La question de l’antisémitisme à la lumière de l’historiosophie juive

La question de l’antisémitisme à la lumière de l’historiosophie juive

Par Patrick SULTAN

David Saada, La trace du Sinaï : Les racines profondes de la judéophobie, s.l., Bookelis, 2019.

La recrudescence avérée de l’antisémitisme en ces premières décennies du XXIème siècle, à l’Ouest comme à l’Est, au Nord comme au Sud, suscite toutes sortes d’affects et de passions. Elle émeut, préoccupe, tracasse, inquiète, indigne, tourmente ou bien laisse incrédule, indifférent et sceptique ou bien encore réjouit, exalte, voire suscite une intense jubilation. Elle donne à réfléchir également.

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Nombreuses sont, en effet, les récentes études qui tentent de détecter les formes nouvelles que prendrait cette haine du Juif. L’approche socio-historique de cette question prédomine (Pierre-André Taguieff, Danny Trom…) et ces travaux savants permettent de cerner et de nommer avec plus d’exactitude les métamorphoses de cette haine multiséculaire. D. Saada n’est pas historien mais a lu, et bien lu, nombre des travaux qui font autorité dans la discipline ; il y fait abondamment référence dans La Trace du Sinaï. À son tour, il se confronte à la réalité présente. Mais la méditation qu’il propose se situe dans une tout autre perspective.


Une insatisfaction

Sa réflexion part d’une insatisfaction.La haine envers les Juifs est bien documentée historiquement : à l’époque moderne, quand le peuple juif est en exil ; et à l’époque  contemporaine, où cette aversion et cette hostilité se réalisent dans un plan de destruction pensé et mené presque à son terme par le nazisme. Mais D. Saada note que, pour la période antique, les historiens ont tendance à minimiser les manifestations de la judéophobie, à n’y voir qu’une hostilité, dirait-on, ordinaire. Or, force est de constater que les peuples polythéistes de l’Antiquité, en général favorables au syncrétisme et accueillant volontiers les dieux des autres peuples, ont montré une animosité envers le peuple juif d’une exceptionnelle virulence. Les quatre empires, moteurs de l’histoire, que sont Babylone, la Perse, la Grèce puis Rome (les quatre bêtes de la prophétie dans Daniel, 7) ont, chacun à sa manière, éprouvé une aversion particulière pour les Juifs et tenté de les annihiler.
Mais ce qui laisse le plus insatisfait, ce sont les causes avancées dans la logique historienne pour expliquer cette hostilité. Elles sont les suivantes :  la rivalité, le désaccord religieux, les préjugés xénophobes, la théorie du bouc émissaire. Or, ces causes circonstancielles, morcelées, partielles, insuffisamment explicatives par elles-mêmes, ne rendent pas compte de la permanence et de la persistance du phénomène.
Il faut envisager sous un autre angle la question.

Perplexité

En homme de foi, D. Saada cherche les réponses à ces questions contemporaines, brûlantes d’actualité, dans la tradition juive, dans la Torah : dans la Bible, dans le Midrach et dans la Kabbale. Cela ne laisse pas de surprendre.
La Bible, en effet, n’est-elle pas constituée de récits antiques qui parlent de mondes disparus et dont la véracité est sujette à caution?
Le Midrach (et peut-être vaudrait-il mieux user du pluriel, les Midrachim) offre, au premier regard, une nébuleuse de discours disséminés dans le Talmud et dans des recueils exégétiques hétérogènes, pour ne pas dire hétéroclites, compilés au fil du temps, depuis le Ier siècle de l’ère chrétienne. Ces compilations se présentent sous des formes très variées (allégories, récits, paraboles, sentences…) et paraissent souvent si décousues ou fantaisistes qu’elles défient le bon sens.
Quant à la Kabbale… Le lecteur moderne n’a pas tout à fait tort de se défier de ces livres abstrus et de n’y voir qu’abstractions éthérées, semi-concepts mal formés, propices à toutes les impostures.
Comment un esprit qui ne soit pas disposé à renoncer à son sens commun pourrait-il trouver dans ces textes de quoi éclairer n’importe quelle question, a fortiori la question difficile de l’antisémitisme? Comment, même si l’on consent à les prendre au sérieux, distinguer, dans ces trois sources, le bon grain de l’ivraie?

