Écrire l’expérience féminine pendant la Shoah en France

Écrire l’expérience féminine pendant la Shoah en France

par Zoé GRUMBERG

Carol Mann, Nous partons pour une destination inconnue : Femmes juives pendant la Shoah en France, Paris, Albin Michel, 2021.

Multiples sont les voies qui mènent à une meilleure compréhension de la Shoah et, dans toutes les disciplines du savoir qui s’attachent à décrire et analyser cet événement, chaque nouvelle approche permet d’approfondir, voire de renouveler l’idée que nous pouvons en former. Des travaux ont ainsi permis de mieux connaître la sociologie des bourreaux comme celle des victimes, l’expérience des adultes comme celles des enfants, ou encore de comprendre les stratégies de survie face au génocide.
Carol Mann étudie la condition, le sort et l’expérience des femmes juives en France pendant la Shoah, dans son ouvrage Nous partons pour une destination inconnue.

Combler un vide historiographique

C’est en sociologue de l’expérience féminine dans les zones de guerre actuelles qu’elle s’est intéressée à ce sujet. Son expérience associative auprès des femmes dans les conflits armés l’a d’abord conduite, pendant plus d’une vingtaine d’année, sur des terrains de guerre, où elle a observé l’expérience spécifique des femmes. Et ce n’est qu’après cette longue expérience sur le terrain (à Sarajevo en 1994, en Afghanistan, au Kurdistan notamment), et l’écriture de nombreux ouvrages, qu’elle a décidé de se tourner vers ce sujet touchant à sa mémoire familiale, et par conséquent plus intime et personnel. Elle n’aborde toutefois pas le sujet en tant que petite-fille et fille de survivantes mais bien en sociologue.
Son projet est né d’un constat : un certain nombre de travaux, surtout en langue anglaise, ont été menés sur la spécificité de l’expérience féminine en Europe pendant la Shoah. Dalia Ofer et Lenore Weitzman, entre autres chercheuses, ont ainsi cherché à comprendre le rôle du genre dans les comportements des individus pendant la Shoah. Une analyse dite «genrée» c’est-à-dire envisagée sous l’angle du genre comme «interprétation sociale et culturelle des rôles et des positions occupés par les hommes et les femmes dans la société», permettrait, selon elles, de parvenir à une meilleure compréhension de la Shoah. Outre ces travaux de recherche, nous sont aussi parvenus des témoignages de femmes dans les camps qui sont des sources extrêmement précieuses.
Toutefois, aucune recherche historique et sociologique n’a jusqu’alors été menée sur le cas français et plus particulièrement sur «le vécu quotidien des femmes juives prises dans l’étau de l’Occupation, les restrictions croissantes et le danger de mort omniprésent», p.10. L’ambition de Carol Mann est donc de combler un vide historiographique. Elle entend d’abord décrire et expliquer les «typologies de comportements ainsi que les ressources morales et culturelles des femmes à la veille de la Shoah», en historicisant et explicitant la diversité des profils des femmes juives en France. Il s’agit ensuite de questionner la spécificité de l’expérience féminine face à la persécution.

Des traces de soi

Pour cela, la chercheuse s’appuie sur des sources aussi passionnantes qu’émouvantes : «des correspondances largement inédites et des journaux écrits à l’époque, en particulier les quelques 3 500 missives autorisées ou clandestines provenant principalement du camp de Drancy ou renvoyées parce que leur expéditeur avait été déporté», p. 11. La sociologue a travaillé plusieurs années sur ce matériau archivistique exceptionnel, conservé au Centre de documentation du Mémorial de la Shoah. Ces égo-documents ne permettent presque jamais de retrouver leurs auteurs et de suivre leurs trajectoires, car ils ne signaient pas toujours de leurs noms de famille et la plupart d’entre eux a été assassiné par les nazis.
Cependant, des profils divers se dessinent et donnent à voir des différences en termes d’expériences, entre les femmes juives françaises (les «Israélites»), les femmes juives issues de l’immigration yiddishophone, les jeunes filles, les mères de famille. Malgré ces différences sociologiques, générationnelles et culturelles, le genre permet-il d’identifier des invariants dans l’expérience féminine pendant la Shoah ? L’expérience de femmes issues de milieux extrêmement différents peut-elle constituer un objet d’investigation homogène ?
Dans son introduction, Carol Mann tient cette position et souligne d’emblée que «les écarts entre les préoccupations masculines et féminines (…) produit d’une sociabilisation multiséculaire qui confère aux femmes la responsabilité de la gestion du foyer, même si elles travaillent à l’extérieur», p.11.
Son ouvrage est constitué de neuf chapitres que l’on pourrait répartir dans trois parties :

