Juifs dans l’Afrique romaine : Une présence millénaire

Juifs dans l’Afrique romaine : 

Une présence millénaire

par Marie-Laure Rebora

Yann LE BOHEC, Les Juifs dans l’Afrique romaine, Paris, Memoring Editions, 2021,
Suivi d’un Entretien avec l’auteur

La monographie que le Professeur Yann Le Bohec consacre aux Juifs dans l’Afrique romaine, est tout à fait unique en son genre. Cet ouvrage est le premier de ce type à être entièrement et exclusivement dédié à l’histoire, fascinante mais peu explorée, des communautés juives africaines dans l’Antiquité. L’historien, pour reprendre la formule de sa préfacière M. Hadas-Lebel,  « fait parler les pierres et émerger du passé les Juifs d’Afrique avec leurs noms » ; il leur redonne leur identité, leur histoire mais aussi, tout simplement, leur place dans la carte de l’Empire romain.

Cette première étude sur le sujet – c’est là une autre singularité que l’on peut y trouver et qui, à première vue, pourrait sembler paradoxale – n’est pas le fruit d’un spécialiste du judaïsme antique mais d’un universitaire mû par un intérêt personnel et par une curiosité qui ont mûri au cours d’une carrière consacrée à la recherche et à l’enseignement.
Enfin, comme l’auteur le souligne lui-même, dès les premiers mots de son introduction, la rédaction d’un tel ouvrage peut sembler « un étrange projet, quand on n’est pas juif mais « seulement » universitaire », p. 15. Pourtant, la richesse de cette monographie tient, sans nul doute, à cette position, à ce regard porté par un non-spécialiste et, qui plus est, par un non-Juif sur un peuple qui, défiant toutes les conceptions philosophiques de l’histoire, sort de l’ordinaire et fut – en raison de sa double définition, religieuse et ethnique – incompréhensible pour bien d’autres peuples, à commencer par les Romains.
Ce travail, ample et court tout à la fois, servi par une érudition impressionnante, offre  une vision surplombante tout en n’omettant aucun détail, dans les sept grandes parties qui le composent, elles-mêmes découpées en points plus spécifiques. Il invite chacun à remettre en cause un certain nombre de mythes établis, que Yann Le Bohec déconstruit méthodiquement et de manière convaincante ; il permet d’approfondir des pistes laissées ouvertes comme autant de chemins à parcourir une fois la lecture achevée.

Les sources dont dispose l’historien

Plusieurs types de sources différentes aident l’historien dans son travail d’enquête et de reconstitution de l’histoire des communautés juives de l’Afrique romaine – autant de matériel que reprend Yann Le Bohec dans ses analyses, en le rendant accessible au plus grand nombre.
La première sorte de sources présentes est de type épigraphique : il s’agit des dizaines d’inscriptions, en majorité des épitaphes (inscriptions funéraires), publiées et commentées, notamment dans le corpus des Inscriptions juives et judaïsantes de l’Afrique romaine.

Traduction de l’inscription :  » La sainte synagogue de Naro, c’est, pour son salut, ta servante Juliana de Pt(olemaïs ?) qui
en a fait faire le pavement de mosaïque à ses frais
« /Mosaïque de la synagogue de Hammam Lif (Naro)/ Musée national du Bardo/ Photographie de Ovva Olfa

À ce premier type s’ajoutent les sources archéologiques qui comprennent deux synagogues, une nécropole et un mobilier assez consistant, comprenant des lampes à huile et des tablettes inscrites.
Viennent également les sources littéraires, type de source plus difficile à manier car il demande une nécessaire prudence et un regard critique constant par rapport aux auteurs, si ceux-ci sont connus, et au contexte de rédaction. Certains textes sont écrits par des Juifs et se divisent en deux ensembles : les textes plus anciens issus de la Bible et les textes plus récents qui constituent le Talmud, subdivisé en Michna (qui regroupe les traditions codifiées) et Guemara (commentaires de la Michna). Le Talmud lui-même connaît deux traditions dont les écrits sont nommés en fonction de l’aire géographique de rédaction : le Talmud de Jérusalem (ou Talmoude Yeruchalmi, en réalité compilé dans la région de Tibériade) et le Talmud de Babylone (ou Talmoude Bavli). En revanche, d’autres textes sont l’œuvre d’auteurs chrétiens, notamment les Pères de l’Eglise, et regroupent principalement des lettres (epistulae), des sermons (sermones) et des traités de théologie qui visent bien souvent, par la force supposée de leur argumentation, à susciter des conversions à la foi chrétienne. C’est pourquoi il convient d’examiner ces écrits avec minutie, sans oublier, par ailleurs, que les sources littéraires chrétiennes, comme leurs homologues juives, évoquent davantage le sort des Juifs vivant dans l’Empire de manière générale, même si bien des situations peuvent être appliquées au cas particulier du Maghreb.
Enfin, Yann Le Bohec recense aussi la présence de lois promulguées par le pouvoir romain qui, si un certain nombre visait l’ensemble de la population juive de l’Empire, pour certaines, concernaient exclusivement les communautés de la région, ce qui présente évidemment un grand intérêt pour l’historien.

