Une impossible identité

Une impossible identité

par Claire LEIBOVICH

Albert Memmi, La statue de sel, Première édition chez Corréa en 1953, Paris, Gallimard, 1966, « Collection Folio ».
Sodome et Gomorrhe/Motif de la Chronique de Nuremberg par Hartmann Schedel/1493. La femme de Loth est visible au centre, déjà transformée en une statue de sel/Wikipedia

Comment réconcilier les parties contradictoires de mon être ?
Comment réparer la grande déchirure qu’est mon histoire ?
Suis-je libre de me réinventer ?
Ce sont les questions qui torturent Alexandre Mordekhaï Benillouche, le personnage principal et narrateur de La statue de sel ; il essaie, sans toujours pouvoir y parvenir, d’y répondre tout au long du roman.

Une expérience unique mais transposable

Cette fiction, inspirée de la vie réelle de l’auteur, est la première publication d’Albert Memmi, et son roman le plus connu du grand public. Il l’écrivit au cours des quelques années pendant lesquelles il enseigna dans un lycée de Tunis, avant de quitter définitivement son pays natal car il était devenu très difficile d’y vivre en tant que Juif. Il fut publié pour la première fois à Paris en 1953, c’est-à-dire quelques années avant l’indépendance de la Tunisie en 1956, et seulement un an avant le début de la guerre d’Algérie. On comprend donc que le contenu de ce roman, tout comme son écriture, sont inscrits dans un contexte historique précis, celui de la décolonisation. Toutefois, comme toujours avec Memmi, des mécanismes sociaux et psychologiques se font jour dans La statue de sel, qui peuvent être soustraits à une histoire particulière et appliqués à d’autres contextes et d’autres histoires. Memmi, adoptant un regard sociologique sur sa propre expérience, -notamment dans ses essais les plus fameux :  Portrait du colonisé, précédé du portrait du colonisateur (1957) et Portrait d’un Juif (1962) – postule que toute histoire individuelle touche à l’universel, de telle façon que tout un chacun peut lire ce roman écrit à la première personne, et se sentir concerné.
Adoptant la forme classique du roman d’apprentissage, La statue de sel retrace la vie d’Alexandre Mordekhaï Benillouche, de son enfance aux portes de La Hara, le ghetto juif de Tunis, jusqu’à l’âge adulte et son départ de la Tunisie. Son récit, écrit en première personne, traverse la première moitié du XXème siècle et mène le lecteur jusqu’aux années précédant l’indépendance de la Tunisie, en 1956.
De fait, l’histoire individuelle de Benillouche donne à voir deux histoires collectives qui s’entremêlent : celle d’un pays colonisé par la France, et plus précisément celle de la population juive dans ce pays colonisé. À travers son héros, Memmi décrit les tensions entre les différents groupes ethniques, religieux, et nationaux à Tunis ; l’antisémitisme et les pogroms contre les Juifs, la Seconde Guerre Mondiale et les camps de travail pour Juifs, et finalement les années précédant la décolonisation. Un malaise identitaire et culturel caractérise le personnage de Benillouche, lié à son statut de juif autochtone dans un pays colonisé par les Français et dont la population indigène est majoritairement arabe et musulmane.

Ce « Mordekhaï Alexandre » se trouve de fait au carrefour de trois cultures : la juive, l’arabe et la française. Une déchirure s’opère en lui, dont la progression irréversible est symbolisée par les titres des trois parties du roman : « L’Impasse », « Alexandre Mordekhai Benillouche », et « Le monde ».

Le monde perdu de l’enfance

Dans « L’Impasse » (p.17-23) et « Le Sabbat » (p.25-32), le narrateur raconte ses premiers souvenirs, dans une rue et un univers familial protégés du monde extérieur, de Tunis.

L’impasse où est né Albert Memmi, à Tunis / © Fonds Patrimoine méditerranéen, Université Montpellier 3

Plus que des souvenirs exacts, ce sont surtout des sensations qu’il a gardées du monde simple de l’enfance. Il décrit avec nostalgie ce « monde iréel et doux », pleins de saveurs et d’odeurs orientales, où la présence de son père le rassure et dont la fierté l’enorgueillit. Cette nostalgie est le bonheur des souvenirs heureux, mais aussi la connaissance de l’innocence perdue. Le narrateur, lui, sait le déchirement qui viendra plus tard, lorsqu’il quittera l’Impasse, et les souffrances qu’il endurera. Bien qu’il ait réellement été heureux aux jours de l’Impasse, et que le souvenir de cette époque lui rende quelque chose de cette douceur, il sait maintenant que ce bonheur dépendait de l’innocence de l’enfance ; c’est un paradis perdu bien vite : « L’Impasse n’a jamais existé. Elle ne fut que le calme de mon coeur avant qu’il ne comprenne. », p.371.

