Note de lecture

Nissim BELLAHSEN, Puzzles bibliques : Commentaires sur le Pentateuque, Paris, Éditions Lichma, 2021.

La Torah n’est pas, selon le Midrache, l’apanage d’une tribu d’Israël ; son étude n’est pas réservée à une élite, à une caste ou à une corporation d’experts, de sages ou de spécialistes. C’est bien une couronne précieuse mais nul besoin d’être un roi ou un puissant pour se l’attribuer. Elle est à disposition de chacun… s’il s’en donne la peine.
C’est pourquoi on apprécie qu’un simple fidèle en fasse ses délices en la lisant et en l’interprétant. Nissim Bellahsen, qui n’est ni rabbin ni n’a même étudié en Yechiva, fait partie de ces lecteurs qui ont lu, relu et labouré le texte biblique, sans chercher à atteindre d’autre but que de connaître la joie de l’étude elle-même. Ce plaisir raffiné, il le partage dans un ouvrage intitulé Puzzles bibliques.
Sous ce titre ludique, il propose à la fois un vade-mecum pour l’étude biblique, des parcours à travers les textes du Pentateuque et comme une preuve en acte du « Oneyg Torah »/ de la jouissance à lire la Torah.
Les sujets traités sont bien connus, voire archi-connus… : la lutte fratricide entre Caïn et Abel, le « sacrifice » d’Isaac, la sortie d’Égypte… Ou du moins croit-on les bien connaître faute d’avoir scruté le détail des versets, d’avoir interrogé toutes les aspérités de leur formulation, d’avoir mis en parallèle tel passage avec tel autre, analogue mais dissemblable… La méthode adoptée par Nissim Bellahsen, qui s’inscrit dans la lignée de ses illustres prédécesseurs (dont il se nourrit), fait une grande part à la réflexion, à la déduction, à l’interrogation ; au lecteur de recomposer à sa manière, s’il le souhaite, ces subtils agencements.
Même si la prose un peu fruste de ce commentaire ne s’embarrasse pas d’élégance, on apprécie la rigueur logique dont cette exégèse fait preuve. Elle invite à aiguiser son attention et au détour d’une question sur un mot hébraïque ou sur une anodine répétition, d’un texte que de multiples lectures semblent avoir épuisé, jaillit une idée ou une perspective surprenante…