Perspectives historiques et géographiques

Avant d’entamer toute étude historique sérieuse, il convient toujours d’établir des bornes chronologiques définissant l’espace temporel étudié : les deux dates retenues et motivées par Yann Le Bohec sont 146 av. J.-C. et 429 ap. J.-C..
146 av. J.-C., c’est le moment où, au lendemain de la Troisième Guerre Punique et de la défaite carthaginoise qui entraîne la destruction de Carthage, l’Afrique devient romaine, même si elle ne devient pas immédiatement une province et, à l’autre bout de la chronologie, 429 ap. J.-C., correspond à la fin de l’Afrique romaine à la suite de l’occupation de cette dernière par les Vandales.
Une fois les bornes chronologiques fixées, la première tâche méticuleuse à laquelle l’historien s’applique est de démolir méthodiquement un vieux mythe infondé, celui d’un prétendu judaïsme punique, mis en avant par l’orientaliste Nahum Slousch (Hébréo-Phéniciens et Judéo-Berbères, Archéologie marocaine, XIV, Paris, 1908). Selon Slousch (qu’on a pu nommer « le premier archéologue juif »), les Juifs seraient ainsi arrivés au Maghreb en même temps que les Phéniciens, par la suite désignés comme Puniques (c’est-à-dire « Phéniciens de l’Ouest »). Pour étayer sa théorie, Slousch argue notamment de la proximité, soulignée par des textes anciens, des langues punique et hébraïque, proximité qu’il convient néanmoins de nuancer.
L’état des preuves à notre disposition infirme en effet cette thèse et semble aller dans le sens d’une arrivée des Juifs à l’époque romaine. Les objets, qui ne peuvent être datés qu’approximativement, sont souvent tardifs et estimés au Bas-Empire ; ils ne sauraient donc être convoqués pour conclure à l’hypothèse d’un peuplement ancien. Suivant l’avis de la plupart des historiens contemporains qui désignent la fin du Ier siècle de notre ère comme siècle d’installation des communautés juives africaines, Yann Le Bohec estime une première vague d’arrivée des Juifs en Afrique après la guerre de 66-70/73 et une seconde vague, plus importante, après la guerre de 132 à 135/136, ces deux révoltes de Judée bien connues étant à l’origine de l’arrivée massive d’esclaves juifs dans plusieurs parties de l’Empire romain, dont en Afrique et à Rome.
L’auteur y ajoute également les possibles répercussions des insurrections de 115-117 à Chypre et en Cyrénaïque (province qui correspond à la partie orientale de l’actuelle Libye) ainsi que l’hypothèse d’exils volontaires motivés par la pauvreté de la Judée.
Deux types de migration sont également envisagés : un trajet direct par voie de terre, depuis la Judée vers l’Afrique, mais aussi un trajet indirect ponctué par un passage par Rome.
Ces communautés connaissent par la suite une période de tranquillité relative (p. 23) aux IIème et IIIème siècles, après la guerre d’Hadrien et jusqu’au règne de Constantin (307-337), marqué par la transformation de l’État polythéiste – Yann Le Bohec refuse, à juste titre, le terme de « païen », injure forgée par les chrétiens afin de faire passer leurs adversaires pour des « paysans » (pagani) dépourvus de toute culture – en un État chrétien. Comme le relève l’historien, c’est paradoxalement aux IVème-Vème siècle, alors que commencent les persécutions, officialisées par une loi en 423 et symbolisées par la diffusion de lampes à huile arborant le Christ debout qui foule aux pieds une menorah, que l’expansion des Juifs africains est la plus forte.

La question des origines

Un autre sujet de débats constants est celui de l’origine des Juifs d’Afrique, question épineuse que l’auteur affronte sans la contourner, retranscrivant le détail des différentes hypothèses proposées (origines locales – puniques et libyennes dans le Nord, berbères dans la frange septentrionale du Sahara ; origine orientale ; mélange de Juifs carthaginois fuyant les persécutions chrétiennes et de Berbères convertis, pour ce qui est des communautés marocaines). Tout en reconnaissant la fragilité de tous les points de vue, l’historien tranche plutôt pour une provenance de Palestine, qui lui semble la plus probable.
Pour ce qui est de la localisation des communautés juives africaines, Yann Le Bohec reprend une citation de Jérôme, célèbre Père de l’Eglise, qui affirme que les Juifs sont présents « a Mauretania per Africam/depuis la Maurétanie et à travers l’Afrique » p. 25. De manière plus fine et plus précise, les restes archéologiques nous permettent de constater une forte présence juive à Carthage, capitale de la province et deuxième ville de l’empire (après Rome) qui devait concentrer la plus grande communauté, ce qu’a révélé la découverte d’un très vaste cimetière à Gammarth (aussi Gammart, Gamart et Gamarth…) qui pouvait apparemment contenir plusieurs milliers de corps et constitue, à ce jour, le seul cimetière juif bien identifié en Afrique.