Lorsqu’on est juif et pauvre…

En effet, très tôt, Benillouche commence la découverte de sa double condition de « petit Juif » et de pauvre. Memmi raconte cette prise de conscience sous forme de paraboles telles qu’on peut les trouver dans la Haggada ou le Nouveau Testament. Dans ces sortes de petits contes moraux, l’auteur met en scène certaines interactions de son héros avec ceux qui l’entourent, évènements mémorables dont celui-ci sort éclairé sur sa position sociale. Par exemple, dans les chapitres « Les vieux vêtements » (p.33-42) et « Les deux sous » (p.43-53), Benillouche apprend que, bien qu’il y ait plus pauvre que lui et sa famille, ils sont, tout de même, ce que l’on appelle « des pauvres ». Il apprend aussi, lorsqu’il quitte le foyer familial pour la première fois pour aller en colonie de vacances, qu’il est juif, que cela veut dire être différent des autres, et surtout que c’est faire partie d’une catégorie inférieure. Memmi décrit d’une façon très réaliste comment notre racisme est provoqué et se développe à partir du racisme des autres, en effet miroir : « […] pour la première fois, je rencontrai l’explication d’une tare par le judaïsme de son auteur […] j’appris à associer juiverie et mercantilisme et j’en voulus aux juifs qui osaient négocier. », p.62.

La Hâra de Tunis, fin XIXème-siècle/ © Collection personnelle de M. Bernard Allali


Le thème est ainsi posé : La statue de sel est l’histoire d’une prise de conscience, une histoire d’antisémitisme, une histoire de classe. La pauvreté du personnage n’est pas a priori liée à sa judéité : Benillouche n’est pas pauvre parce qu’il est juif, mais plutôt parce qu’il est indigène, c’est-à-dire colonisé. Bien que la population indigène musulmane soit peu représentée dans le roman, Memmi montre bien que celle-ci partage la misère des Juifs indigènes, et même qu’elle est généralement plus miséreuse encore. Toutefois, comme la suite des aventures de Benillouche le démontre, être juif rend très difficile une véritable ascension sociale et économique. 

L’éducation comme rupture

Cette tentative d’ascension sociale commence, pour Benillouche comme pour tant d’autres, par des succès scolaires et une éducation plus poussée. Ce brillant élève obtient une bourse pour poursuivre ses études au lycée ; cet événement heureux marque le début d’une « déchirure » qui ne fera que s’élargir au cours de sa vie. En effet, aller au lycée est l’exception dans sa communauté ; il est, comme Memmi l’indique ironiquement, « l’élu » ; ainsi, une grande solitude psychologique accompagne son orgueil.

Lycée Carnot de Tunis/Photographie © Yadvashem.org_

Cette aliénation des siens passe donc par l’éducation, c’est-à-dire principalement par la culture et la langue. Alors que sa maîtrise du français s’améliore, sa famille ne le parle pas, ou très peu, et ne peut donc communiquer avec ses professeurs ou ses camarades. Il ne peut partager avec ses proches cette partie de sa vie, et encore moins « l’aventure de la connaissance » dans laquelle il s’est embarqué. Il commence même d’avoir honte des rites et traditions de sa communauté, qu’il considère comme barbares. D’un côté, il se sent coupable, car au lieu de leur rapporter de l’argent à ses parents, comme tous les autres fils aînés de leur entourage, il leur est à charge. D’un autre côté, il leur en veut encore plus d’éprouver ce sentiment de culpabilité. Bien plus, il se rend vite compte qu’il ne pourra jamais s’assimiler complètement aux « autres », aux enfants bourgeois et petits-bourgeois, juifs ou non-juifs, qui fréquentent son lycée. Leurs différences économiques, culturelles et sociales sont telles qu’il ne peut, malgré ses efforts, se sentir un des leurs. Ainsi donc, au sortir du lycée, Benillouche n’est plus, ne peut plus être un juif du ghetto ; cependant il n’est pas, ne pourra jamais avoir la mentalité d’un bourgeois : « Un jour, brutalement je pris conscience : je n’étais pas, et ne serais pas un bourgeois. », p.211. Dans un élan sartrien, son espoir est alors de se créer lui-même : « Je ne serais pas Alexandre Mordekhaï Benillouche, je sortirais de moi-même et irais vers les autres. », p.248. Sa désillusion sera cruelle, mais c’est précisément cela qui caractérise le roman de Memmi, et que l’on retrouve dans toute son œuvre : le sentiment d’impossibilité. 