  • une première partie consiste en une présentation sociologique sommaire du monde juif français avant la Shoah et s’interroge sur la place des femmes dans les différents milieux sociologiques du monde juif.
  • La deuxième partie, plus contextuelle, revient sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah en France et le bouleversement que cela représente pour le monde juif, et plus particulièrement pour les femmes.
  • Enfin, une troisième partie – le cœur de l’ouvrage – s’appuie sur l’analyse du riche corpus archivistique identifié par Carol Mann. C’est dans cette partie que la dimension spécifique de l’expérience des femmes pendant la Shoah est véritablement abordée.

Le monde juif français avant la Shoah

La première partie est importante pour le lecteur qui ne connaîtrait pas la sociologie du monde juif français. Le chapitre I (p.15-38) présente ainsi la diversité du monde juif français à la veille de la Première Guerre mondiale. Il revient d’abord sur les Israélites et les mythes qui entourent la figure de la femme juive dans l’art et la société française depuis le XIXème siècle et évoque notamment la «puissante figure orientaliste de  « La Belle Juive » qui «de sublime» devient «un des avatars les plus sinistres de l’antisémitisme, héritière de la Lilith biblique», p.23.

Carol Mann s’intéresse ensuite aux Juifs d’Europe orientale arrivés en France avant 1914 et sur les liens, parfois complexes, entre ces deux parties du monde juif.
Le chapitre II (p. 39-56) décrit la vie des femmes juives en France jusqu’en 1939, en revenant notamment sur l’arrivée massive de Juifs d’Europe orientale dans l’entre-deux-guerres. Carol Mann revient sur la répartition des rôles entre hommes et femmes dans la société juive, un point important pour saisir ensuite ce qui se joue face à la persécution. Comme l’ont en effet montré Dalia Ofer et Lenore Weitzman (2008), pour comprendre la spécificité des comportements pendant la guerre, il importe d’abord de revenir sur «les rôles et responsabilités des hommes et des femmes avant la guerre : avant le conflit, les Juifs – hommes et femmes – aussi bien en Europe orientale qu’en Europe occidentale, vivaient dans des mondes où les fonctions étaient spécifiquement réparties entre les sexes». Ce constat permet ensuite à Carol Mann de souligner une forme de continuité entre le temps de paix et le temps de guerre.

Quelques femmes juives françaises …

Denise Jacob (1924-2013)/ Alias « Miarka » à 16 ans/1940
Mila Racine (1921-1945)/Ferme du Bas-Rez en France/1935/ Archives Photos de Yad Vashem
Berthe Globus/ Document ADT, DE 896 W 1153
Hélène Berr (1921-1945)

Enfin, le chapitre III (p. 57-75) revient sur la mobilisation des femmes juives, tant israélites que yiddishophones, face à la montée du nazisme. Carol Mann identifie des spécificités : des femmes «israélites» s’engagent ainsi dans l’aide aux réfugiés juifs allemands de même milieu sociologique qu’elles mais ne se mobilisent toutefois pas toujours dans des mouvements spécifiquement juifs. En effet, dans la tradition d’intégration en France chère aux Israélites, on ne met pas toujours volontiers sa judéité en avant dans ses engagements publics. Beaucoup de ces femmes, confiantes d’être protégées par l’État français, se sentent aussi rassurées après Munich et se pensent à l’abri. En revanche, les Juives yiddishophones, ayant eu souvent connaissance directe des persécutions anti-juives dans l’Europe orientale, semblent plus prendre la mesure de l’antisémitisme nazi. Certaines, notamment des communistes, créent des associations de femmes juives contre la guerre et le fascisme. Elles sont actives dans un milieu associatif et politique qui accueille les Juifs d’Europe orientale et des Juifs d’Allemagne (parfois originaires de l’Est) qui fuient leur pays. Se dessinent ici des comportements qui ont un impact sur les réactions de certaines femmes face à l’Occupation et à la persécution : des femmes juives françaises, issues de la bourgeoisie, ont en effet pu se croire protégées par leur nationalité et leur statut social et ne pas prendre la mesure des risques qui pesaient sur elles et leurs familles.