Caveaux funéraires du Djebel Khaoui/ Photographie de Hassene Nostra prise en 2017

Le nom de Carthage est également évoqué par les sources talmudiques.
Une inscription atteste également la présence d’une synagogue, et donc d’une communauté, à Utique, située à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Carthage ; deux autres synagogues ont été trouvées à Hammam-Lif et à Kelibia, mais elles datent peut-être de l’époque vandale. Plus à l’est, en Tripolitaine (partie occidentale de l’actuelle Libye), la ville de Sirte est mentionnée comme emplacement des Juifs (esclaves) de l’empereur (locus Iudaeorum Augusti) dans deux sources antiques, une carte de géographie antique du IIème siècle et une sorte de guide de voyage du début du IIIème siècle. Des inscriptions font, entre autres, aussi état de la présence de Juifs à Tripoli et, plus à l’ouest de l’Afrique, à Tanger et à Volubilis (actuel Maroc), à Sétif et à Tipasa (actuelle Algérie).
Yann Le Bohec suggère aussi l’hypothèse d’une présence de communautés juives dans deux autres lieux d’Algérie : à Hippone, la cité de l’évêque Augustin, ainsi qu’à Constantine. Des individus isolés ont par ailleurs pu être rattachés à d’autres localités, en raison d’inscriptions ou d’objets : c’est, par exemple, le cas d’un certain Judas dont le sarcophage a été retrouvé à Hr Harat, au sud de Tunis.

Carte de dispersion des Juifs dans l’Afrique Romaine (p.27)

On mesure donc à quel point la présence juive en Afrique était dispersée sur l’ensemble du Maghreb, notamment à travers un large réseau de synagogues de la Tripolitaine jusqu’à la Maurétanie de Tanger, qui ne comprenait pas moins de dix synagogues. Des objets (lampes, intailles, tablettes magiques) nous apparaissent comme autant de traces de cette vie juive, conservées pour perpétuer leur souvenir et faire les délices de l’historien en quête de sources.

Entre intégration et conflits

La question de l’insertion des Juifs dans les sociétés majoritaires non juives, plus ou moins réussie et ponctuée de persécutions et de conflits, traverse la totalité de l’histoire juive frappée du sceau de l’exil, jusqu’à la création de l’État d’Israël. L’histoire des Juifs de l’Afrique romaine n’y fait pas exception.
Afin d’aborder ce point majeur de son étude, Yann Le Bohec revient d’abord sur les statuts juridiques de ces Juifs africains, élément essentiel dans une société régie par les contraintes du droit, tant public que privé, qui décidait complètement de la vie des hommes. Comme l’ensemble des habitants de l’Empire, les Juifs se voyaient conférer une place dans la société, fussent-ils esclaves, affranchis, pérégrins ou même citoyens romains. À ce statut particulier correspondait une nomenclature clairement définie : on reconnaît un esclave à son nom unique suivi de la mention de son propriétaire, qui pouvait être l’empereur lui-même ; le citoyen romain est identifiable à ses tria nomina (praenomen, nomen et cognomen qui correspondent à peu près à nos actuels prénom, nom de famille et surnom, le cognomen différenciant clairement les individus), tandis que l’affranchi, homme libre, comme le citoyen, mais faisant figure de parvenu, portait les tria nomina si son maître était un citoyen, lui empruntant praenomen et nomen et ajoutant son nom d’esclave pour le cognomen. Le pérégrin avait, comme l’esclave, un nom unique, mais sans mention de maître. Il est à noter que, dans l’Antiquité tardive, ce système fut simplifié, avec la disparition progressive des praenomen et nomen, alors même qu’avec l’édit de Caracalla de 212, une grande majorité des hommes vivant dans l’Empire romain accédait à la citoyenneté romaine.