L’engagement politique  

Ce sentiment d’impossibilité, de rupture et de fracture, s’accentue en effet dans la troisième partie du roman. Benillouche est alors confronté aux événements du « monde », et il est bien obligé de choisir sa position. Comme l’on a vu, il s’est éloigné du judaïsme parfois superstitieux de sa famille et de sa communauté d’origine. En même temps, il a pris conscience de la condition politique et sociale du Juif tunisien, ce qui le mène à s’engager politiquement. Pour commencer, lors d’un pogrom (terme utilisé par Memmi) à Tunis, Benillouche commence de douter et de rejeter la philosophie occidentale qu’il admirait tant au lycée, car elle est selon lui trop éloignée du « concret sanglant du monde et des hommes », p.290. Puis, pendant la Seconde Guerre Mondiale, il part volontairement pour un camp de travail pour Juifs. C’est à travers cette expérience qu’il se rend compte à quel point son éducation l’a radicalement séparé de sa communauté d’origine. Contrairement aux Juifs tunisiens plus fortunés et bourgeois, Benillouche éprouve un sentiment de devoir et de solidarité envers ces Juifs que leur condition défavorisée envoie aux camps.

Tunis/Juifs au travail forcé/1942/Colonne de Juifs conduits au travail obligatoire, en Tunisie, en décembre 1942/Source : Bundesarchiv, Bild 183-J20382/CC-BY-SA 3.0


Cependant, cette conscience politique l’éloigne encore plus de ces derniers, qui se méfient de lui car ils le sentent différent d’eux et soupçonnent ses motifs. Enfin, échappé des camps, il tente une dernière fois de s’engager, auprès de la France libre. Il est éconduit, pour motif de judaïté. Rejeté d’un côté comme de l’autre, de sa communauté d’origine comme de l’Occident qu’il pensait si libre et démocratique, Benillouche s’enferme dans ses études et son sort individuel.
Ainsi, au fil du roman, l’engagement politique et social du héros évolue en fonction de sa relation avec le judaïsme, ainsi qu’avec sa propre judéité. Il exprime un désir violent d’échapper à une condition qui lui colle à la peau, dont il ne peut se débarrasser quels que soient ses efforts. Il voudrait être libre et décider qui il est par lui-même ; mais il est refusé partout où il va, ne trouve aucune échappatoire. Cette situation intenable mène Benillouche à son refus final et à son départ pour l’Argentine. Ainsi, le roman se clôt sur une nouvelle tentative, un nouvel espoir. La seule solution possible lui semble être la fuite physique, l’émigration. Pourtant, selon la logique décrite dans le roman, le lecteur se doute qu’un changement de lieu ne résoudra jamais un problème identitaire.