La Bible, le Midrach, la Kabbale pas à pas

D. Saada est conscient de la grande distance qui nous sépare de ces textes. En homme de savoir et en pédagogue averti, rompu à la pratique exigeante de l’étude juive, il sait qu’une initiation est indispensable pour donner et trouver du sens à ce qui apparaît au premier regard comme un magma informe. Il nous guide dans cet archipel textuel, nous mène, pas à pas, au coeur d’un univers spirituel et conceptuel élaboré et cohérent. Il vaut la peine de le suivre.
Déjà – chacun en a entendu au moins le récit -, la Bible narre les combats d’Israël dont le nom même surgit (Genèse, 32 : 23-32) à l’occasion d’une lutte, d’un corps à corps. Abraham, alors que sa postérité n’est encore qu’une promesse, doit affronter de vives hostilités. Ses héritiers devront lutter tout au long de leur vie et, pour survivre, déjouer les pièges qui leur sont tendus. Cette adversité ne faiblit jamais et, jusqu’à l’exil égyptien, ne cesse de s’amplifier. Même lors de sa sortie d’Égypte, ce petit peuple d’esclaves en fuite s’attire des haines farouches. De multiples figures d’ennemis d’Israël menacent de le détruire : Ésaü, Laban, le Pharaon, Balak, Bilaam. Et cela se poursuit lorsque les Hébreux entrent en Canaan, tentent de trouver une modeste place sur la terre. L’hostilité est permanente comme l’exprime avec constance le Roi David dans les Psaumes. Elle atteint un sommet avec la destruction du Premier Temple par le roi Nabuchodonosor (587 av. J.-C.). Même après le retour de l’exil babylonien (538 av. J.-C.), la détestation ne désarme pas et s’incarne dans diverses personnages dont le plus terrifiant est celui d’Aman, descendant d’Amalek, dans Le Livre d’Esther. D. Saada a donc l’embarras du choix pour nourrir, par la lecture de la Torah, sa méditation sur la haine qui se déchaîne sans interruption sur Israël.
Le Midrach multiplie les développements autour de ces épisodes et de ces figures. Mais, encore une fois, comment ne pas se perdre dans son disparate et son foisonnement? On présente généralement cette multitude de textes comme un commentaire de la Torah. C’est exact si on veut dire par là que c’est une littérature seconde, greffée sur le texte biblique mais il ne faudrait pas en déduire que ce commentaire soit une explication de texte, qu’il explicite et résolve les problèmes de compréhension en donnant une réponse définitive aux questions qu’il soulève. Bien au contraire, le Midrach ne se substitue pas à l’interprète mais il le met au travail, voire à la peine ; il attire le regard sur les aspérités du texte : incohérences, répétitions, redondances, enchaînements, orthographe, graphie, homonymie, jeux sur les racines des mots, anagrammes, échos d’autres versets analogues… Tout est bon pour relancer le questionnement initial, en accroître la force. Le Midrach appelle à un creusement du sens, soulève de multiples interrogations sur un texte dont une lecture naïve n’avait pas fait apparaître les difficultés. Il nous éclaire en mettant au jour les obscurités d’un texte, en nous confrontant à ses opacités… Bien loin de simplifier la tâche du lecteur, il le contraint à aiguiser le regard qu’il porte sur le verset. Il faut par conséquent tout un travail herméneutique subtil pour entrevoir ce vers quoi un commentaire midrachique fait signe. Ainsi, le Midrach, à condition que l’on possède la science et l’art de le déchiffrer, est une ressource majeure pour penser la question antisémite. D. Saada, fin lettré – il l’a montré dans ses précédents ouvrages – est un maître sûr pour nous guider sur les sentiers tortueux de l’exégèse juive.
Enfin, les Kabbalistes – par exemple Gikatila (1248-1325), Isaac Luria (1534-1572), Ramhal (1707-1746) – pour peu qu’on sache les lire avec rigueur et discernement, viennent en renfort pour lui fournir des paradigmes, des schémas de pensée. En authentique penseur juif qui se renouvelle en puisant dans l’immémorial, D. Saada relaye et reprend à son compte les modèles et les catégories à l’oeuvre dans ce discours crypté.
Il trouve dans ces paroles anciennes mais toujours vivaces de quoi forger les instruments adaptés pour penser la réalité actuelle.