Constitution Antoniniana/Document déposé à la Bibliothèque Universitaire de Giessen en Allemagne/ Il comporte deux colonnes et contient trois édits de Caracalla, datant de 212 et de 215, en langue grecque. La loi dite « constitution antonine », dont il ne reste qu’un fragment, figure sur ce papyrus qui remonte approximativement à l’an 215 ; on peut y lire : « « Je donne la citoyenneté romaine à tous les pérégrins du monde habité, toutes les formes d’organisation municipale étant maintenues, exception faite pour les déditices »

La rapide étude onomastique que propose l’auteur à travers un tableau synthétique révèle des résultats intéressants quant à la répartition des origines des noms attribués : la majorité des noms (36) est d’origine latine, puis viennent ensuite les noms hébreux (27), grecs (6) et africains (4). Ce qui frappe le lecteur, par comparaison avec d’autres communautés juives antiques, comme celles de Rome, est la forte proportion de noms hébreux, qui traduit un attachement à l’identité juive et peut-être même à la langue hébraïque.
Au statut individuel propre à chaque individu juif s’ajoutaient aussi des privilèges associés aux Juifs en tant que communautés, conférés, sous la République, par Jules César, en raison, entre autres, du soutien des Juifs pendant la guerre d’Alexandrie (48-47 av. J.-C.) et confirmés par la suite par Auguste, fils adoptif de César.
Sept privilèges étaient accordés aux Juifs, parfois remis en cause au moment de crises majeures :

  • Ils ne pouvaient pas être expulsés.
  • Ils avaient le droit de posséder des synagogues.
  • Ils étaient libres de pratiquer leurs coutumes et traditions (comme la circoncision, l’observance du Sabbat). 
  • Ils pouvaient être jugés selon la loi mosaïque.
  • Ils étaient exemptés du service militaire.
  • Les communautés disposaient d’une certaine autonomie.
  • Elles pouvaient taxer leurs coreligionnaires, en cas de nécessité.

Mais, évidemment, ce système fut sévèrement mis à mal lorsque le christianisme s’imposa à partir de Constantin : des mesures hostiles furent prises contre les Juifs et, au Concile de Carthage de 419, les Juifs furent déclarés infames (traduit par Yann Le Bohec comme « infâmes », sans honneur, p. 42), injure qui leur resta associée encore pendant des siècles.

Riches ou pauvres ?

En ce qui concerne leurs niveaux de fortune et d’aisance, comme le souligne Yann Le Bohec, l’historien doit prendre garde à plusieurs pièges qui lui sont tendus par ces sources. Si, en effet, les sources archéologiques semblent laisser supposer que les Juifs devaient être comptés parmi les pauvres, en raison de l’état d’anonymat de l’immense majorité des sépultures de la nécropole de Gammarth, par exemple, et de la qualité médiocre de celles qui portent le nom du défunt (écrit sur des tuiles ou directement sur la terre cuite, sur les parois, au charbon ou à la peinture rouge etc.), les auteurs latins, notamment chrétiens, donnent à voir le portrait de gens riches.
Le Talmud lui-même évoque la richesse de l’Afrique, pays béni aussi prospère que la terre de Juda (p. 43). Il convient donc de ne pas céder à des conclusions hâtives.
Il est donc ainsi rappelé que, si les Juifs étaient contraints de payer les charges des décurions (membres des conseils municipaux), comme s’ils étaient membres de ces assemblées, dans les faits, aucun d’entre eux n’en faisait partie, en tant que pérégrins et que Juifs, qui ne pouvaient donc pas participer aux cérémonies religieuses, et particulièrement au culte impérial, ce qui relativise cette image d’aisance financière.
Yann Le Bohec préfère donc poser trois conclusions prudentes et sensées : la majorité des Juifs africains étaient pauvres, mais il existait une minorité de gens riches ; les communautés ont pu, à quelques moments, bénéficier de moyens financiers importants. Il date cet apogée des moyens financiers des communautés synagogales au Vème siècle, sous la domination vandale de l’Afrique : on trouve en effet deux synagogues, à Hammam-Lif et à Kelibia, pourvues de mosaïques éblouissantes, dont la réalisation fut financée par de riches bienfaiteurs.

Mosaïque de la synagogue de Naro (actuellement Hamman-Lif) en Tunisie/Date de construction estimée entre le IIIème et le IVème siècle/Musée de Brooklyn


Les professions exercées par les Juifs semblent, d’après l’auteur, avoir été très diverses, d’autant plus que, contrairement à des pratiques en vigueur par la suite, aucun métier n’était ni réservé ni interdit aux Juifs. Il est cependant admis que la majorité d’entre eux étaient des paysans, mais on trouve aussi des fabricants de lampe à huile et… peut-être même un joaillier attesté à Hammam-Lif (même si ce dernier cas est discuté).