Les Juives de France face à la Seconde Guerre mondiale

Dans un deuxième temps, Carol Mann consacre le chapitre IV (p. 77- 92) à la défaite et aux débuts de l’Occupation, le chapitre V (p.93- 113) aux difficultés économiques, religieuses et sociales vécues par les femmes juives au temps des premières mesures antisémites , et le chapitre 6 à la terreur, c’est-à-dire aux premières persécutions (p. 115-143).
Les chapitres IV et V , très contextuels, sont plus généralistes. Carol Mann s’appuie principalement sur de la littérature secondaire et sur des journaux intimes comme celui d’Hélène Berr, mais n’est pas ici dans le cœur de son sujet. La spécificité de l’expérience féminine de la persécution se dessine toutefois déjà, notamment dans l’adoption de comportements «genrés» face aux restrictions et aux difficultés socio-économiques.
Avec le chapitre VI (p. 115-143), Carol Mann entre enfin dans le vif du sujet. Après quelques pages descriptives, elle s’interroge sur les ressources mobilisées par les femmes face à la persécution. Elle montre que toutes les femmes n’ont pas les mêmes savoir-faire, ce qui a un impact face à un certain nombre de choix : «Ce sont les ressources intérieures et les expériences particulières des femmes juives qui entrent en jeu. Si les plus aisées sont les plus démunies du côté pratique, elles sont plus aptes à négocier avec les autorités, ce qui ressort des correspondances», p. 127.

Jeunes femmes sur les grands Boulevards, Paris, juin 1942/Photo Mémorial de la Shoah/CDJC, collection BNF

Des expériences, réactions et souffrances «genrées» ?

La troisième partie de l’ouvrage approfondit cette analyse et nous permet de mieux comprendre l’expérience proprement féminine, notamment grâce à l’analyse et à la comparaison des écrits féminins et masculins. Cette partie est composée de trois chapitres. Le chapitre VII (p. 145- 175) porte sur Drancy comme microcosme de la Shoah en France ; le chapitre VIII (p. 177-201) démontre l’existence d’une souffrance «genrée». Le dernier chapitre (p.203-216) enfin revient sur le désespoir du départ vers l’inconnu… Dans quelle mesure peut-on parler de souffrance spécifiquement féminine ? Quelles différences Carol Mann identifie-t-elle entre le vécu des hommes et des femmes ? On pourrait relever trois éléments principaux.