Historiosophie juive

Ainsi, fort de l’enseignement de ses maîtres, à qui il dédie son travail, D. Saada entend apporter à la question maintes fois débattue de la judéophobie des réponses neuves. Mais cela oblige à un long digression qui mènera finalement au coeur des questions posées : on ne peut en effet, selon lui, saisir la nature de la haine envers les Juifs qu’en adoptant la perspective dessinée par la Torah et en installant sa réflexion dans un temps long. Son propos ne s’inscrit pas, on l’aura compris, dans une perspective historienne et encore moins historiciste mais plutôt théologique ou philosophique.
Pourtant, il se situe aux antipodes des théodicées inspirées par le christianisme (Bossuet, Leibniz) et même des philosophies de l’histoire comme celles qui se sont élaborées au cours du XIXème siècle, celles particulièrement de Hegel, de Marx et de leurs épigones. Celles-ci tentaient de rendre raison a priori de l’histoire comme d’un processus rationnel, comme une manifestation de la raison dans le temps. Pour ces philosophies, il serait vain de prendre en compte la dimension de l’avenir, de futur et même de l’envisager et qui ambitionnerait de saisir le sens de son temps doit s’abstenir des pronostics, des projections, des anticipations, des récits prédictifs. Pour comprendre ce qui est, il conviendrait de s’en tenir à ce qui fut et ne pas outrepasser cette limite. Or, la pensée juive de l’histoire ne peut que transgresser cet interdit. Si l’histoire a bien un sens, elle repose sur l’espérance messianique d’un monde qui vient, d’une humanité réconciliée accomplissant le projet divin initié dès la Création du Monde et dont Israël est le porteur. 

Un long détour

L’idée centrale de la méditation à laquelle se livre D. Saada est que « le sens de la présence de l’Homme dans la Création est construit dans l’Histoire, c’est-à-dire construit par l’Homme lui-même comme partenaire du Projet divin », p.97. Ce partenariat ou alliance, cette relation amoureuse, ce « désir premier » qui le met au-dessus des autres créatures, donnent à l’homme le pouvoir et le devoir de rendre le monde habitable, juste, éthique, pacifique. Pour cela, il a pour mission d’achever le monde créé, de le parfaire. Cette tâche est exigeante mais à sa portée : elle requiert son entière liberté mais lui crée de lourdes obligations. Difficile liberté! 
Or, dès le commencement, l’Homme échoue à l’accomplir : la violence, le meurtre, le mensonge, la démesure, le désir de posséder et dominer, l’oubli de sa propre liberté, la soumission des idolâtries asservissantes l’emportent et le conduisent à la négation de ce qu’il lui reste à devenir. Il devait être le lien entre le Très-Haut et l’ici-bas, introduire l’Infini dans le Fini et au lieu de cela, on le voit réprimer son « désir premier », dégrader et corrompre toute la relation de transparence qu’il entretenait avec Dieu et par là ruiner tout rapport entre les hommes. Sa sauvagerie, son égoïsme, ses rêve de toute-puissance, sa faiblesse face à la débauche, sa propension à se détruire lui-même enfin, tout mène à l’échec du Projet divin. Le meurtre d’Abel, la génération corrompue du Déluge, la construction de la Tour de Babel marquent dans la Bible les étapes de cette déchéance.
La vocation non pas d’un individu, mais d’une collectivité, d’un peuple particulier, du peuple juif, dès son point de départ, est de maintenir la présence dans le monde de ce « désir premier », de le conserver et de le préserver. Il a le devoir de réparer le monde (en hébreu Tikoune). À la condition qu’il se soumette à la dure Loi de justice et de vérité révélée sur le Mont Sinaï, qu’il ne rechigne pas à jouer ce rôle contraignant, qu’il ne cède pas sur son désir, Israël est -ainsi que l’exprime l’image donnée par la Kabbale-, appeler à être un vase qui contient la lumière dont le monde entier bénéficie. Ce peuple délivre des étincelles de sainteté. Il reçoit pour donner. Cette élection d’un peuple qui porte dans son être profond la « trace du Sinaï » ne consacre pas une supériorité. C’est un pouvoir de bénédiction qui porte un double régime de salut. Le Juste, à quelque nation qu’il appartienne, connaîtra, lors de l’avènement messianique, la plénitude d’une universelle rédemption.