Le sentiment religieux

Pour autant qu’il soit possible, à des siècles de distance, de juger d’un phénomène aussi peu saisissable que la piété d’individus uniquement connus par leurs inscriptions et épitaphes, il semble qu’il faille se ranger à l’avis énoncé par Claude Aziza (dans son article sur « Quelques aspects de la communauté juive de Carthage du IIème siècle d’après Tertullien ») qui, à propos des Juifs d’Afrique, parle d’une véritable piété.
La documentation épigraphique à notre disposition va, en effet, complètement dans ce sens : les inscriptions regorgent en effet de chandeliers à sept branches/menorote – même si on trouve aussi une représentation de chandelier à cinq branches !). Or, pour reprendre les mots mêmes de Yann Le Bohec, « la menorah, c’est le Temple ; le Temple, c’est Jérusalem ; et Jérusalem, c’est la Judée», p. 57 ; l’auteur y voit donc la marque d’un attachement profond et persistant non seulement à l’identité juive religieuse mais également nationale, à la terre même de Judée.
Les autres motifs juifs récurrents sont le chofar (trompette en corne de bélier, renvoyant à la célébration du Yom Kippour), le loulav (faisceau de branches de palmier-dattier), parfois accompagné du hadasse (myrte) et de l’aravah (saule), l’etrog (cédrat), qui, avec le loulav, le hadasse et l’aravah, fait partie du bouquet des quatre espèces de Judée et rappelle, comme ces autres végétaux, la fête de Souccote (aussi appelée « fête des cabanes »). Il est à noter que tous ces symboles spécifiquement juifs ne sont pas propres à l’Afrique romaine mais se retrouvent dans les inscriptions de l’ensemble des communautés juives de cette période, ce qui semble souligner l’esprit d’unité du peuple juif, par-delà les différences propres à chaque communauté.

« La menorah, c’est le Temple ; le Temple, c’est Jérusalem ; et Jérusalem, c’est la Judée», p. 57/Mosaïque de la Synagogue de  Naro Hammam Lif/Musée du Bardo

Yann Le Bohec note ainsi l’imperméabilité des inscriptions juives aux influences polythéistes ; certains symboles, plus rares, communs aux épitaphes juives, polythéistes et chrétiennes, se voient conférer une tout autre signification en fonction du contexte et du commanditaire, différence qui est à prendre en compte.
Les croyances de ces communautés, à l’exception évidente de la foi en un Dieu unique, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et dans le don de la Torah, ont fait l’objet de débats. Beaucoup d’historiens estiment que ces communautés se seraient ralliées au pharisaïsme après les désastres de 70 et de 136, mais ce point de vue est parfois discuté par ceux qui remettent en question l’influence rabbinique. Toutefois, le Talmud et l’épigraphie de la Tingitane (région de Tanger) attestent la présence de rabbins en Afrique. Certains pensent que les Juifs africains accordaient une plus grande importance à la Bible, au Livre qu’au Temple de Jérusalem ; les symboles relevés dans les inscriptions, comme nous l’avons vu, nuancent ce point de vue, voire semblent l’invalider.
Dans tous les cas, l’iconographie des inscriptions retrouvées dans les nécropoles (fleurs, fruits et eaux courantes) et les écrits de Tertullien, Père de l’Église africain, laissent penser que les Juifs africains croyaient en la résurrection de la chair.
Sur le plan des rites, les Juifs africains semblent avoir été assez scrupuleux dans leur observance (même si on peut imaginer qu’elle variait en fonction des individus), si l’on en croit Tertullien : ils étaient particulièrement attachés à leurs fêtes et au respect de trois rites, à savoir la circoncision, les prières et le Sabbat ; ils pratiquaient le rite des ablutions (netilate yadayime), s’abstenaient de consommer du porc, jeûnaient et consommaient du pain azyme (matza) quand cela leur était prescrit ; les femmes portaient un voile, signe de pudeur (à rapprocher peut-être des règles de tsnioute énoncées par le judaïsme rabbinique), détail qui suscite l’intérêt et même l’admiration de l’auteur chrétien. Le centre des pratiques religieuses était la synagogue, autour de laquelle vivait véritablement chaque communauté.

Le judaïsme africain et ses marges

Comme toute religion, et ce bien que les statuts des individus aient été en général plus clairement définis et stables au sein du monde antique, il convient d’appréhender le caractère mouvant des communautés juives, africaines en l’occurrence : en marge du judaïsme, des non -Juifs étaient attirés par les pratiques juives – certains franchissaient le pas de la conversion, tandis que d’autres restaient à la porte, pratiquant le judaïsme sans jamais recevoir le statut de Juif – tandis que des Juifs se détournaient de leur foi ancestrale, par conviction ou par simple conformisme.
Parmi les non-Juifs attirés par le judaïsme qui comptent une forte proportion de femmes, on peut distinguer les prosélytes (convertis) et les metuentes (craignant-Dieu ou judaïsants), qui suivaient les pratiques juives sans être passés par une conversion. Prosélytes et metuentes étaient nombreux parmi les polythéistes, mais aussi parmi les chrétiens : on trouve ainsi un grand nombre d’inscriptions de judaïsants chrétiens où coexistent symboles chrétiens (comme le chrisme) et juifs (la menorah) ou la présence, dans des inscriptions de Sour el-Ghozlan (en Algérie) et de Volubilis, de noms en Sabbat – qui désignent des fils de judaïsants chrétiens. Le phénomène devait prendre une certaine ampleur, si l’on en croit l’ardeur que mettent Augustin d’Hippone et Jérôme à combattre les tendances judaïsantes de certains chrétiens africains jugés « déviants ». Une inscription de Hr Djouana (en actuelle Tunisie) semble quant à elle évoquer l’existence d’une famille de polythéistes judaïsants, car elle fait référence à des passages juifs.

