qui semblent identiques. La toute première épigraphe, empruntée à Virgile (Virgile, Énéide : Livre I, v. 462) dit : « sunt lacrimae rerum », et l’avant-dernière phrase du récit : « il y a des larmes dans les choses » (p. 7 et p. 647). La deuxième phrase est la traduction de la première et ce type de retour en arrière – auxiliaire essentiel de la quête de Daniel – illustre une des leçons du récit : l’information est sensiblement la même mais elle est passée par une conscience interprétante, il y a eu traduction.
C’est d’ailleurs la leçon que Daniel Mendelsohn tire de son malentendu sur le kessle : le petit-fils ne peut être qu’un traducteur de ses ancêtres, et parfois il se trompe ; il commet un faux-sens :
« Finalement, nous ne nous trompons pas parce que nous ne faisons pas attention mais parce que le temps passe, les choses changent, un petit-fils ne peut pas être son grand-père, en dépit de tous ses efforts pour l’être ; parce que nous ne pouvons jamais être autre que nous-même, prisonnier que nous sommes du temps, du lieu et des circonstances. Quel que soit notre désir d’apprendre, de savoir, nous ne pouvons jamais voir que de nos propres yeux et entendre de nos propres oreilles, et la façon dont nous interprétons ce que nous voyons et entendons dépend, en dernier ressort, de qui nous sommes et de ce que nous pensons déjà savoir ou désirer savoir », p. 605.
Le premier commentaire biblique des Disparus concernait justement un problème de traduction, celui de la première phrase de la Genèse : « Si vous vous trompez sur les petits détails, la grande image sera fausse, elle aussi », p. 31. Ce commentaire annonce la résolution finale : il ne fallait pas traduire kessle par « château » (castel) mais par « boîte » (kestl). Enfin les nombreux commentaires sur l’histoire de l’humanité forment un autre type de boucles dans la mesure où elles mettent du sens en circulation, passant par l’historique et le collectif pour mieux revenir au privé et au singulier.
L’auteur a voulu cette composition circulaire, elle lui plaît et ce, pour différentes raisons. Il s’agit d’abord d’une forme d’hommage à son cher grand-père Aby qui narrait volontiers « par boucles ». Daniel Mendelsohn associe aussi cette technique aux mythes grecs, aux épopées d’Homère ou d’Hérodote par opposition aux récits linéaires des légendes juives qui l’agaçaient, enfant :
« Chaque incident, chaque personnage mentionné pendant qu’il était assis là, […] avait droit à sa mini-histoire, à une histoire à l’intérieur de l’histoire, un récit à l’intérieur du récit, de telle sorte que l’histoire ne se déployait pas […] comme des dominos, mais plutôt comme des boîtes chinoises ou des poupées russes, chaque événement en contenant un autre […] », p. 48-49.
Tandis qu’Aby prend plaisir à digresser, à faire patienter son auditoire, son petit-fils aime, avec ses boucles, rapporter la petite à la grande histoire, par un tissage habile, et engager ses lecteurs à l’interprétation et à la réflexion. Enfin, la composition circulaire permet d’entrelacer le passé, le présent et le futur.

La séparation

L’autre principe n’est pas un principe de narration mais d’organisation de la connaissance, issu d’une tradition de pensée juive : la « havdala » – qui veut dire « séparation » en hébreu (qu’on pense à la séparation du lait et de la viande, du Sabbat des autres jours de la semaine, etc.). Le terme hébreu n’apparaît pas dans Les Disparus mais Mendelsohn se dit sensible, dans la Genèse, au fait que « l’acte de distinguer est la marque même de la création. », p. 559. C’est pour lui « la première expression d’une impulsion qui, en définitive, est la même que celle qui pousse quelqu’un à écrire – imposer un ordre au chaos des faits en les assemblant dans une histoire qui a un commencement, un milieu et une fin. », p. 56. La séparation est sa méthode heuristique : séparer le vrai du faux, le particulier au sein du général, etc. L’histoire des Jäger est davantage un tri, une mise en ordre de ce qu’on lui a raconté qu’une nouvelle connaissance, c’est en somme une redécouverte de « ce qui a toujours été là », p. 610.