Une histoire individuelle « et » collective

Même si le narrateur n’évoque pas l’indépendance prochaine de la Tunisie à ce moment du récit – cette indépendance qui provoqua le départ massif de la communauté juive tunisienne -, le parallèle est évident. Encore une fois, l’histoire individuelle du personnage de Memmi recoupe l’histoire collective des Juifs tunisiens, et plus généralement des Juifs maghrébins. Ceci est tout le paradoxe du récit d’une exception, qui est pourtant représentative en même temps d’une expérience collective. C’est que, sans doute, l’histoire de Benillouche n’est-elle finalement pas si exceptionnelle que celui-ci semble le croire ; elle fait partie d’une trajectoire historique et présente une vérité psychologique. Lui qui se sent rejeté en-dehors de l’Histoire, l’informe au contraire. 
Ainsi, d’une certaine manière, le narrateur (et, à travers lui, l’auteur lui-même) donne une voix à sa communauté, qui n’a pas les moyens de se faire entendre. Pourtant, bien qu’il représente (partiellement du moins) leur expérience collective, Memmi n’écrit pas pour eux. En effet, Memmi écrit en français, en suivant les codes littéraires européens, pour le public français de la métropole (La statue de sel fut d’abord publié en France). Son style est clair, narratif, analytique, presque sec par moments ; on sent les influences de Gide et de Mauriac, que Memmi affectionnait. Son récit s’apparente au roman de confession (Memmi admirait Rousseau) et au roman d’apprentissage, genres propres à la littérature européenne.
Ainsi, Memmi démontre, par son choix de langue et de style, que la déchirure de tous les Benillouche du monde ne se refermera jamais : l’héritage oriental, ainsi que le choix de la culture occidentale, font tous les deux parties intégrantes de son être, ainsi que de son écriture. 

«En perpétuelle rupture »

En revanche, Memmi adopte dans son œuvre la position de son narrateur lorsque celui-ci dénonce les limites de la philosophie occidentale. Le narrateur écrit : « Que la philosophie et les édifices rationnels sont futiles et vains comparés au concret sanglant du monde et des hommes ! », p. 290. Pour Memmi, la philosophie devrait suivre et se fonder sur le réel, sur l’expérience. De cette manière, il se rapproche d’une certaine tradition allemande qui prône une façon de comprendre et d’expliquer qui utilise les facultés de l’imagination ; c’est « l’écriture passionnée » ou « passionate thinking » dont parle Hannah Arendt (Thoughts on Politics and Revolution in New York Review of Books, Numéro du 22 avril 1971, p. 52.). C’est pourquoi, chez Memmi, la fiction va particulièrement de pair avec la théorie ; ses œuvres de fiction informent ses essais qui les nourrissent à leur tour. En effet, on retrouve les mêmes thèmes dans La statue de sel et dans ses essais sur le colonialisme et le racisme – notamment, à la même époque, le fameux Portrait du colonisé, précédé du Portrait du colonisateur (1957).
Finalement, tout en adoptant une forme familière au lecteur de littérature française classique, La statue de sel frappe par une perspective nouvelle. Par exemple, Julien Sorel dans Le Rouge et le Noir, ou Rastignac dans La Comédie humaine, sont plus ou moins des personnages transfuges de classe ; cependant, à aucun moment leur identité française n’est mise en question. Dans le cas de La statue de sel, la différence et le malaise identitaire du héros relèvent de l’ethnicité, de la religion,  de la culture et de la langue.
Memmi raconte une histoire bien particulière, qui appartient à un contexte précis. Et pourtant, il y a quelque chose d’universel dans cette quête identitaire. C’est peut-être pourquoi l’auteur a choisi pour titre de son roman un épisode célèbre de la Torah : l’histoire de Loth et de sa femme, qui en fuyant la ville de Sodome se retourne sur son chemin et est transformée en statue de sel (Genèse 19 : 26). La connaissance de soi est paralysante et illusoire, car aucune identité n’est fixe, mais bien plutôt elle est toujours en mouvement. On ne peut se figer dans le temps, ou revenir en arrière – on est obligé d’avancer : « Ma destinée est d’être en perpétuelle rupture. Sans jamais pouvoir retourner car mon passé me ferme la porte à la figure. », p.362.

Albert Memmi à Paris en 2002/ Photo de Marc Gantier/ © Gamma Rapho sur site de France Culture

Le héros de Memmi n’arrive pas à se débarrasser de son héritage oriental et de ses origines pauvres, et ainsi ne parvient pas à s’assimiler complètement à une société différente, ou bien à se réinventer complètement. Il ne peut cependant retourner en arrière et retrouver une pleine identité dans sa communauté d’origine, car il a irrémédiablement changé.  Il se rend donc compte qu’il ne pourra jamais se sentir entier ou à l’aise dans une identité « une ». Il ne semble pas y avoir de solution au problème de Benillouche.