Épitaphe sur une pierre tombale en forme de cupule / « Ωδε κοιματε Καικιλιανος ο προτοπολίτες, πατήρ της σννα\γωγής των Ίον\δέων’ ήτών με’ , μενας η , εμέρας γ’/ Ici repose Cécilianos, chef et père de la synagogue, (il vécut) 45 ans, 8 mois et 3 jours »/ Ksar Pharaoun sur le site de Volubilis.


En sens inverse, la présence de nombreux traités intitulés Adversus Iudaeos (à traduire non pas par « Contre les Juifs » mais plutôt par « À l’adresse des Juifs ») traduit la tendance des chrétiens au prosélytisme, notamment dans leurs rapports avec les Juifs ; plutôt que de constituer des textes remplis de reproches et d’injures, ces traités, par des artifices rhétoriques, visent à convaincre un interlocuteur juif fictif de l’auteur chrétien qu’il se trompe et qu’il a tout intérêt à corriger son erreur en embrassant la foi chrétienne. Les conversions au christianisme sont par ailleurs attestées par quelques inscriptions, comme celles de Moses et d’Agag à Sirte, en Tripolitaine.

***

« Qu’est-ce que les Juifs d’Afrique ont apporté à l’Afrique ? Et qu’est-ce que l’Afrique a apporté aux Juifs ? », p. 89. Telles sont les deux questions ou plutôt, même, telle est la double question – tant les deux termes, Juifs et Afrique, sont intimement liés –  formulée au terme de l’ étude, brève certes mais fine et précise de par sa grande documentation et le remarquable travail de synthèse des sources mises à disposition du lecteur.
Question large, ouverte, qui prend une résonance toute particulière quand on réfléchit à la présence millénaire des Juifs au Maghreb et aux mélanges culturels qui se sont opérés au fil des siècles de cette histoire particulière et qui font toute la saveur, tout le charme des traditions de ces communautés juives sépharades.
Yann Le Bohec, esquissant quelques éléments de réponse au lecteur, laissé à lui-même face à la beauté des lampes à huile, des mosaïques d’Hammam-Lif, des vies que nous laissent imaginer, à demi-mot, les épitaphes et autres inscriptions retrouvées, met en lumière un paradoxe intéressant : arrivés bien tard – non à l’époque punique, comme le veut un mythe qui a encore la vie dure -, surtout après 70 et 136 de notre ère, esclaves, affranchis, pérégrins, citoyens romains, ils ont prospéré un peu partout, dans tous les domaines de la vie, à l’exception notable de la vie municipale. Le Bas-Empire constitua l’apogée de cette phase de prospérité, à l’époque romaine, alors même que les premières persécutions apparurent sous la pression des chrétiens.
Mais surtout, bien que fermement installés en terre africaine – et c’est sur cette très belle note que s’achève la monographie– jamais ils n’oublièrent, semble-t-il, leur terre d’origine et la place à jamais centrale du Temple, de Jérusalem, de la Judée, symbolisée par la quasi omniprésence de la menorah dans les inscriptions juives. Espéraient-ils en la reconstruction du Temple de Jérusalem et en un retour du peuple juif exilé en Eretz Israel, sa terre promise et inaliénable ? De manière très personnelle et touchante, Yann Le Bohec conclut sobrement : « Nous pensons qu’ils ont toujours gardé l’espoir d’un retour en Palestine : « L’an prochain à Jérusalem… », p. 89.


Entretien avec le Professeur Yann LE BOHEC

Réalisé  en janvier 2022 par Marie-Laure Rebora

Pourquoi ce livre ?