***

Daniel Mendelsohn ne fait pas revivre ses ancêtres, il ne les ressuscite pas et ne les sauve pas de leur effroyable assassinat. En revanche, il invente une nouvelle forme de roman familial, que l’on pourrait appeler « saga archéologique » : la narration part du présent et va vers le passé, ne raconte pas un destin mais prend acte de la difficulté à raconter une histoire lacunaire. L’Histoire est à conquérir, raison pour laquelle les coulisses de l’enquête et non uniquement ses résultats sont exposés dans le livre. Cette dimension archéologique permet aussi au narrateur de parler de lui et de s’assumer en tant que non-témoin.
Si ce livre est appelé à devenir un classique, c’est à plus d’un titre et pas seulement parce qu’il a séduit un très large public, reçu de nombreux prix, été traduit en douze langues et salué par de grands noms (Joyce Carol Oates, J. M. Coetzee, ou encore Élie Wiesel). Le narrateur guide le lecteur dans la conduite de son enquête, et surtout lui montre comment la raconter, comment exploiter chaque détail ; grâce à son travail de composition, des liens se font, à la lecture, entre des éléments disséminés, donnant lieu à de multiples interprétations ; et enfin l’histoire singulière et familiale se trouve étroitement connectée à l’histoire de l’humanité, qu’il s’agisse de la Shoah ou de la Torah. La richesse de ce livre, au regard de la brièveté des vies vécues par les ancêtres, est stupéfiante. Et enfin il a « fait école », suscitant d’autres œuvres littéraires ou cinématographiques réalisés par d’autres descendants, notamment des petits-enfants qui prennent conscience, par ce livre, que le vécu des grands-parents n’est pas une terre engloutie dont il ne reste plus rien… Cet ouvrage mérite le titre de « classique en devenir »

Références bibliographiques

Entretiens

« Le livre d’une vie », entretien de Daniel Mendelsohn avec Pierre Assouline à la Maison de la culture Yiddish, Paris, 15 janvier 2008 :

« Daniel Mendelsohn : ‘Comment peut-on être sûr de ce qui est vrai ?’ », Entretien avec Myriam Anissimov, Transfuge, n° 18, novembre-décembre 2007, p. 40-41.

Autres œuvres de Daniel Mendelsohn 

L’Étreinte fugitive, Traduit de l’anglais par P. Guglielmina, Flammarion, 2009.

Paru après Les Disparus, en 2009, et dix ans plus tôt en anglais, c’est le premier volet du triptyque dont Les Disparus forme le deuxième volet. Ce premier livre évoquait déjà brièvement un mythe familial, à savoir l’histoire mystérieuse de la grand-tante Ray, morte avant son mariage à 26 ans.

Une Odyssée, un père, un fils, une épopée, Traduit de l’anglais par C. Meyer et I. D. Taudière, Flammarion, 2017.

Cette fois, Daniel Mendelsohn passe par le texte d’Homère pour évoquer la vie de Jay Mendelsohn, son père décédé en 2012. L’identité de son père n’est pas fragmentée comme la sienne ou disparue comme celle de ses ancêtres, au contraire. Daniel Mendelsohn connaît bien son père, mais les origines de sa nature (fort différente à ses yeux de la sienne) lui sont inconnues et c’est ce qui motive son enquête. De nouveau, il met en relation son histoire familiale avec l’histoire de l’humanité, mais cette fois avec le texte homérique.

Trois anneaux : Un conte d’exils, Titre original : Three Rings : A tale of exile, narrative and fate, Traduit de l’anglais par I. D. Taudière, Paris, Flammarion, 2020.

Ce texte, qui évoque les figures de François Fénelon, Erich Auerbach, et W. G. Sebald, peut être considéré comme un épilogue théorique au triptyque.

Choix d’œuvres dans le sillage  des Disparus

 Textes

Films et documentaires


 

 

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