***

Cependant, une pensée semble échapper au narrateur, qui est celle que, si sa différence n’est pas seulement le résultat de sa condition d’opprimé (juif, colonisé, pauvre) mais aussi d’un certain côté une expérience universelle, alors sa conception de l’identité est en quelque sorte un mythe. Benillouche perçoit « les autres » comme ayant une identité fixe et confortable, mais Memmi explique dans de multiples essais (par exemple, Le racisme, 1989) qu’une identité collective ou individuelle pure n’est qu’un « fantasme » rassurant, qui forme la base des idéologies racistes. Le protagoniste de la Statue de sel, comme ceux qui gravitent autour de lui, pense et agit comme si chaque groupe humain, qu’il soit ethnique, religieux, culturel ou idéologique, pouvait être complètement homogène. Or, c’est un leurre, une idée, précisément, que Memmi combattra fortement dans son œuvre ultérieure : il faut renoncer à l’illusion d’une identité unique.

Bibliographie 

Bernard Allali, Les Juifs de Tunisie : un autre regard, Paris, B.Allali, 2013.

Collection de photographies (beaucoup de cartes postales) d’époque coloniale qui donnent une vision saisissante de la Tunisie juive.

Lia Nicole Brozgal, Against Autobiography : Albert Memmi and the Production of Theory, Lincoln & London, University of Nebraska Press, 2013.

Brozgal se positionne contre la perception réductrice des œuvres d’auteurs francophones comme purement autobiographiques, et considère les textes de Memmi  comme des « objets littéraires complexes », dont on peut analyser les idées et théories diverses.

Guy Dugas, Albert Memmi : Écrivain de la déchirure, Québec,Sherbrooke, Éditions Naaman, 1984.

Dugas explique l’élaboration du concept de « différence » dans l’oeuvre de Memmi, ainsi que l’évolution de sa forme littéraire. Cette étude, première monographie consacrée à Memmi et à son oeuvre, contient également des extraits des textes de Memmi et une nouvelle inédite, intitulée « La Mère ».

Dugas explique l’élaboration du concept de « différence » dans l’oeuvre de Memmi, ainsi que l’évolution de sa forme littéraire. Cette étude, première monographie consacrée à Memmi et à son oeuvre, contient également des extraits des textes de Memmi et une nouvelle inédite, intitulée « La Mère ».

7 commentaires

  1. Merci pour cette découverte d’un livre d’A. Memmi que je ne connaissais pas. Le commentaire me renvoit à des échanges que j’ai pu avoir avec des amis dont l’histoire est proche de celle du personnage central de la « Statue de sel ». Je cours à la librairie du coin en espérant que l’oeuvre s’y trouve. Cordialement

    Aimé par 2 personnes

  2. J’aime beaucoup la fin du fin commentaire de ce beau roman. L’identité en tant que mythe. A partir d’une forte réflexion sur le Mythe, on s’approche peut-être ici du foyer le plus brûlant du racisme. L’assurance de soi liée à la toute puissance du Mythe indéfiniment dispersée entre les sujets singuliers indique la direction à rechercher d’un nouveau fondement de l’Universel, en deçà du sujet, dans la spécificité de l’espèce humaine en tant que marquée d’une finitude transindividuelle, humaine trop humaine…

    Aimé par 2 personnes

  3. Merci pour votre commentaire ! C’est la force de ce roman, qui renvoie à une expérience spécifique dans le temps, et en même temps touche des lecteurs de tous horizons. Il se trouve facilement en librairie 🙂 Bonne lecture !

    Aimé par 1 personne

  4. Merci de votre accord fondé sur la liberté mutuelle, qui ne fait pas obstacle bien au contraire aux sentiments d’estime et d’affection. Le mutuel en effet est distinct du réciproque au sens où il ne se fonde pas sur une communauté de droit, mais au delà, non en deçà, sur une alliance que scellent non point la commune dépendance, vis à vis d’une règle la dépendance vis-à-vis d’une condition commune à moitié réelle, et à moitié mythique, nourricière de la sincérité fragile, de la prudence et de la simple possibilité de la donation gratuite au fondement d’un autre universel que celui du particulier qui convient aux choses, et non plus aux sujets contingents et singuliers en cela même. Ainsi le pluriel qui est mutuel se distingue du multiple qui est légal. Ceci étant dit le légalisme du droit veille comme un gardien derrière la liberté donatrice il en est le garant en permettant de discerner le vrai du faux, en matière de représentation pratique et politique. Il y a là un point à creuser indispensable à toute réflexion politique.

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