Yann Le Bohec : Il faut tout d’abord comprendre l’esprit dans lequel j’ai travaillé. La première raison de ce travail est universitaire. Mon directeur de thèse de l’époque, Marcel Le Glay (historien français, spécialiste de la Rome antique), m’avait proposé comme sujet de thèse « Les étrangers dans l’Afrique romaine ». J’avais donc constitué un petit dossier sur les Juifs, que j’ai par la suite conservé, même si ma thèse a porté finalement sur l’armée romaine.
La deuxième raison est que ces communautés juives africaines sont des communautés importantes, actives et que je connais bien les Juifs. Jusqu’à la parution de mon ouvrage, il n’y avait pas de livre scientifique sur les Juifs de l’Afrique romaine et les ouvrages sur les Juifs du Moyen-Âge qui abordaient la période antique contenaient beaucoup d’erreurs. Une mise au point sur les thèses énoncées par Nahum Slousch et Mathias Mieses me semblait nécessaire, il fallait tout reprendre et vérifier les sources qui parlent contre ces thèses : un seul objet juif date de l’époque punique, c’est une bague avec un nom écrit en caractères hébraïques, mais le défunt qui possédait la bague est un homme, alors que le nom est un nom de femme. Il est clair que la bague a été achetée par un homme qui ne comprenait pas la langue…
Une autre raison est l’originalité des communautés juives africaines, une originalité liée à sept points :
– la chronologie.
– la géographie : ces communautés étaient réparties partout en Afrique, alors que l’on ne trouve aucune communauté sûrement établie en Gaule et en Espagne, par exemple, mais seulement quelques individus dispersés.
– les croyances : ces Juifs croyaient en la Torah et au Talmud. Ils apportaient un grand crédit à la menorah qui leur rappelait Jérusalem et symbolisait leur attachement au Temple.
– les marges : beaucoup d’Africains ont été séduits par le judaïsme.
– le rôle très important de la magie dans la manière dont les Juifs africains étaient perçus par les polythéistes : les Juifs formaient des communautés refermées sur elles-mêmes d’un point de vue religieux, donc on leur prêtait des pouvoirs qu’ils n’avaient pas.
– les relations avec les chrétiens, apaisées mais parfois violentes.
– l’abondance de textes et de lois sur les Juifs : 107 textes et 66 lois, dont 13 décrétées par le pouvoir impérial, spécifiquement sur les Juifs africains, car les Juifs étaient très nombreux en Afrique, bien plus que ce que l’on a imaginé pendant longtemps.

Pourquoi le sujet des communautés juives en Afrique romaine a-t-il si longtemps été délaissé par les historiens ?

Yann Le Bohec : La population juive a longtemps été largement sous-estimée, on trouve à peu près treize communautés réparties un peu partout (c’est le sens de la phrase de Jérôme citée dans l’article, supra). Aucune synthèse sur ces communautés n’avait été réalisée à ce jour. Et pourtant, rien que la communauté de Carthage (la ville où je suis moi-même né !) était très importante : la nécropole juive que l’on a découverte pouvait contenir 3 à 5 000 morts et les corps restent deux à trois générations. On a véritablement eu affaire à un désintérêt général et un manque d’enthousiasme de la part des historiens qui se disaient que le sujet n’était pas intéressant, qu’il n’y avait rien à dire sur les Juifs, d’Afrique ou d’ailleurs. J’ai écrit deux articles au début de ma carrière, certaines personnes pensaient que, comme je n’étais pas juif, je ne pourrais pas comprendre ce que sont les Juifs. C’est vrai que c’est un sujet difficile. Mais, plus généralement, les gens pensaient qu’il y avait peu de données et de sources sur les Juifs de l’Antiquité, que nous ne serions jamais capables d’établir une carte avec les communautés africaines ; ce livre prouve le contraire …
L’état de conservation des sites en Algérie, Tunisie, Libye et au Maroc varie par ailleurs : la nécropole de Carthage est assez bien conservée mais pas entretenue du tout. C’est un détail, mais il est intéressant de noter qu’un cimetière militaire français fut installé en 1944 sur la nécropole juive de Gammarth.
Pour ce qui est des sources archéologiques, nous avons quand même deux très belles synagogues, à Kélibia et à Hammam-Lif, post-romaines certes, puisque les mosaïques datent de l’époque vandale, mais c’est un patrimoine précieux à conserver.

Que nous apporte l’étude de ces communautés par rapport aux autres communautés et à la vie juive antique ?
Quelles sont, à votre avis, les spécificités du judaïsme africain d’époque romaine par rapport aux autres communautés juives antiques ?

Yann Le Bohec : Je ne dirais pas qu’il y ait eu des spécificités des communautés juives africaines si nettes : leurs membres étaient très attachés à la Palestine et à la Judée ; ils espéraient retourner en Palestine et avaient des liens très forts avec le judaïsme pratiqué en Judée, avec les talmudistes de Jérusalem, en fait de Tibériade. Une spécificité formelle, que l’on trouve dans les inscriptions, par rapport aux inscriptions juives de Rome est la présence de « in pace » en latin. L’usage prépondérant du latin distingue peut-être ces communautés des communautés juives romaines.

Comment expliquer le fait que l’écrasante majorité des inscriptions juives soit en latin et non en grec, contrairement à Rome, par exemple ?

Yann Le Bohec : En Afrique, la majorité des gens ne parlaient pas grec, sauf les intellectuels de haut niveau, à l’image d’Apulée. Paradoxalement, l’Afrique est profondément latine, à l’inverse de … Rome qui est la ville cosmopolite par excellence. L’utilisation du grec en Afrique est donc assez exceptionnelle.

Comment affronter les préjugés qui existent sur ce sujet et que vous relevez, pour certains, dans votre introduction ?