Internées juives/camp de Drancy/1942/ Mémorial de la Shoah-CDJC


Tout d’abord, la chercheuse montre que les préoccupations des femmes diffèrent de celles des hommes à Drancy. Les lettres que les hommes emprisonnés envoient à leurs proches sont ainsi centrées sur la nourriture. Ils insistent auprès de leur famille pour recevoir des colis, sans prendre conscience des difficultés à trouver de la nourriture et à nourrir la famille hors du camp. Les hommes se font même parfois accusateurs, reprochant à leurs épouses de ne pas assez se soucier d’eux. Les femmes, de leur côté, se distinguent par leur volonté de ne pas accabler leur famille sous les demandes, conscientes des difficultés auxquelles elles sont confrontées.
Chez les femmes jeunes on constate aussi une préoccupation plus féminine : la volonté de continuer à être coquettes et élégantes. Les femmes demandent donc régulièrement du maquillage, des bigoudis, des accessoires de beauté à leurs familles (p. 157-158). Les femmes plus âgées, elles, «se contentent du minimum», p.165. Ici, Carol Mann fait jouer avec profit son expérience de sociologue de terrain, notamment dans sa capacité à comparer des situations analogues. Loin de considérer ces femmes comme superficielles, elle rappelle qu’elle a «constaté le même phénomène à Sarajevo en guerre au début des années 1990 et dans les camps de réfugiés afghans où je me suis rendue quelques années après. Si le plus important pour une mère de famille est de nourrir ses enfants, pour une jeune fille – conditionnée par des normes sociales renforcées par les médias – l’apparence est essentielle, même dans les situations extrêmes, parce que ses relations avec ses contemporains en dépendent», p. 158. Il s’agit aussi, pour ces femmes, de chercher à «normaliser un quotidien» terrible : «pour à peu près toutes les femmes en pleine guerre, la préservation d’un certain niveau de vie, d’une continuité avec le passé, même sous une forme symbolique, est essentielle pour survivre, jusque dans les camps», p. 12.
Deuxièmement, et ce point est central, les lettres étudiées par Carol Mann sont révélatrices de la répartition «genrée» des rôles dans le couple et la famille depuis l’Entre-deux-guerres. C’est en effet aux femmes d’assurer le quotidien et de remonter le moral de la famille. Les hommes eux, sont chargés de ramener l’argent nécessaire au foyer. À Drancy, ils ne sont plus en mesure de le faire ; ce qui constitue une atteinte à leur masculinité qui peut se révéler pesante et les conduire à culpabiliser (p. 195). C’est aussi ce que soulignaient Dalia Ofer et Lenore J. Weitzmann à propos des hommes allemands qui «se retrouvèrent subitement coupés de leur métier, de leurs collègues et de la routine quotidienne. Ils n’étaient plus à même de subvenir aux besoins de leur famille et se sentirent humiliés par la perte de leur revenu, de leur statut et de leur estime de soi. Pour les Juives allemandes, en revanche, les premières années du régime nazi furent l’occasion de responsabilités accrues puisqu’elles tentaient de maintenir un sentiment de «normalité» et de faire subsister leurs familles avec des ressources extrêmement réduites».
À Drancy aussi les femmes restent dans le rôle que la société leur a assigné. D’une part, dans leur rapport à la souffrance et au désespoir, les femmes se distinguent des hommes par une attention accordée principalement à leurs familles, notamment à leurs enfants. Dans leurs lettres, elles ont ainsi tendance à taire leur souffrance personnelle afin de ne pas inquiéter leurs proches. Au quotidien, elles s’inquiètent particulièrement de voir leurs enfants avoir faim ou être malades. Si Carol Mann précise ne pouvoir dire que les hommes souffrent moins d’être séparés de leurs familles, les lettres révèlent que les femmes sont plus souvent avec les enfants que les hommes et donc plus confrontées à leurs souffrances.
D’autre part, jusqu’au dernier moment, les femmes ne quittent pas leur rôle de mères et de gestionnaires du foyer. Quelques jours avant d’être déportées, voire dans leur dernière lettre, elles envoient encore des conseils à leurs proches pour survivre. Elles ont parfois laissé des aliments chez des concierges ou des proches et des vêtements pour leur famille, comme le révèle la lettre d’une certaine ‘Haya du 24 juillet 1942 : «J’ai laissé beaucoup d’alimentation chez Mme Arves prenez tout pour l’hiver dans les cabinets sous la fenêtre il y a de la farine et chez Mme Arves un paquet de 5kg tu peux t’en servir cela vous sera utile dans une boîte chez Mme Arves pour faire un manteau d’hiver pour René et un tas de morceaux de tissus pour lui aussi… (sic) », p.189.
Leur attention à l’autre est aussi perceptible dans leurs relations amoureuses. Carol Mann montre ainsi que les lettres des femmes révèlent leur désespoir et leur espoir de retrouver l’être aimé. Certaines d’entre elles culpabilisent même de laisser l’homme aimé seul. Les hommes, de leur côté, évoquent plus facilement que les femmes la question des rapports conjugaux qui leur manquent (p.195-196). Ils semblent plus centrés sur eux-mêmes que les femmes. Toutefois, Carol Mann se garde ici de faire des généralités, par exemple selon lesquelles les hommes seraient par nature moins altruistes que les femmes. En effet, si son matériau archivistique est exceptionnel, il ne permet pas de faire une comparaison systématique des lettres selon le genre ni au sein des mêmes couples par exemple. Faute de connaître les histoires singulières de ces témoins, leur enracinement sociologique, leurs trajectoires individuelles, les conclusions ne peuvent donc pas être clairement tranchées.
Enfin, une troisième spécificité féminine tient aux ressources qu’elles mobilisent face à la situation qu’elles vivent. Les femmes auraient ainsi tendance à recréer une cellule familiale face à l’horreur : «Pour se soutenir mutuellement, les femmes recréent des unités familiales entre elles : les femmes plus âgées maternent les plus jeunes», p. 173. Les adolescentes se lient aussi souvent entre elles et nouent des liens parfois fusionnels, ce qui est moins le cas chez les garçons. C’est un phénomène que l’on retrouve aussi à Auschwitz, que l’on pense par exemple à la relation d’une exceptionnelle intensité qui unit Simone Veil et Marceline Loridan-Ivens.