La source de la judéophobie

Cette promesse a un double effet sur les peuples du monde, les soixante dix nations selon la tradition midrachique : l’attraction et la répulsion. Amour et haine sont inextricablement mêlées. « Hainamoration » pour reprendre le néologisme lacanien ! « La source profonde de la judéophobie est cette opposition des forces négatives à la libération du désir premier. La trace du Sinaï attire les étincelles de sainteté, mais en même temps suscite l’opposition acharnée des forces négatives à cette libération. C’est par la rencontre des inconscients collectifs d’Israël et des nations que sont produits aussi bien le désir de délivrance des étincelles de sainteté que la réaction des forces négatives pour préserver leur emprise sur elles. L’attraction et la répulsion ont une même cause, l’effet de la trace du Sinaï sur les deux composantes de l’inconscient collectif des nations. Au sein d’une même civilisation, l’attirance pour Israël vient des étincelles de sainteté, la répulsion des forces négatives », p.168.
Le peuple égyptien, tel qu’il est décrit dans le livre de l’Exode, est un parfait exemple pour saisir cette funeste ambivalence. La même Égypte qui avait accueilli Joseph et ses frères comme des princes ne tarde pas à les réduire à l’esclavage et les condamner à une destruction au moins partielle.
Si l’on entre dans cette logique, il est possible de comprendre les tactiques (p.185-191) et les stratégies (p.192-204) récurrentes de la judéophobie. Les nations s’en prennent soit à la Torah (anti-judaïsme), soit au peuple (antisémitisme), soit à la terre où il réside (anti-sionisme), adoptant soit le mode de la profanation, soit celui de la dépossession.

Une ardente démonstration

On est admiratif devant la cohérence et la consistance d’une telle argumentation. D. Saada avance pas à pas, explicite sans cesse non sans quelque lourdeur parfois, s’interdit tout raccourci, toute ellipse ou toute allusion, au détriment de l’élégance dans l’expression mais toujours au profit de la clarté d’exposition. Il souligne fortement l’articulation des idées, martèle au fil de son ardente démonstration les mots-clés qui structurent son raisonnement.
On demeurera toutefois réservé à l’égard de cette notion d’inconscient collectif (dont Freud lui-même se défiait), et plus généralement de l’usage métaphorique de la terminologie freudienne pour appréhender l’esprit des peuples. Il est, au reste, bien hasardeux et téméraire de manier de façon univoque et an-historique des catégories comme «l’Occident», « la Grèce», «Rome», l’«Islam», etc. Ainsi D. Saada parle du « code génétique spirituel » des nations (p.93), notion douteuse et suspecte. Sans doute, n’est-ce là qu’une image pour faire saisir une réalité spirituelle et faut-il la mettre au compte de la volonté didactique qui anime son auteur. Mais éclairer une idée par une image obscure ne semble pas de bon aloi. Le recours au vocabulaire en usage dans le discours psychanalytique est seulement analogique et l’auteur le justifie par le parti résolument pédagogique qu’il adopte : celui de rendre audible son propos au lecteur contemporain peu familiarisé (et ils sont légion!) avec la terminologie courante dans les livres du Midrach et de la Kabbale. Mais ce voeu de clarification maximale a son revers qui est le risque de brouiller le propos ou de l’affadir. On peut donc espérer que dans de prochains travaux, dans de subtiles lectures,  le sens et les caractéristiques que donne le Midrach à ces nations ou royaumes ou autres entités spirituelles soient précisés, enrichis, et déterminés.
Pourtant, pour peu que l’on accepte, au moins par provision, les postulats indémontrés sur lesquels elle se fonde, la thèse que soutient D. Saada, interprète fidèle, semble-t-il,  de la tradition juive, ouvre à un autre regard sur les manifestations de la judéophobie mondialisée auxquels nous assistons. Sa limite (du point de vue conceptuel) n’empêche nullement sa fécondité, sa capacité à persuader et à ébranler l’édifice des certitudes établies par un historicisme réducteur.

Bibliographie 

La bibliographie (233-239), très riche, proposée et utilisée par David Saada est, malencontreusement, tronquée ; il y manque toutes les dates de publication ainsi que les lieux de publication pour les ouvrages en anglais et en hébreu.