Yann Le Bohec : Il est toujours difficile de se débarrasser des préjugés, quels qu’ils soient, et je ne suis pas sûr d’y arriver toujours. La meilleure façon est de toujours affronter les sources et de savoir s’y confronter. Je citerais l’historien Charles Pietri qui fut Professeur à Nanterre, catholique et de gauche ; il disait : « Quand j’écris un livre d’histoire, j’oublie que je suis catholique et j’oublie que je suis de gauche. ». C’est une tâche ardue mais nécessaire si on prétend à de la rigueur et de l’honnêteté intellectuelle dans son travail ; il faut toujours partir fondamentalement des sources : par exemple, dans notre cas, l’archéologie montre que la communauté de Carthage est plus importante que ce que l’on en a dit, que l’idée reçue que les historiens en avaient conçue.

Comment peut-on mesurer l’importance du Talmud dans la vie des Juifs d’Afrique ?

Yann Le Bohec : On peut difficilement mesurer l’importance du Talmud dans leur vie quotidienne, mais Carthage (à moins que ce ne soit Carthagène, en Espagne, car le même mot en hébreu désigne ces deux villes, mais il y avait très peu de Juifs à Carthagène à l’époque romaine, donc il est très probable que les rabbins africains cités soient de Carthage) est mentionnée dans le Talmud. On ne compte pas moins d’une vingtaine de mentions. On trouve par ailleurs la mention de deux ou trois rabbins dans les épitaphes juives en Afrique.

Comment expliquer la forte piété des communautés juives africaines, plus forte peut-être que dans d’autres communautés ?

Yann Le Bohec : Il est terriblement difficile de mesurer la piété et d’établir des comparaisons, la piété ne se mesure pas. Les Juifs africains semblent avoir été très religieux, ce qui a été à l’origine de conflits soit avec les nonJuifs, soit avec l’État romain qui voulait les canaliser ou bien les brimer, en fonction des époques.

Quelles étaient les relations entre Juifs et chrétiens à cette époque ?

Yann Le Bohec : Les relations entre Juifs et chrétiens sont complexes : elles ont pu être apaisées mais il y a aussi eu des conflits et des violences, dans les deux camps, avant que les premières persécutions contre les Juifs n’apparaissent dans le Bas-Empire. On trouve par ailleurs beaucoup de traités, conçus comme des dialogues entre un Juif et un chrétien et intitulés Adversus Iudaeos, ce sont des traités de séduction « en direction » des Juifs et non « contre » les Juifs qui, selon les auteurs chrétiens, devaient être ramenés dans le droit chemin, c’est-à-dire convertis. Dans les traités chrétiens, le Juif est celui qui ne veut pas voir, c’est de là que dérive sans doute la terrible représentation de la Synagogue au bandeau que l’on trouve, par exemple, sur la façade de la cathédrale de Reims.

Pourquoi l’association fréquente entre Juifs et magie ?

Yann Le Bohec : Les Juifs étaient considérés comme des gens fermés, les polythéistes (et les chrétiens) se demandaient ce qu’ils faisaient entre eux. On disait que les Juifs parlaient une langue mystérieuse, écrite avec des caractères incompréhensibles. Sur les tablettes magiques dans les tombes, on trouve le nom de Iaô, démon de la religion égyptienne, associé, par une approximation phonétique, au Tétragramme ou encore à Sabbaôth, « le Dieu des armées » (Isaïe : 1, 24). Les Juifs ont une renommée de magiciens, bien connue par les écrits d’Apulée (au IIème siècle) et d’Augustin (au IVème siècle) qui rapporte une anecdote cocasse au sujet d’une dame de la haute société, Petronia, et d’un magicien juif, que je vous laisse découvrir

Peut-on parler d’antisémitisme à l’époque romaine ?

Yann Le Bohec : Selon Benjamin Isaac, l’antisémitisme est né dans l’Antiquité. Les choses sont en réalité plus complexes : je ne parlerais pas d’antisémitisme dans l’Antiquité, on trouve certes les propos choquants de Juvénal, mais ce n’est absolument pas de l’antisémitisme au sens que ce terme a pris au XXème siècle. Une certaine prudence est donc requise dans l’emploi de ce terme. Les Romains, polythéistes ou chrétiens, n’avaient pas du tout l’idée d’hommes supérieurs ou inférieurs ; les hommes étaient liés à leur statut, soit d’hommes libres soit d’esclaves.

Références bibliographiques

Yann Le Bohec, Inscriptions juives et judaïsantes de l’Afrique romaine, Paris, Éditions du CNRS, 1981.


4 commentaires

  1. Remarquable analyse. Une différence importante entre un historien et un penseur est que le premier s’appuie sur des sources diverses (archéologiques, géographiques et littéraires) tandis que le second n’a recours qu’à des textes. Mais si l’historien cherche à illustrer la compatibilité entre croyances et pratiques religieuses, le penseur cherche à savoir l’origine des croyances.

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