Ce point, passionnant, donne envie d’en savoir plus. Des recherches sur les sociabilités masculines et féminines face à la persécution pourraient apporter beaucoup à la compréhension de la Shoah et de la survie en situation génocidaire.

***

L’ouvrage de Carol Mann pose ainsi de beaux jalons pour de futures recherches savantes. Dans sa conclusion, la chercheuse appelle d’ailleurs de ses vœux des études sur des terrains jusqu’alors négligés « entre autres les violences sexuelles contre les enfants cachés, la vie des adolescents, le destin des personnes âgées » (p. 217). Mais son travail ouvre surtout la voie à d’autres recherches sur les femmes juives en France pendant la Shoah, aussi bien en histoire, sociologie et études de genre. Carol Mann invite, par exemple, à mener des recherches sur les trajectoires et le vécu des mères en guerre qui, contrairement à la question de l’enfance en guerre, n’ont pas été traités en tant que telles.

Bibliographie

Isabelle Ernot, Women and/in the Holocaust» : à la croisée des Women’s-Gender et Holocaust Studies (Années 1980-2010), Genre & Histoire, 15,  Automne 2014-Printemps 2015, mis en ligne le 30 septembre 2015

Résumé de l’article en ligne : «Le début des années 1980 voit l’émergence aux Etats-Unis d’un courant intellectuel issu de la pensée féministe qui souhaite étudier le sort des femmes juives au sein de l’Holocauste. Dès alors, ce courant de pensée interdisciplinaire qui entend allier dimensions scientifique et institutionnelle, se heurte à des critiques. Le mouvement connaît des développements en Israël, Allemagne, Grande-Bretagne, mais peu dans les principaux pays d’Europe occidentale touchés par la Shoah. Outre les origines de ce courant de recherche, l’article s’attache à présenter les éléments conflictuels notamment autour de la tension entre «race» et «sexe», les principaux axes de recherche explorés et aborde également la question des limites de l’approche de l’histoire des femmes et du genre dans l’étude du génocide».

Dalia Ofer et Lenore J. Weitzman, Women in the Holocaust, New Haven et Londres, Yale University Press, 1998.

Cet ouvrage collectif est le premier à étudier la place des femmes – les épouses, les filles, les mères – pendant la Shoah. Il s’interroge sur les réponses spécifiquement féminines à la persécution, sur le courage des femmes, sur la dimension «genrée» de leurs souffrances. Il montre notamment que les rôles de genre préexistant à la guerre expliquent comment les hommes et les femmes font preuve de connaissances et de ressources différentes face à la persécution.

Dalia Ofer et Lenore J. Weitzman, «Sur la spécificité de la place des femmes dans la Shoah. Fondements théoriques d’une analyse», Revue d’Histoire de la Shoah, 2008/1, n° 188, p. 479-506.

Cet article pose les jalons des recherches sur la place des femmes dans la Shoah. Il aborde les principales spécificités de l’expérience féminine de la Shoah, particulièrement en Allemagne et Pologne, et fait un bilan des recherches universitaires sur le sujet.

Marion A. Kaplan, Between Dignity and Despair : Jewish Life in Nazi Germany, New York, Oxford University Press, 1999.

Le livre de Marion Kaplan, appuyé sur des mémoires, journaux intimes, interviews et correspondances d’hommes et de femmes juifs, dresse le portrait intime de la vie juive dans l’ Allemagne nazie. Comment vivent-ils le quotidien et le piège qui se referme progressivement sur eux ? Pouvaient-ils comprendre ce qui les attendait ? Marion Kaplan s’arrête particulièrement sur la vie des femmes et des familles au quotidien.

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