Midrach

  • David Banon, Le Midrach, Paris, PUF, 1995, Coll. Que Sais-je?.
    Succincte présentation historique et description du corpus midrachique.
  • David Saada :
    Le pouvoir de bénir, Paris, Bibliophane, 2006.
    Le point intérieur, Paris, Albin Michel, 2009.
    Les moissons de lumière, Paris, Biblieurope, 2012.
    Au coeur du verset, Paris, In Press, 2015.
    Dans ces ouvrages, D. Saada propose la lecture précise de courts extraits de la Bible ; il éclaire les versets en  décryptant des ‘midrachim’ qui les commentent. Une attention aiguë à la lettre du verset, un rare talent pédagogique font de ces ouvrages d’exégèse juive des outils précieux qui se placent, par leur précision, bien au-dessus de la plupart des lectures bibliques disponibles en français.

Sur la Kabbale

  • Gershom Sholem, Les grands courants de la mystique juive : La Merkaba, la gnose, la kabbale, le Zohar, le sabbatianisme, le hassidisme, Titre anglais : Major Trends in Jewish Mysticism (1941),  Traduit de l’anglais par M.-M. Davy, Lausanne, Éditions Payot-Rivages,  2014, Collection Petite bibliothèque Payot.
    Cet ouvrage ancien est un classique, déjà ancien mais remarquable par les synthèses limpides qu’il propose. On lira particulièrement, pour compléter la lecture de La trace du Sinaï, le chapitre VII : Isaac Luria et son école, p. 261-304.

Une excellente présentation du travail considérable accompli par l’historien G. Sholem dans Pierre Gisel, « Gershom Scholem, d’une redécouverte de la kabbale et de ses enjeux », ThéoRèmes [En ligne], Philosophie, mis en ligne le 04 février 2011, consulté le 25 juillet 2019. URL : http://journals.openedition.org/theoremes/150 

Sur l’ histoire de l’antisémitisme

  • Léon Poliakov, Histoire de l’antisémitisme , Tome 1 : L’âge de la foi et Tome 2 : L’âge de la science, Paris, Seuil, 1991, Collection Point Histoire.
    Ce travail pionnier et unique en son genre, publié entre 1956 et 1977 en quatre volumes chez Calmann-Lévy, couvre l’histoire de l’antisémitisme de l’Antiquité jusqu’au génocide nazi.
    Pierre-André Taguieff, L’antisémitisme, Paris, PUF, 2015, Collection  : Que Sais-je?.
    Fort de ces très nombreux travaux sur l’antisémitisme, l’auteur, dans cet ouvrage récent, classe, désigne et nomme les différentes formes que prend la haine des Juifs au cours de l’histoire, et particulièrement après la Shoah.
  • Danny Trom, La France sans les Juifs ? : Emancipation, Extermination, Expulsion, Puf, 2019, Collection : Émancipations.
    Une analyse approfondie des multiples causes qui font de la France, en 2019, une terre d’émigration pour de très nombreux Juifs.

Sur l’historiosophie

  • Christophe Bouton, « L’histoire de l’avenir. Cieszkowski lecteur de Hegel », Revue germanique internationale, 8, 2008, mis en ligne le 30 octobre 2011.
    Disponible en ligne sur Open Journals : https://journals.openedition.org/rgi/375
    Une étude qui permet de comprendre comment l’historiosophie propose un dépassement, dans la continuité, de la philosophie hégélienne de l’histoire.
  • Jacob Gordin, Écrits – Le renouveau de la pensée juive en France, textes réunis et présentés par Marcel Goldmann, avec préface de Léon Askénazi, Paris, Albin Michel, Paris, 1995, Collection Présences du Judaïsme,
  • Céline Trautmann-Waller, « Jacob Gordin ou le judaïsme d’un philosophe européen : Saint-Pétersbour-Berlin-Paris », Paris, Les Belles Lettres, « Archives Juives », 2013/2 Vol. 46, p. 30-58.
    Disponible en ligne sur Cairn : https://www.cairn.info/revue-archives-juives1-2013-2-page-30.htm
    Le parcours à travers l’Europe de l’entre-deux guerres, du savant juif qui, instruit de tous les courants philosophiques de son temps, a jeté les fondements d’une historiosophie juive.

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